Connexion : Ou
Mode Application Mode Site

Le porche de la porte... - Histoire

Histoire "Le porche de la porte..." est une histoire détente mise en ligne par "Fatima"..

Venez publier une histoire détente ! / Protéger une histoire détente

Le porche de la porte…

C’est tout frais, tout new, venez, écoutez l’historiette.

Amal était sur le porche de la porte en train d’attendre ses enfants, alors qu’il pleuvait des cordes.

Chez sa sœur, ils étaient conviés à prendre une collation, l'après-midi. Elle avait pensé à s’excuser, le matin même. Mais, mais, mais… décliner l’invitation à cause d’un mauvais temps, lui paraissait d’une impolitesse !

Enfin ce n’était pas faisable…

Reprenons le fil des pensées, oui, l’hiver agaçait les têtes couvertes de capuchons de djellabas de laine…

 Et elle était sur le seuil de sa porte. Son mari juste en face d’elle était assis devant le volant de sa voiture, en train de se frotter les mains en suivant  le rythme rapide d’une chansonnette en arabe dialectale. Histoire de chasser ce froid  en quête d’un abri où loger : les os d’un humain.

Le thermomètre indiquait six degré.

Abd El Rani,  comme le lui dictait la tête, par certains moments, gesticulait, criait comme un fou «  wa laadaw » «  au secours ! « il allongea un mot de la chansonnette, en raccourcit un autre, en déforma la prononciation d’un troisième  et ce à haute voix comme un petit enfant.  Il s’était pleinement identifié au chanteur populaire. Ou peut-être avait-il laissé s’exprimer l’enfant qu’il avait tué en lui depuis longtemps.

Quelqu’un d’autre, pourrait se tordre le ventre en riant, pourquoi pas elle ?

Amal avait le regard hagard sur certains passants. Puis elle se souvint de  ce qu’elle avait entendu à la radio « une émission téléphonique entre des enfants et un speaker adulte. Enfin du n’importe quoi pour user de ces stratégies de diversion qui consiste à détourner l’attention du public, réfléchit-elle.  A un moment donné l’adulte demanda au petit : via quel moyen tu nous contactes ? L’enfant répondit que par wathsapp. Et là, l’adulte égraina de façon mal dissimulée une information tronquée, une vérité dictée par l’Argent. « Et tu sais wathsapp n’est pas fait pour téléphoner…dans mon émission...tatati…tatata«  Il est fait seulement pour écrire des messages…etc.

« Elle est bien huilée cette machine à écraser l’esprit critique ! «  Si j’étais à la place de l’enfant, j’aurai répliqué ceci : Et quel est important est ce ma participation à votre émission ou bien le téléphone et je lui aurai jeté en plein figure : je ne continue plus votre  sale jeu ! Mais, il n’est qu’un petit …

Ah, ces gros Opérateurs et ces pauvres citoyens qui doivent accepter sans rien riposter ! Qu’on leur explique au moins pourquoi ! Qu’on se tourne au moins vers les nantis du pays y compris ces ministres et ces parlementaires… »

Elle fut arrachée du bruitage de son cerveau par la voix de son mari toujours plongé dans son euphorie.

Elle décida de le rejoindre dans la voiture.

Abd el Rani continua sa chanson avec la même extase et la même frénésie.

Quand, il avait entendu sa jeune fille l’héler. Elle venait, enfin, de quitter leurs pénates :

- Hé papa, est ce que tu es fou à crier  ainsi ?lui fit-elle remarquer du haut de ces dix- sept ans ?

- Est-ce que tu m’as entendu ?

- Bein oui je t’ai entendu et même des escaliers de chez nous ?

- Oh, là là ! Que va-t-on penser de moi ?

Il se tourna alors vers Amal, sa femme qui était entrain d’attendre comme lui :

- Et pourquoi ne pas me l’avoir dit, Zermana *? Quelle honte !

 Et tout en plaisantant, il se livra à des justificatifs : J’ai regardé à travers la vitre pour voir la moue qu’allait faire ta mère  et je l’ai vue, devant la porte de la maison, qui ne réagit pas.  Je me suis alors dis, puisque elle ne m’as pas fait signe de baisser ma voix c’est que ma voix ne parvenait pas jusqu’à elle… J’ai continué à chanter, ai incliné la tête pour m’assurer pour  la deuxième fois, toujours pas de réaction de la part de ta mère. Je l’ai regardé pour la troisième fois et j’étais convaincu que je peux toujours crier et déformer la chanson à ma guise.

    Ah, le sot que je suis : il fallait comprendre qu’elle était déconnectée, qu'elle n’était pas de ce monde, qu’elle avait voyagé au septième des cieux ! 

Ses enfants pouffèrent de rires, sa femme également.

Il s’adressa de nouveau à cette dernière :  

- Pourquoi ne pas  m’avoir avertit Zermana ?

- Et bien dit-elle je n’ai pas voulu te déranger, il vaut mieux te laisser vider tes décharges, c’est en tout cas ton habitude.

Et dans une ambiance  d’allégresse, il démarra sa voiture…

* Prénom d'une louve(cf : Le beau rêve de Zermana )

Partager

Partager Facebook

Point(s)

+4

Auteur

Blog

Fatima

08-01-2018

Couverture

"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Lire/Ecrire Commentaires Commentaire
Le porche de la porte... appartient au recueil Moussaouiyates...ou L'humour de chez moi.

 

Histoire terminée ! Merci à Fatima.

Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.