Connexion : supprimer Ou

Les forces - Tranche de Vie

Tranche de Vie "Les forces" est une tranche de vie mise en ligne par "Deogratias"..

Venez publier une tranche de vie ! / Protéger une tranche de vie

Les forces

 

J’ai plus la force de me lever à 3 heures du matin, ni de sortir au lever du jour, ni même de cuisiner quand les insomnies sont trop lourdes.

J’ai plus la force de discuter des heures durant du pourquoi du comment tu n’as pas été là, du pourquoi ni du comment tu voudrais cela plutôt qu’autre chose.

J’ai plus la force d’aller au combat pour convaincre à coups de joutes verbales et de réparties bien ciselées :  « du tac au tac » comme on dit.

 

J’ai plus la force de courir pour rattraper le bus, « faut pas être en retard » : Après tout, pourquoi me presser ? Mes jambes ne suivent plus et ma tête alouette ne sait plus courir non plus.

J’ai plus la force de faire du sport. Le corps a lâché il y a bien longtemps maintenant, avant même la vieillesse. Il ne peut plus sauter, ni courir, ni même rejoindre le groupe des yogis avertis qui se contorsionnent bien trop à mon goût.

J’ai plus la force d’attendre que tu me dises « pardon » ou bien « je t’aime ». J’ai plus le temps, ni le goût, ni l’envie de rester là à patienter pour des cœurs fermés que nul ne peut rejoindre.

J’ai plus le temps non plus de le perdre en chimère pour savoir qui de nous deux a tort ou a raison.

Je ne suis plus l’accroc du dernier mot. J’m’en fous, pas grave, si t’as raison et si j’ai tort. Qu’est-ce que ça peut faire ?

 

J’ai plus la force, disais-je, oui, plus l’énergie.

Voilà. C’est tout simple dans le fond. Pourquoi critiquer ce manque d’élan, qu’il soit du corps, ou de l’âme, ou bien les deux. En quoi te sens-tu obligé de me bousculer ? Tu crois que j’ai une clef dans le dos qu’on tourne pour faire redémarrer selon tes désirs ? Ben, non, tu vois, c’est peine perdue.

Mes langueurs et mes inaptitudes te fatiguent je le constate. Tant pis pour toi. Tu ne vois que l’écorce alors que je nage dans un océan d’efforts multiples aux saveurs amères dont tu ignores tout.

 

Oui, mais…..

 

J’ai adopté un petit chiot de trois mois. Une boule de  poils d’à peine un kilo. Il est tout fou. Il court partout. C’est une pile électrique.

C’est de la vie en barre à fragmenter tous mes univers. C’est un inattendu toujours de bonne humeur qui frémit, qui s’agite, qui déchire tout et s’en revient joyeux. Il est amusant sans répit. Il m’apporte une joie nouvelle qui me requinque.

Il me donne ses grands yeux sans jugement, sans critique et sans conseil. Il me regarde avec cet air de « la toute première fois » comme si j’étais pour lui une nouveauté de chaque instant. Il ne doute pas, il n’interroge pas, il « n’inquisitionne » pas. Il est là. Je suis là. L’un devant l’autre, sans prétexte, sans excuses. Juste là. Il me donne sa vivacité pour rire à deux. Il m’apporte ses jouets que je dois tout ranger. Sans cesse.

Il n’est pas  propre. Il est encore bébé.

Depuis son arrivée, je me lève tôt. Je me réveille la nuit. Je nettoie, je range, je frotte et je lave.

 

Tiens, peut être bien qu’avec un petit être sans question ni critique, les forces me reviennent. Oh peut être pas longtemps, faut pas rêver, les miracles sont rares ! Mais enfin, juste assez pour redonner l’impulsion. L’élan. Le goût. L’envie. Le désir. La joie surtout. Juste ce qu’il faut. Pour le temps qu’il faut. Juste assez pour ne plus mourir.

Juste assez pour que les forces cachées dans un coin de mon mystère remontent en surface. Comme ça. Histoire de se moquer. Elles sont parfois facétieuses. Elles aiment bien se faire désirer toutes ses forces inconnues, blotties au fond de moi comme un trésor. Comme celui pour lequel les pirates sont prêts à tout.  

 

Je suis étonnée. J’ai encore un peu de force. Juste pour une minute. Une heure. Une matinée. Quelques jours. Juste assez pour repartir en vie dans la vie qui s’invite, comme ça, sans prévenir, pour le plaisir de vivre.

Elle est drôle la vie, elle qui revient comme l’air frais qui entre quand on ouvre la fenêtre.

 

Oui, dès lors qu’elle fait son retour, les forces soulevées par l’amour, s’en viennent, guillerettes, me saluer, toutes joyeuses. Les forces sont là, précieuses, discrètes, merveilleuses. Comme l’Amour. D’ailleurs, j’aime bien finir mes textes par le mot : « Amour ». L’avez-vous remarqué ?

Ce n’est peut-être pas pour rien.

Rien ne vaut l’Amour.

Il donne des forces.

Partager

Partager Facebook

Auteur

Blog

Deogratias

31-08-2023

Téléchargement

PDF Certifié Ebook gratuit
"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Lire/Ecrire Commentaires Commentaire
Les forces appartient au recueil Textes et poésies

 

Tranche de Vie terminée ! Merci à Deogratias.

Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.