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Le téléphone - Nouvelle

Nouvelle "Le téléphone" est une nouvelle mise en ligne par "Romain P.".. Rejoignez la communauté de "De Plume En Plume" et suivez les mésaventures de Cliff Cholkers et cie...

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Le téléphone

Nouvelle en dix chapitres

Chapitre 1 – Cliff

A

u début de sa carrière, l’officier Cliff Cholkers était un flic relativement bien organisé. Son bureau était toujours impeccablement ordonné. Puis, au fur et à mesure de ses enquêtes, le soin qu’il apportait à ses affaires diminua de consort avec sa foi en l’espèce humaine. Aujourd’hui à quelques années d’une retraite bien méritée, son poste de travail ne se démarquait plus de son environnement terne et pauvrement décoré, et se confondait avec les quatre autres bureaux pour certains noyés sous une masse d’un étrange mélange de paperasses, de tasses de café collantes et de poussière.

A côté de son téléphone trônait une pile de porte-documents grège qui menaçait de s’effondrer à la moindre nouvelle affaire irrésolue. Le lieutenant Cholkers saisit délicatement le dossier le plus récent, bien mince, concernant un corps non-identifié retrouvé sur la rive du fleuve. Alors qu’il entreprit de composer le numéro de la morgue, sans grand espoir, son téléphone sonna.

-          Lieutenant Cholkers, lança-t-il après avoir décroché.

Une voix masculine caverneuse lui répondit.

-          Bonjour lieutenant. Lieutenant Alan Roberts, du douzième district. Je vous appelle concernant une affaire en cours, dans laquelle nous avons un individu que nous soupçonnons impliqué dans un trafic de stupéfiants. Notre base de données nous indique que vous avez déjà arrêté ce suspect, lieutenant, il y a deux ans, dans le cadre d’une affaire similaire. Nous aimerions faire une perquisition chez ce monsieur James Murdoch, mais le compte rendu ne fait pas mention de son adresse.

Cliff fit rapidement une recherche sur son ordinateur, puis confirma.

-    Je l’ai. 221 Bowers Avenue, Appartement 6B. Je vous imprime toutes les coordonnées et je vous envoie tout ça par fax, lieutenant… ?

-          Roberts, Alan Roberts. Merci pour votre aide.

Il raccrocha, lança l’impression du papier, puis se rendit à l’imprimante. Le lieutenant Wells débarqua, tasse de café à la main, et grand sourire aux lèvres. Le connaissant, Cholkers avait la certitude que ce qu’allait lui annoncer son collègue freinerait ses plans de rentrer chez lui plus tôt.

-          J’ai une bonne nouvelle pour toi, lança-t-il. Tu vois, on a bien vu avec les collègues que tu t’ennuyais un peu. Il faut dire que le nombre de dossiers sur ton bureau va bientôt atteindre ton nombre de divorces, alors on s’est concertés, et on a un truc pour te remonter le moral.

Avant que Cholkers ait eu le temps de lui renvoyer un « Va te faire foutre », le lieutenant Wells lui lança, d’un air faussement guilleret :

-          Exactement ! Une nouvelle affaire ! On a reçu un appel du central, une overdose dans un appartement Bowers Avenue. Et comme on est tous très occupés, tu comprends…

Cliff vérifia l’adresse sur la feuille qu’il venait d’imprimer.

-          Tu as l’adresse exacte ? lança-t-il.

-          Je pensais que ce serait plus difficile, répondit Wells, étonné.

Il sortit son carnet.

-          221 Bowers Avenue. Appartement 6B.

Le lieutenant Cholkers était quelqu’un d’extrêmement flegmatique. Ainsi, il ne laissait absolument transparaître aucune émotion face à l’information qu’il venait d’entendre. Il se dirigea vers son bureau, décrocha le combiné, puis appuya sur la touche bis de son téléphone. Deux secondes plus tard, une tonalité se fit entendre, puis un enregistrement automatique lui annonça que « le numéro composé n’est pas attribué ».

Le lieutenant Wells savait que son collègue n’était pas quelqu’un de loquace, mais il avait compris que quelque chose était en train de se passer. Il restait donc debout, sa tasse à la main, près de l’imprimante, à observer en silence.

Cliff trouva le numéro du douzième district sur son répertoire, puis composa le numéro. Il demanda à parler au lieutenant Alan Roberts. Après quelques secondes de silence, l’officier en ligne lui répondit :

-          Nous n’avons aucun agent répondant au nom de Roberts.

Il raccrocha. Plusieurs questions se bousculaient dans sa tête. S’était-il trompé de district ? L’officier en ligne avait-il fait une erreur ? Quelqu’un s’était-il fait passer pour un flic au téléphone, et si oui, Cliff avait-il dévoilé des informations sensibles sans s’assurer de l’identité de l’appelant ?

Peut-être que tout cela n’était qu’une coïncidence. Mais l’instinct de Cliff lui laissait penser le contraire. Il enfila sa parka, vérifia dans sa poche la présence des clés de son véhicule de fonction et de son paquet de cigarettes, puis quitta le commissariat.

Au même moment, l’officier Martin accueillit un homme d’une trentaine d’années, mal rasé, arborant un t-shirt usé aux couleurs des Guns n’Roses. Avec un fort accent irlandais, il demanda à voir le lieutenant Cholkers.

Malheureusement pour lui, l’homme qu’il venait voir était à ce même moment en train de passer le perron du poste de police, en route vers des heures supplémentaires qu’il aurait préféré passer devant son poste de télévision.


 

Chapitre 2 – Quatrième gauche

            Le lieutenant Cholkers s’était rendu à Bowers Avenue, et y avait découvert, dans un appartement standing, le cadavre d’un trader qui devait avoir à peine vingt-cinq ans. Le corps, froid depuis plusieurs heures, était avachi sur son canapé, ses sous-vêtements teintés de vomissure. Au creux du coude, plusieurs marques de trous plus ou moins cicatrisés étaient visibles. Une seringue gisait près de la main droite.

            Une fois de retour au poste, le lieutenant passa deux heures à rechercher un Alan Roberts, mais ne trouva aucun policier portant ce nom dans toute la ville. De toute façon, il n’en avait pas l’espoir.

Il finit par rentrer chez lui. Si on l’avait appelé pour obtenir l’adresse d’un homme déjà mort, c’est probablement que quelque chose à son appartement avait une quelconque valeur. Deux flics étaient postés en faction devant la porte de l’appartement au cas où quelque individu déciderait de venir fouiner.

Le lendemain, sur la route qui le menait au bureau, Cliff prit des nouvelles de la surveillance de l’appartement de James Murdoch. Personne n’y était entré pendant la nuit. Le budget étant limité, le lieu cesserait d’être gardé dès l’après-midi. Cliff décida donc d’aller y jeter un œil afin de dénicher quoi que ce soit qui aurait pu intéresser quelqu’un au point d’appeler la police pour obtenir une adresse. A une boîte à café pleine de coupures et une boîte à chaussures de seringues, il fit chou blanc.

Dans l’après-midi, après avoir reçu le rapport du médecin légiste établissant la mort comme étant due à une overdose, il rédigea le procès-verbal. Il fit un point sur ses affaires en cours, puis termina sa journée en allant boire une bière avec le lieutenant Wells.

Deux jours avaient passé depuis le trader. Le lieutenant Cholkers eut l’impression que l’affaire était close ; à vrai dire, il était déjà passé à autre chose, puisqu’on l’avait appelé sur une scène de crime. Bien sûr, il resterait cette histoire d’Alan Roberts, mais comme l’appel était intraçable, que la mort du trader avait été considérée comme étant accidentelle et que personne n’avait pénétré l’appartement depuis la découverte du cadavre, la question resterait en suspens.

Ce matin-là, il eut un mal fou à dégivrer le pare-brise de sa voiture : il avait fait un froid glacial durant la nuit. Il se rendit dans la banlieue, sur Lexington Street, où un le lieutenant Wells l’attendait. Tous deux se saluèrent, puis grimpèrent au quatrième étage d’un immeuble qui n’avait pas d’ascenseur. Une fois en haut, Cholkers, qui avait un peu abusé des pâtisseries ces dernières années, prit quelques minutes pour reprendre son souffle.

-          Par contre, retiens-toi, lança Wells. On nous a appelé ici pour un seul mort, pas deux.

Cliff l’ignora, comme à son habitude, car il savait que lui répondre ne lui apporterait que satisfaction. Ils longèrent le couloir, puis entrèrent dans l'appartement de gauche. La porte avait été fracturée.

-          Le voisin nous a appelé ce matin, lança Wells. Il a trouvé la porte ouverte, et le type froid par terre, juste devant.

Le corps gisait sur le sol, la tête dans une petite flaque de sang. Wells continua :

-          Tom Jared, trente-et-un ans, il travaille dans un pub, le Buchanan's, à deux pas d’ici.

Le médecin légiste prit une dernière photo, puis se leva :

-          Je vous le laisse. D’après ce que j’ai vu, il est mort hier dans la soirée. C’est un sale coup à la tête qui l’a tué.

-          Ah merde, répondit Wells, je croyais qu’il s’était noyé. Merci de la précision, doc !

Cliff lança un regard compatissant au médecin, qui partit la mine renfrognée. Il examina rapidement le studio : plusieurs objets étaient retournés, la porte du placard était même enfoncée : il semblait y avoir eu bagarre avant le meurtre. Tout cela semblait assez précipité et maladroit : peut-être auraient-ils de la chance avec les empreintes. Toutefois, rien dans la pièce ne semblait correspondre à l’arme du crime, que l’assassin avait dû emporter avec lui.

Après avoir pris quelques notes, le lieutenant Cholkers retourna à son bureau au commissariat. Comme Wells, à son habitude, avait énervé le coroner, il n’aurait pas son rapport tout de suite. Il entreprit alors d’aller au pub de Jared afin de reconstituer son emploi du temps de la veille.

Au moment où il enfilait son manteau, son téléphone sonna. Il décrocha.

-          Lieutenant Cholkers.

-          Bonjour, lança son interlocuteur avec un fort accent qu’il mit du temps à identifier comme étant irlandais. J’ai trouvé le téléphone avec lequel je vous appelle dans mon pub, et j’ai composé le dernier numéro appelé pour essayer de retrouver son propriétaire…

Cholkers n’était pas quelqu’un qui avait beaucoup d’amis. Il avait connu, tout au long de sa vie, plusieurs romances, la plupart ayant abouti sur un mariage s’étant irrémédiablement soldé par un divorce. Mais au-delà des relations amoureuses, il n’arrivait pas non plus à construire une amitié avec les gens qui l’entourent. Ce qui faisait de son médecin, du lieutenant Wells et du commandant Disher quasiment les seules personnes à avoir son numéro.

C’est ainsi que, quand l’homme au bout du fil lui annonça que le téléphone qu’il avait trouvé avait composé son numéro, il fit rapidement le lien avec le mystérieux appel qu’il avait reçu deux jours plus tôt.

-          Merci, monsieur… ?

-          Jared. Tom Jared.

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Romain P.

05-10-2017

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Le téléphone appartient au recueil Effets papillon

 

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