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Amnezi - Roman

Roman "Amnezi" est un roman mis en ligne par "Ecriture"..

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Amnezi

Roman

Histoire somme toute banale ; celle d'un homme réalisant à son réveil qu'il se trouve dans un hôpital, amnésique. Qui est-il réellement ? Que s'est-il passé ? Que fait-il là, dans cet endroit inconnu et étrange ? Et  pourquoi tout est si différent ici ? Pour répondre à toutes ces questions, il n'a pas le choix ; il lui faut rester et suivre ce traitement qu'on lui propose ou plutôt qu'on lui impose. Heureusement il y a cette jolie infirmière tellement séduisante... Mais suffira-t-elle à lui faire accepter tous les doutes que cette situation des plus insolites lui évoque ?
A moins que le problème ne vienne de lui...

 

CHAPITRE 1

Avant même qu’il n’ouvre les yeux, des mots lui parvinrent, diffus, comme murmurés au dessus de lui. Une voix féminine et douce qui susurrait plus qu’elle ne parlait.

- Il se réveille… 

Il souleva alors les paupières mais les referma aussitôt. Un flot de lumière venait de lui brûler les pupilles. 

- Prenez-votre temps, dit à nouveau la voix féminine 

Comme rassurait par cette voix et cette autorisation, somme toute bien inutile, de ne rien presser, il resta quelques temps immobile et tenta de reprendre conscience de son corps. 

Etrangement, il commença par ses pieds. Il les sentit glacés mais serrés dans quelque chose d’épais, qui diffusait une douce chaleur. Cette sensation remontait petit à petit le long de ses jambes puis de son ventre et jusque sa poitrine. Il s’arrêta un instant. Il avait l’impression d’entendre son coeur battre, un battement un peu chaotique, certes, mais un battement quand même. Il ne put s’empêcher de penser au moins, je ne suis pas mort ! Il resta un moment concentré sur ce bruit irrégulier mais calme qui avait quelque chose d’apaisant. Un moment, long ou court… il ne savait pas, ne se posait même pas la question d’ailleurs. Et finalement il poussa un long soupir qui bascula son attention vers ses poumons. La grande inspiration qu’il avait du prendre et l’expiration prolongée qui s’en était suivi avait quelque peu perturbé cette sensation d’apaisement que les battements de son coeur lui avait donné. Là, au contraire, il sentit la morsure d’une brûlure dans la poitrine, une morsure vive comme s’il venait de prendre une bouffée de feu qui lui avait lacéré les poumons et toute la trachée. Il se tordit sous la douleur, contractant chacun de ses muscles, soulevant son thorax et ouvrant grand la bouche dans l’espoir de ramener de l’air frais qui compenserait cette désagréable sensation. Ce temps lui parut une éternité. Il n’avait pourtant pas du durer plus de quelques secondes. La douleur s’atténua petit à petit, ses muscles se décrispèrent et son corps repris le contact moelleux de la couche sur laquelle il était allongé. Mais sous l’effet de la douleur, il avait ouvert les yeux très grand et désormais la lumière lui paraissait un moindre mal. A nouveau serein, il se concentra alors sur les images que son cerveau recevait. 

La première chose qu’il vit fut cette femme, sans doute celle de la voix, penchée sur lui. Elle avait de longs cheveux blonds, légèrement bouclés et ramenés en arrière par un chignon bas. Quelques mèches s’échappaient d’une coiffure qu’elle avait du s’appliquer à faire soigneusement et venaient joliment caresser les contours de son visage. Elle souriait. Elle lui souriait, de ce sourire amical des gens qui vous veulent du bien. On aurait pu avoir pire comme réveil ! Elle se redressa alors et il la suivit du regard comme pour dire « encore un peu s’il vous plait ». 

C’est alors qu’il remarqua la pièce dans laquelle il se trouvait. Des murs d’un blanc immaculé, sans doute fraîchement repeint, une décoration sommaire, une potence avec quelques grosses poches pleines et ce long et fin tube qui serpentait jusqu’à son bras. Il chercha alors du regard la femme comme pour avoir une réponse. Elle s’était éloignée du lit et se tenait à un mètre de lui. Elle l’observait toujours mais deux autres hommes se tenaient à côté d’elle et l’observaient également. L’un deux dit quelques mots très bas qu’il ne comprit pas et la jeune femme sortit. Le plus jeune des deux hommes s’approcha alors et lui murmura presque à l’oreille avec un très fort accent et un français très approximatif :

  • - voulez-vous moi redresser le lit ? 

il ferma à nouveau les yeux et secoua négativement la tête. Il resta alors les yeux clos, cherchant davantage à se concentrer sur les bruits autour de lui. il était clair à présent qu’il était dans un hôpital. Mais que faisait-il là ? Il essaya de ramener des souvenirs. Il supposa une tonne de circonstances qui auraient pu justifier de sa présence. Un accident de voiture, une bagarre, une chute malencontreuse, un malaise… autant il mettait sans peine des mots sur des événements, autant il lui était impossible d’associer une quelconque image à ces mots, comme si ces événements n’étaient justement que des mots. Il continua une énumération sans fin, imaginant toute sorte d’événements qui auraient justifié de sa présence ici. Aucun d’eux n’éveilla en lui le moindre souvenir visuel ou sensitif. Il avait cette désagréable impression de lire une liste qui n’avait pas de sens. Son cerveau commençait à s’emballer, rassemblant des successions de lettres simplement juxtaposés, sans intérêt : femme, fleur, vase, maison, cuisine, couteau, fouet électrique, panne de courant, courant alternatif, lampadaire, bitume, route, voiture, cage, camion, mort, chat, chien, morsure, rage, piqure, piqure, piqure… Son esprit s’emballait. Il commença à ressentir une violente douleur à la tête, comme un clou qu’on lui aurait enfoncé à un point précis de son cerveau. Il se crispa à nouveau. Des pas lourds et des voix vives le sortir de cet état et comme par magie, instantanément, la douleur disparue au point qu’il n’aurait même pas pu dire à ce moment-là où elle se localisait. Il ouvrit alors les yeux. 

La femme venait de rentrer avec un homme d’un certain âge qui marchait à grand pas devant elle tout en lui parlant. Le jeune homme qui lui avait demandé s’il voulait qu’on lui soulève le dossier du lit s’éloigna de lui comme pour laisser la place à celui qui assurément devait être le grand patron. Sans doute le docteur, pensa-t-il alors qu’il se penchait au dessus de lui. La vision était bien moins plaisante que la première et il referma à nouveau les yeux. 

  • - comment vous sentez-vous ? demanda alors le vieux monsieur.

Il ouvrit les yeux. Il se surprit à penser qu’il n’eut pas été poli de ne pas regarder son interlocuteur en lui répondant. Poli ? En était-il là alors qu’il ne s’expliquait même pas la situation. Décidément, éducation quand tu nous tiens ! 

  • - pas très bien, répondit-il.

Du moins il crut qu’il avait fait cette réponse. En réalité, malgré sa bonne volonté, aucun mot ne sortirent de sa bouche. Juste un grognement incompréhensible ou qui lui paraissait comme tel. L’homme pourtant sembla interpréter correctement cette onomatopée car il lui répondit dans la foulée.

  • - ne vous inquiétez pas, c’est normal dans votre état. D’ici quelques minutes, une heure à tout casser, vous aurez retrouvé vos sens et vos perceptions. Ne forcez pas, laissez votre corps reprendre le contrôle. 

Le contrôle ? Mais son corps avait déjà le contrôle, c’est sa tête qui semblait ne plus l’avoir !

- je vais revoir vos paramètres, continua l’homme en sortant une petite lampe de la poche de sa blouse blanche. 

Il remarqua alors que la blouse était aussi immaculée que les murs. Tout doit être neuf ici, ne put-il s’empêcher de penser. A défaut d’expliquer sa présence, cela le rassura quelque peu ; au moins tout devait fonctionner normalement ! Espérons que le personnel soit aussi compétent que le lieux rassurant.

  • - ouvrez bien les yeux. Cela peut vous déranger un peu mais c’est sans danger. 

Joignant le geste à la parole et comme pour s’assurer qu’il obtiendrait satisfaction, il étira la paupière et lui braqua la petite lumière jaune dans l’oeil droit. Un violent mal de tête le submergea. Il avait l’impression que le faisceau avait plongé à travers la pupille, traversé le nerf optique jusqu’à trouver une faille dans son cerveau et s’y était planté avant de disparaître instantanément. Lorsque l’homme renouvela le supplice sur l’oeil gauche, la douleur n’en fut pas moins forte. Un mot traversa alors son esprit : sadique. Et il referma les yeux. Il sentit l’homme se redresser et faire un mouvement en lançant un 

  • - notez : dilatation des pupilles normales. 

Puis il eut l’impression à nouveau que l’homme faisait le mouvement inverse et se penchait sur lui.

  • - je vais écouter votre coeur, reprit-il. 

A nouveau, il lança à la volée un “redressez-le“ qui ne laissait planer aucun doute sur l’attitude autoritaire qu’il avait sur les autres personnes de la salle. 

Il entendit un bruit électronique discontinu et sentit dans le même temps que le haut de son corps se redressait, l’obligeant à adopter une position semi-assise. il s’entendit penser j’avais dit que je ne voulais pas mais il savait que son avis n’avait pas d’importance en l’occurence et il détesta être le jouet de cet homme. 

On lui enleva ce qui le couvrait et lui tenait chaud, on déboutonna maladroitement le haut de ce qu’il portait, sans doute une blouse ou un pyjama de patient et il sursauta à la sensation de froid qui s’appliqua sur sa poitrine. A ce moment-là l’envie lui vint de laisser son coeur s’emballait, histoire de perturber l’auscultation, juste histoire de. Mais son coeur ne répondit pas à son attente et il dut attendre que l’homme en ait fini avec lui. Enfin, il le sentit se redresser, sans doute s’éloigner un peu, dire à nouveau quelques mots qu’il ne chercha pas à entendre et sentit qu’on le reboutonnait et replaçait sur lui la couverture chaude. 

  • - Bon, conclue l’homme, tout va bien. Je repasserai dans deux heures, quand il sera en état de répondre à mes questions. D’ici là, Mademoiselle, veillez sur lui et prévenez-moi en cas de nécessité. L’évolution de son état est notre priorité du moment. Quant à vous, Messieurs reprenez votre travail. Allez, dehors, dehors. 

Il entendit des pas s’éloigner, deux personnes précipitamment semblait-il et un troisième à pas lourds et posés. Trois… trois personnes venaient de sortir. Donc, pensa-t-il, la mademoiselle est restée. Il en fut content et sourit intérieurement. 

  • - voulez-vous quelque chose ? 

Décidément cette douce voix féminine lui plaisait bien et il en oublia le manque de compassion de l’homme qui l’avait examiné. Et puis, cette femme semblait lire dans ses pensées et répondre à ses attentes, même non formulées. Si c’était l’infirmière, il avait de la chance ; cela promettait d’alléger son calvaire.

  • - soif, lança-t-il dans un effort surhumain sans ouvrir les yeux comme s’il craignait d’être déçu ou qu’il voulait simplement s’emplir de cette voix pour la retenir, toujours. 

Il aurait voulu donner une réponse plus courtoise mais les mots avaient encore du mal à sortir de sa bouche. Elle s’approcha alors, du moins en eut-il la sensation. Il entendit le bruit de quelque chose que l’on prend, le choc d’objet en verre et de l’eau couler. La femme posa alors l’objet froid contre sa bouche, un verre sans doute, et lorsqu’il sentit le liquide lui mouiller les lèvres, il les entrouvrit pour étancher la sècheresse de sa gorge. Toutes ces sensations éveillaient ses sens et l’absence de vision les rendait encore plus agréables et apaisantes. C’est à ce moment-là qu’il remarqua le parfum, première odeur à le submerger. Un parfum doux et floral, presqu’un peu champêtre. Il ne reconnut pas ce qui le composait mais cela lui plut. Il ouvrit alors les yeux pour s’imprégner une fois encore de ce visage si agréable à regarder. A nouveau elle lui souriait et il apprécia. Décidément, tout en elle lui plaisait.

Lorsque le verre fut vide, elle le posa à côté du lit. 

  • - je vais vous rallonger.

Oh oui, volontiers, s’entendit-il penser. La position assise commençait à lui donner des maux de tête. 

Elle rabaissa le siège, réajusta la couverture avec la douceur d’une mère qui borde ses enfants. Il se laissa aller et bien que la sensation était des plus agréables, il se sentait fatigué, las, comme si toute cette agitation avait épuisé le peu de force qu’il avait. A ce moment là, il n’avait qu’une envie, dormir encore un peu. Doucement, la place qu’occupait la mademoiselle dans son esprit se dissipa et fit place à la nécessité de faire le vide et se reposer. Il ferma alors les yeux et se laissa aller. Le sommeil ne mit pas longtemps à le trouver. Il s’endormit le coeur léger. 

 

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Ecriture

13-11-2017

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Amnezi n'appartient à aucun recueil

 

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