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Epiphanie - Texte

Texte "Epiphanie" est un texte mis en ligne par "Deogratias"..

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Epiphanie

 

 

Je parlais au téléphone à ma meilleure amie qui a bientôt 97 ans. Je racontais mes espoirs,  mes angoisses et  déconvenues.

J’entendais sa respiration comme une trace de pas vers moi.

Je parlais de la beauté des étoiles, du chemin qui reste à faire et du froid qui tombe sur l’hiver.

J’entendais son souffle accompagner mes paroles telle une brise légère qui réveille au matin.

Je parlais de la vie, des combats à mener, des épreuves qui jalonnent les sentiers du soir.

J’entendais le rythme des étoiles qui traversent ses yeux quand son regard plonge dans mon coeur.

 

Je parlais depuis peu à vrai dire, juste ce qu’il faut après toute une journée sans mots ni contacts. Je parlais comme une habitude depuis tant d'années. On aime tant échanger toutes les deux. Je parlais parce que c’est vital n’est-ce pas quand l’âme esseulée n’en peut plus de chercher des réponses. 

Je parlais je vous dis sans bien me rendre compte ni de son souffle qui ralentissait, ni de sa voix qui se faisait plus rare.

 

J’ai finalement compris. Un peu tard.

 

Je me suis retrouvée dans le vide à parler au silence. Je me suis retrouvée comme une enfant égarée dans les longs couloirs de l’école. Perdue, enfermée dans le noir lorsque tombe la nuit. Je me suis retrouvée telle un pétale de rose qui se détache et tombe.

 

J’ai finalement saisi ce qui se passait. Un peu tard. Et j’ai eu honte.

 

Alors, je me suis tue. J’ai cessé de discourir sur ce qui m’habitait. J’ai écouté le silence au téléphone. J’ai entendu le son des petits astres qui brillaient dans les cieux pour guider les rois mages vers mon Dieu. J’ai vu le sourire de Marie sur les lèvres closes de mon amie. J’ai fermé les yeux avec elle sur les rideaux de ce mois de janvier enneigé. Je crois même avoir entendu les cloches de son église   lorsque le célébrant chante le Gloria des anges.  J’ai écouté avec elle les murmures des étoiles ravies juste au-dessus de l’Enfant. J’ai même, je vous assure, essuyer une des larmes d’un berger qui n’en revenait pas devant tant de beauté.

 

J’ai finalement compris ce qui se passait.  Un peu tard.

 

Si ce soir je pleure, c’est parce que j’avais oublié que les étoiles meurent toutes un jour.  Oui, j’avais oublié que les rois mages retournent tous un jour dans leur pays et que le chant des anges cesse quand vient le bruit. Si ce soir les sanglots me soulèvent, c’est parce que j’avais oublié que les sourires de Marie, les cloches de l’Eglise, que tout s’efface à la tombée du jour. Oui, même l’adoration des bergers, tout s’en va avec le temps qui passe, inéluctable, sans répit.

Oh ce soir, je suis noyée de larmes et les étoiles pleurent avec moi.  

 

L’Epiphanie bientôt s’annoncera pour elle, guidée par sa lumière jusque dans la Maison du Père. Bientôt.

 

J’ai finalement compris qu’elle voyageait déjà un peu là où je ne peux la suivre….

 

 

Qu’elle s’était endormie.

 

 

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Deogratias

07-01-2024

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Epiphanie appartient au recueil textes

 

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