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Où étais-tu passée ? - Grande Nouvelle

Grande Nouvelle "Où étais-tu passée ? " est une grande nouvelle mise en ligne par "Jessica Roussel ".. Rejoignez la communauté de "De Plume En Plume" et suivez les mésaventures de Eleanor Lilubilé et cie...

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Où étais-tu passée?

(Fantastique)

Le 05 décembre 2050, à l'hôpital Mont Sinaï de Toronto, les infirmières s'affairent comme chaque jour. Dans la salle de pause du service neurologique, une grande brune élancée, aux traits latin, aux cheveux tressés et aux yeux noisettes, sort un pad de la poche de sa blouse et se met à écrire. 

Cela fait maintenant un mois que la ville est recouverte de neige. J'ai hâte que le printemps revienne! Depuis ma fenêtre, je m'attarde sur le balai des visiteurs. Certains arrivent, d'autres s'en vont. Après toutes ces années à observer les comportements des uns et des autres, je suis capable de dire quels sont ceux qui partent et qui ne reviendront jamais pour la personne qu'ils sont venus voir. Je ne ressens rien en les regardant. Je n'ai pas le droit d'avoir des sentiments.

Ashley. - Jenny! Le docteur Greenwich te demande. 

Jenny. - J'arrive.

Ashley. - Que faisais-tu?

Jenny. - Je griffonnais quelques phrases.

Ashley. - J'y retourne. Il y a du mouvement à la chambre 104.

Ashley est une infirmière exceptionnelle. Tout ce qu'elle fait, elle le fait avec amour. Parfois, je me demande pourquoi on ne s'assume pas tel que nous sommes? On a tous nos traumas. La seule hantise d'Ashley, c'est de voir apparaître un cheveux roux sur sa tête. Aussi, sa vie se résume à servir les autres et à se faire des teintures. À mon poste, je n'ai pas les mêmes rapports que les infirmières avec les patients. Je m'appelle Jenny Parker et je suis responsable de l'unité de neurologie à l'hôpital Mont Sinaï de Toronto. Le docteur Greenwich est mon plus proche collaborateur. Il est toujours de bonne humeur! On pourrait presque croire que cela cache quelque chose. Quand bien même son plus gros défaut est le manque de patience, il ne pèse rien dans la balance face à ses qualités. J'aime nos discussions. J'aime le sens qu'il donne à notre relation. On ne parle pas pour parler, ni pour passer le temps. Nous avons réellement des choses à nous dire. Parfois, avant de rentrer dans nos cocons respectifs, nous reprenons les discussions interrompues par le travail, autour d'une infusion à la menthe. Ça ne renvoie pas une image très glamour mais le jour et la nuit se lèvent si vite! Il est important pour nous, d'avoir un sommeil de qualité. Nous sommes collègues au sein de l'établissement et de bons amis en dehors, tout simplement. Nous faisons partie de ces gens qui consacrent leur vie aux autres et à la recherche. Les histoires de cœur, les histoires sans cœur, ce n'est pas pour nous. Enfin, je crois...

Même si j'avais du temps pour courir après les hommes, je ne saurais pas quoi en faire! C'est tellement plus palpitant de s'interroger, de chercher, d'analyser, d'échanger les points de vue pour tenter de trouver le résultat d'une équation avec de multiples inconnus. Ah ça oui! C'est tellement réjouissant de chercher! Je ne me rappelle pas avoir éprouvé autant de plaisir au contact de la chair. Je veux dire, avec un homme dans mon lit. 

Ashley. -  Jenny! Le docteur Greenwich s'impatiente.

Jenny. - Oui, oui! Je viens.

Ashley. - Que t'arrive t-il aujourd'hui?

Jenny. - Je ne sais pas. J'ai eu envie d'écrire et depuis, je n'arrive plus à m'arrêter.

Ashley. - Et tu écris sur quoi? 

Jenny. - Sur notre travail à l'hôpital. Pourquoi le Docteur Greenwich veut-il me  voir? 

Ashley. - Il ne m'a rien dit.

Ashley et Jenny quittent la salle de pause. 

Jenny. - Je le connais pas cœur. C'est pour cela que je ne m'alarme pas. 

Ashley. - Il se comporte parfois comme un enfant gâté! Tu sais, ici,  certains ne le supportent pas. 

Jenny. - Comme je les comprends! Heureusement pour moi, c'est un ami.  

Ashley. - C'est pratique de savoir qui est réellement l'autre.

Jenny. - Disons que ça permet de mieux interpréter un comportement, ça évite la parano et de faire des victimes.

Ashley. - Je te laisse. Je dois retourner à la 104.

Jenny. - Bon courage Ashley!

Jenny s'enferme dans son bureau avec le docteur Greenwich. À ce même instant, en France, au centre Hospitalier Bretagne-Atlantique de Vannes, le sort d'une jeune femme est entre les mains de Scientifiques. Cette petite équipe étudie, à l'aide de moyens technologiques avancés, l'activité cérébrale de la patiente. En parallèle, dans le village de Castelburg, situé en Cornouailles Anglaise, une vendeuse de fleurs répondant au doux prénom d'Eleanor, regarde à travers la vitrine de sa boutique. De l’autre côté, sorti d’un épais brouillard, un enfant joue avec un souffleur à bulles. Esquissant un sourire, Eleanor suit le cheminement de l’une d’entre elles et s’échappe dans un songe. Tandis que son esprit est ailleurs, les grincements de la porte d'entrée font sursauter la rêveuse. Le facteur entre dans la boutique, le journal du jour à la main. 

Le facteur. - Savez-vous de quoi tout le monde parle aujourd’hui?

Eleanor. - Pas du tout. Je n’ai ni la télé ni la radio. C’est moi où il fait plus froid que d’habitude?

Le facteur. - Je vous le confirme mais c’est un phénomène tout à fait normal pour un mois de décembre.

Eleanor. -  Quelle est la grande nouvelle du jour?

Le facteur. - Figurez-vous que des chercheurs ont découvert une inscription sur une plaque métallique, dans la mer celtique  au large de Tresco et personne n’est en mesure de la traduire!

Eleanor. - Faites voir!

En regardant la photo de la plaque sur laquelle est inscrit Bajelesegos netata, Eleanor se surprend à comprendre la langue inconnue. Elle lit: que tous ceux qui offensent les morts restent à jamais coincés dans les ténèbres.

Eleanor. - Elle a dû appartenir à une civilisation très ancienne!

Le facteur. - Je file, j’ai encore beaucoup de courriers à distribuer. Belle journée à vous chère madame.

Eleanor. - Merci. À vous aussi. 

Le facteur s’échappe de la boutique et disparaît dans le brouillard. Alors qu’Eleanor s'interroge sur sa mystérieuse faculté à décoder la langue inconnue, Charlotte, une petite brune, le dos courbé par les ans, portant le chignon et un châle Andalou, rentre dans la boutique et s'avance vers le comptoir.

Charlotte. - Alors comme ça, c'est  ici que mes enfants viendront faire leur marché pour fleurir ma tombe? 

Eleanor. - C'est possible mais il est encore un peu tôt pour y songer. Vous êtes à la fleur de l'âge!

Charlotte. - Vous savez, la mort peut nous surprendre à tout moment.

Eleanor. - Hélas!

Charlotte. - Pourquoi Hélas? 

Eleanor. - Et bien j’imagine que la vie est parfois injuste. Surtout pour ceux qui restent.

Charlotte. - Ah, vous imaginez…

Dans un soupir, Charlotte se dirige vers la sortie de la boutique. Elle referme la porte derrière elle et à mesure qu’elle s’éloigne, elle disparaît dans le brouillard. Soudain, la sonnerie du téléphone retentit. Eleanor décroche.

Bilal. - Coucou ma sœur!

Eleanor. - Bilal! ça me fait tellement plaisir de t’entendre!

Bilal. - Tu veux bien m’héberger pendant quelques jours?

Eleanor. - Bien sûr! Mais où es-tu?

Bilal. - J’ai découvert quelque chose, il faut que je te le montre!

Eleanor. - D’accord, je t’attends.

Bilal coupe la communication, ce qui n’étonne guère Eleanor. Elle l’a toujours connu mystérieux et fuyant. Un peu comme elle. Dans la foulée, elle prend contact avec le centre de recherches qui a fait la découverte de la plaque afin de comprendre ce qu'il lui arrive. La secrétaire la met en relation avec Morgan Laisné, le chercheur qui dirige cette opération. Pendant l’entretien téléphonique, après quelques échanges, Morgan met un terme à la discussion. Eleanor traduit avec facilité la langue inconnue mais elle n'a aucune preuve de ce qu'elle avance. Persuadé d'avoir affaire à une esbroufeuse, le chercheur lui fait un procès sur le champs et raccroche. Monsieur Genius entre dans la boutique. 

Eleanor. - Monsieur bonjour, que puis-je faire pour vous?

Mr Genius. - Mademoiselle, je cherche une certaine Eleanor. Une femme qui aurait la faculté de traduire la langue inconnue.

Eleanor. - Comment le savez-vous? Et comment m’avez-vous retrouvé? … si vite ! 

Mr Genius. - J’ai des contacts et le monde est tout petit. À vrai dire, j’ai suivi votre ligne téléphonique.

Eleanor. - C’est insensé! Et pourquoi me cherchez-vous? 

Mr Genius. - Pardonnez-moi, je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Monsieur Genius. C’est avec mon argent que les chercheurs ont découvert cette plaque.

Eleanor. - Je n’ai rien à vous dire.

Mr Genius. - Je suis très riche et influent, je pourrais vous mettre à l’abri jusqu’à la fin de vos jours si vous me dites ce que vous savez à propos de la langue inconnue.

Eleanor observe un long silence.

Mr Genius. - Pourquoi prétendez-vous pouvoir traduire cette langue? Qui me dit que je peux vous faire confiance?

Eleanor. -  Je ne vous demande pas de me faire confiance.

Mr Genius. - Bien rétorqué! Et vous savez pourquoi?

Eleanor reste muette.

Mr Genius. - Vous n’avez aucune preuve de ce que vous avancez. 

Eleanor. - Je ne vous retiens pas.

Mr Genius. - Seulement, je dois dire que quelque chose m’intrigue dans cette affaire. Récemment, nous avons fait une autre découverte. 

Eleanor ne dit mot.

Mr Genius. - Tendez votre main je vous prie. 

Eleanor. - Qu’est-ce donc?

Mr Genius. - C’est un médaillon et votre prénom est inscrit dessus.

Monsieur Genius lui remet un médaillon sur lequel est inscrit, Eleanor pikestene laranati, À ma tendre  Eleanor. Dès lors qu'elle touche le médaillon, elle entre en transe.

Eleanor (en criant). -  Courez! Courez! La vague géante arrive! Arrête Mogi! Je t'en supplie, arrête!

Mogi est un de ces monstres à l'apparence irréaliste pour l'être humain. Il ressemble à un tas de boue. Au sommet de cet amas dégoulinant, son visage se distingue par une fente en guise de bouche et deux cratères en guise d'yeux. Sa taille est immense! Lorsque Eleanor revient à elle, Monsieur Genius, ce petit homme trapu au stetson, n'est plus là. Il a disparu en laissant derrière lui, l'effluve de son cigarillo qui insupporte la jeune femme. Tout en reprenant ses esprits, elle constate que sa main écrit toute seule, de façon automatique. Lorsque sa main s’arrête, sur son calepin il est écrit, Magenisti bapoulvi ermédélésis, Quand il reviendra il nous tuera tous parce qu'il souffre de certitudes. Eleanor est sous le choc de ce qu'elle vit mais elle se ressaisi à l'arrivée de Charlotte.

Charlotte. -  C’est encore moi!

Eleanor. - Madame.

Charlotte. - Dites-moi mademoiselle, croyez-vous qu’il existe une vie après la mort?

Eleanor. - Sans vouloir vous offensez madame, ici je vends des fleurs. Ce n'est pas un café philosophique!

Charlotte. - Voyons, nous sommes entre gens civilisés, on peut discuter. Et puis ce n'est pas la foule ici. Vous pouvez-bien m’accorder un peu de votre temps, n'est-ce pas?

Eleanor. - Je n'ai pas le temps. J’ai de la paperasse à faire et puis entre nous, vos sujets de conversation ne m’enchantent guère.

Charlotte. - La mort n’enchante personne. En quoi ce sujet vous irrite t-il? Vous avez peur de la mort?

Eleanor. - Dites, vous comptez venir souvent me faire la conversation? 

Charlotte. - Ça ne vous fait pas du bien que quelqu'un vous parle? Vous devez vous sentir seule parfois, n'est-ce pas?

Eleanor ne répond pas.

Charlotte. - À votre âge, vous devriez partir découvrir le monde! Que faites-vous ici?  

Eleanor. - J’imagine que je vends des fleurs. 

Charlotte. - Ah, vous imaginez…

Charlotte s’en va en soupirant et referme la porte derrièBilal entre par l’arrière boutique. 

Bilal. - Coucou! 

Eleanor. - Bilal! Où étais-tu passé? 

Bilal. - Tiens, regarde! 

Eleanor. - Oui et bien? c’est un livre!

Bilal. - Mais pas n’importe quel livre. C’est un livre écrit dans la langue inconnue.

Eleanor - Tu ne vas pas t’y mettre toi non plus! 

Bilal. - Je sais que tout ça peut te paraître étrange mais il y a une explication et elle figure dans ce livre.

Eleanor. - Où as-tu eu ce livre?

Bilal. - Il semblerait que quelqu’un l’ai glissé dans la poche de mon veston.

Eleanor. - C'est bizarre, tu ne trouves pas?

Bilal. - Non. D’après ce que j’ai lu, ce livre à traversé le globe et toutes les générations. Nos ancêtres y ont inscrits des notes et ces notes forment un message très important. La langue que tu comprends comme si c'était ta langue maternelle, s'appelle le Galestéain. C'est ainsi que se nommaient les membres de notre tribu qui s'est éteinte, en partie, à l'endroit où les chercheurs ont fait la découverte. Les Galestéains étaient nomades, comme toutes les tribus de la planète à cette époque. Ils étaient de passage et se dirigeaient vers l'Est. 

Eleanor. - Comment sais-tu que je comprends cette langue?

Bilal. - C'est écrit dans le livre. Écoute Eleanor, nous n’avons pas beaucoup de temps.

Eleanor. - Pas beaucoup de temps pour quoi?

Bilal. - Il est écrit que le premier homme de notre famille, Bilal Malanani, ce qui veut dire, Bilal le courageux, avait pris de l'avance pour explorer ce qu'il y a derrière l'horizon. Comme il n'a jamais réussi à l'atteindre et grâce à son obsession pour la découverte, il a marché toute sa vie, échappant ainsi au sort tragique des autres membres de la tribu qui furent ensevelis sous les eaux. Ce livre parle aussi de la première femme de notre famille, Eleanor Lilubilé, ce qui veut dire, Eleanor la soignante.

Eleanor reste perplexe.

Eleanor. - Admettons. Pourquoi portons-nous les prénoms de nos ancêtres dans ton livre? 

Bilal. - J'imagine que c’est une coutume pour savoir d’où l’on vient et ne jamais l’oublier.  

Eleanor. - Mais notre mère s'appelle Gwendoline et notre père s'appelle Darrius! 

Bilal. - À cause de l'ignorance peut-être. 

Eleanor. - Alors pourquoi nous ont-ils appelé ainsi? 

Bilal. - Soufflé par un messager sans doute.

Eleanor. - Mais je ne comprends pas! Que suis-je censée faire de cette connaissance? 

Bilal. - Guesteniti lalunissé gossonobé jaïcala!

Eleanor. - Pourquoi me dis-tu cela? 

Bilal. - Qu'est-ce que j'ai dit? 

Eleanor. - Tu viens de dire que l'ignorance est un pansement et que seul l'amour véritable guérit les plus profondes blessures. D'où tiens-tu cette phrase? 

Bilal. - Elle est dans le livre. L’un de nos ancêtres a écrit que l’addition de tous les hommes de cette planète est égale à 1.

Eleanor. - Alors ça je n'y crois pas une seconde! Je ne ressemble ni à Monsieur Genius, ni aux autres êtres abjectes en son genre! on ne peut pas avoir les même gênes, c'est impossible!

Bilal. - Ils font partie de l'humanité.

Eleanor. - Ces hommes là sont vaniteux, fiers et obtus.

Bilal. - Et toi tu es parfaite peut-être? Ces hommes dont tu me parles et que tu sembles haïr, tu les regardes exactement comme il veulent être perçus. Essaye de les regarder sous un autre angle tu veux bien? Montre-moi le médaillon.

Eleanor. - Comment sais-tu pour le médaillon?

Bilal. - Tout est écrit  je te dis!

Eleanor ouvre l’écrin posé derrière son comptoir, sort le médaillon et le saisi de sa main gauche. Elle rentre de nouveau en transe.

Eleanor (en criant). - Junalou preteru babilouchanif! Puisque tu te refuses à moi, je te prends ta fille et cette nuit, les tiens et toi périrez.

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Auteur

Blog

Jessica Roussel

19-01-2017

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