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Le labyrinthe de l'impossible ré... - Grande Nouvelle

Grande Nouvelle "Le labyrinthe de l'impossible réalité" est une grande nouvelle mise en ligne par "Marcel Moreau"..

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Le labyrinthe de l’impossible réalité

 

***

À force de plonger dans les documents du Moyen Age et ayant visité cet été la cité médiévale de Carcassonne, j’ai fait un long rêve quelque peu insolite.

J’ai réuni le souvenir des fragments et j’ai conçu cette nouvelle.

Ce rêve me dépose dans un étrange village…

***

 

À la recherche d’un bus pour Paris, je me suis égaré dans un village aux petites ruelles en terre battue, aux maisons en pierre de taille et aux toitures couvertes de chaume avec cheminée. Je suis habillé d’une façon normale : blue-jean, polo, baskets. Quelques habitants sortant de chez eux, drapés dans des sortes de gros tissus poussiéreux et souvent couverts par-dessus d’une peau de bête, loup ou mouton, me dévisagent et ne semblent pas apprécier ma présence.

Ayant déjà fait vingt kilomètres à pied, je suis au bout de mes forces. Je m’aventure quand même devant un bonhomme pour le questionner.

– Bonjour monsieur, savez-vous où est la station de bus la plus près ? J’ai besoin d’aller à Paris.

L’homme ne parle pas, mais me désigne du doigt le chemin. Je crois avoir compris la direction, je suis donc son conseil mais je contourne le village sans trouver le moindre véhicule. Puis croisant un autre homme, costume, cravate, attaché-case, je lui pose la même question.

– Je prends le bus aussi, me dit-il, pour me rendre à mon travail ; venez avez moi.

On n’a pas fait cent mètres que l’homme, à un tournant, disparait.

Ah, me voilà bien !... Je continue à me gambader à travers ces maisons silencieuses sans trouver la moindre trace d’un transport en commun.

Je tente de frapper à une porte. Une grand-mère ouvre. Même question. La dame semble connaître la région et m’indique sur un ton tranquille la direction.

– Vous ne pouvez pas vous tromper, ce n’est pas loin, ajoute-t-elle pour me rassurer.

Content du renseignement, mais très inquiet, j’y vais. Deuxième rue, à droite, puisque à gauche et tout droit la station est à un kilomètre en face sur une grande place. Rien ! Toujours les mêmes maisons sur mon chemin et pas de place ni de station de bus. Et pourtant, dans mon esprit, je sais qu’il y a un transport qui mène jusqu’aux portes de Paris : Vincennes, Italie ou Lilas… et là, on prend le métro pour aller dans Paris.

Mince alors ! On dirait que la France est entièrement faite de villages de ce type où les gens n’ont aucune notion de la vie et se cloîtrent chez eux comme pour hiverner.

Je rencontre un autre homme habillé comme au temps féodal, je cours vite vers lui.

– Eh, monsieur ! Attendez-moi !

L’homme se retourne, une faucille dans une main, une faux dans l’autre.

–– Savez-vous où est la station de bus ?

–– Sta… quoi ?

–– Station de bus !

–– Je ne comprends pas ce que tu dis !

–– Vous parlez français ?

–– Je ne comprends pas ! va-t’en sale morveux ou je t’étripe !

Holà, il est commode comme une armoire, celui-là ! Bon, laissons-le à son caractère de mérovingien. Il ne faut pas trop le chatouiller.

Que vais-je devenir seul dans ce monde ignorant et incompréhensif ?

Mais non, je ne suis pas seul ! Voilà un berger et son troupeau de moutons. Un chien et un aigle les accompagnent.

–– Dîtes, monsieur… vous parlez français ?

–– Bien-sûr, dit-il, que voulez-vous ?

–– Je cherche un bus pour m’amener à Paris.

–– Un car, vous voulez dire ?

–– Oui, une grosse voiture avec un chauffeur et les gens dedans.

Il pointe du doigt vers le sud, alors que Paris est au nord.

–– Je crois qu’il y a un car qui passe dans le bourg à 6 heures du matin, qui descend vers Marseille et vers Toulon.

–– Mais, je ne vais à Marseille ni à Toulon ! Je veux aller à Paris !

–– Je ne connais pas Paris ; le grand village ici, c’est Marseille. Sinon, vous montez plus haut vers la grande cité médiévale, des seigneurs et des chevaliers vous renseigneront. Il faut passer entre ces maisons, après le champ de blé, vous verrez la cité. C’est assez loin, il faut compter 2 heures de marche pour y arriver. Ce sont des montées assez abruptes, faites attention. C’est sans doute là-bas que vous trouverez un car pour Pa… Comment vous dîtes ?

–– Paris !

–– Eh ben, je vous souhaite bonne chance.

–– Merci monsieur, je vais y aller.

Je rebrousse chemin et fraye difficilement un passage entre cette bruyante assemblée de laine poussiéreuse qui bêle comme des moutons de Panurge, suivi du chien et de l’aigle. Le gros volatile tourne autour de ma tête. Je sens ses serres dans mes cheveux, j’ai peur qu’il me les enfonce dans la tête. Le berger lance un sifflement aigu pour ramener ses bestioles au calme.

Je reprends ma route vers le sud, laissant le brouhaha s’éloigner petit à petit de mes oreilles, toujours entre ces maisons qui respirent un conte sinistre au cœur d’une froideur d’été, car de leur cheminée s’échappe de la fumée tandis que le soleil est au zénith et que je suis en nage.

Ma marche dure déjà depuis une bonne heure et je suis encore dans ce village fantomatique où de temps en temps je rencontre des individus serpette à la main ou des outils d’un autre âge dont je ne sais pas à quoi ça sert.

J’ai chaud, très chaud dans la fournaise. Je ne sais plus quel jour on n’est, dans quel monde je suis. Encore une heure, sans doute, j’arriverai à la station de bus et là je pourrai enfin quitter cet ensemble de maisons et retrouver Paris. C’est un espoir que je me suis forgé depuis les indications du berger.

Le champ de blé ! Oui, il faut d’abord arriver au champ de blé avant les dures montées vers la cité médiévale ! Il n’est peut-être pas loin ce champ, puisqu’il y a des gens avec des serpettes ?

Tiens, un homme qui sort de sa maison.

–– Eh monsieur !... Est-il loin le champ de blé d’ici ?

–– Quel champ de blé ? rétorque-il, il n’y a jamais eu de champs de blé ici.

–– Si vous voulez du blé, reprend-il, en pointant son doigt au nord, il faut revenir sur vos pas et prendre le car au bourg qui vous amènera à Marseille et à Toulon.

–– Non, je ne veux pas retourner au bourg, ni acheter du blé ! Je veux juste aller à la cité pour prendre le bus et pour aller à Paris. Elle est encore loin cette cité de m.… !

–– Ne vous fâchez pas, messire, je n’ai rien compris à ce vous dîtes… Elle est à une heure de marche après le village. En prenant ce chemin c’est tout droit. Vous verrez un terrain plat infertile qui vous mène à une montagne sur laquelle est bâtie la cité.

–– Comment ça, elle bâtie sur une montagne ?

–– Oui, Messire. C’est une montagne sans crête ; un grand plateau, très…  très large.

Je regarde le bonhomme, bien étonné de ce qu’il me raconte.

–– Et on la voit d’où cette cité ?

–– En hiver, on ne la voit pas, elle est cachée par un brouillard continuel.

–– Que me racontez-vous là ? Il fait 40° à l’ombre et vous me parlez d’hiver.

–– Mais, je vois que vous n’avez pas froid dans votre tenue de troubadour. Vous ne voyez ce ciel gris qui annonce la neige dans les prochaines heures ?

Mais il se fout de moi ce type ! Je sens que je vais lui faire avaler son bulletin météo, d’ici peu !

–– Bon bref, comme dit celui qui a chassé les Sarrasins de Carcassonne… Après tout gardez votre hiver, je vais à la cité pour prendre le bus pour Paris.

–– Je ne connais pas le village dont vous me parlez, mais bonne chance. Ah, vous ne voulez pas une peau de mouton pour vous couvrir ? J’en ai plusieurs dans la maison.

–– Non merci, j’ai assez chaud comme çà avec vos histoires à dormir debout dans un aquarium.

Enfin je reprends la route, suivant les conseils du guide touristique frileux.

Des maisons, encore des maisons et toujours des maisons en voici, en voilà. C’est un peu agaçant ce paysage de promoteurs acharnés.

Tout à coup, j’entends un galop de cheval derrière moi. Un cavalier ou un chevalier et son cheval fonce sur moi. L’animal se cabre dans un hennissement de frayeur, les naseaux fumants ; j’ai tout juste de temps de rouler sur le côté pour le laisser passer. Rapides comme l’éclair, maître et monture disparaissent dans un fond lointain.

J’ai encore eu très chaud, mais je me lève et cours vers ce fond qui n’est qu’autre que le terrain infertile dont le bonhomme de tout à l’heure me parlait. Au loin, très loin, se dresse une montagne énorme comme un horizon cachant le bout du monde. Je devrais voir la cité, car pour moi c’est l’été, mais non, un brouillard très dense dissimule tout le sommet de la montagne.

Un coup d’œil giratoire dans l’espoir de revoir le chevalier… Personne ! Le piètre individu et son bourrin ont trépassé quelque part.

Je contemple un moment cette masse sombre qui me paraît tout près vu son énormité, mais en regardant le chemin qui y mène, il faut bien deux heures de temps de marche sans s’arrêter.

Aventure pour aventure, j’y vais ! Dans cette situation bizarre, je tente d’oublier mon bus pour Paris. Là-haut, je trouverai bien des touristes et de quoi manger.

Ma marche est lente… Mon polo est imbibé de sueur et mes yeux larmoyant sous la chaleur…

Beaucoup de rochers parsèment, à moment, mon parcours. Là, je vois l’approche de cette montagne mystérieuse… Un sentier tracé par les pas des hommes donne de prime abord l’impression aisée à escalader. Je ne me tarde pas à prendre l’ascension quand soudain, un gros oiseau se présente devant moi. Il est aussi grand que moi, les ailes grandement déployées. Surpris et apeuré, je recule de quelques mètres.

–– Tu ne peux pas monter tout seul, dit-il d’une voix rauque et terrifiante.

Je recule encore et tombe en arrière.

–– Je suis là pour t’aider, continue-t-il, monte sur mon dos. Allez, n’aie pas peur !

Que dois-je faire dans des circonstances pareilles ? Me sauver ?

Mais, machinalement, j’obéis car une confiance mystérieuse en cet oiseau s’empare de moi et sans chercher à comprendre, je me lève et m’installe sur son dos.

–– Accroche-toi à mon cou et on y va !

En quelques battements d’ailes, il fonce dans l’épais brouillard et me dépose devant la douve remplie d’eau, puis disparaît, sans rien dire. Tout est clair au sommet et les remparts flambants en neuf. Je contourne la cité pour trouver l’entrée…

Le pont levis est baissé et la herse et remontée. Beaucoup de monde en vêtements du moyen-âge. Est-ce un carnaval ?

D’après ce que je sais, on voit des nobles, des bourgeois et beaucoup de paysans.

On m’interpelle :

–– Eh troubadour, on t’attend pour faire la fête ce soir !

Ressemblerais-je à un troubadour ? Cela fait la deuxième fois qu’on me prendre pour un amuseur du site royal.

L’inconnu se mêle à la foule sans dire plus.

 

 

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Auteur

Blog

Marcel Moreau

23-10-2017

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Le labyrinthe de l'impossible réalité n'appartient à aucun recueil

 

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