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45 euros d'économie ! - Histoire

Histoire "45 euros d'économie !" est une histoire détente mise en ligne par "Deogratias"..

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45 euros d’économie

 

 

La toiletteuse pour chiens me l’avait bien précisé : « C’est un dominant ! Vous devez dire les choses avec fermeté ! Normalement, vous devriez y arriver toute seule ! ».

Forte de ce conseil qui ne semblait faire aucun doute pour cette professionnelle, je l'avais décidé : « Désormais, afin d’’économiser 45 euros tous les 2 mois environ, je ferai moi-même la toilette de Tagada ! ».

Chose dite, chose faite.

J’ai donc acheté tondeuse, coupe griffes, le tout de différentes tailles, dans plusieurs couleurs. Je me disais : « J’suis pas plus sotte qu’une autre, bon sang ! ».

 

Deux mois passèrent : Tout le matériel de « la parfaite toiletteuse en herbe » était prêt. Posé sur la table du salon, exprès aménagé pour mon toutou qui se demandait bien ce qui me prenait, je commençais mon petit travail.

« Alors, Premièrement, fais toi confiance ! Tu as regardé des tutoriels sur Youtube, souviens-toi ma vieille, c’est pas sorcier ! ».

 

Aie aie aie, dès la première vibration de la tondeuse, voilà mon Tagada transformé en ressort à sursauter de droite et de gauche, de haut en bas. Je m’énerve. Je crie un peu : « Allez jeune homme ! J’vais pas te faire mal ! Fais confiance ! ». Mais le chien ne l’entends pas ainsi. Tout de go, le voilà qui cherche à sauter du haut de ma table, bien trop élevée pour lui. Je le rattrape à temps !

Dans mon geste, je me tords le bras. Je crie de douleur. Toutou me regarde étonné. « Dis donc, toi, tu ne te foutrais pas de ma gueule par hasard ? ». Il me regarde, visiblement surpris. Je dois avoir l’air d’un chien fou. C’est pour ça.

 

Je reprends ma bête. Non sans mal. « Le studio est petit ! Inutile de t’enfuir ! ». Tagada se fout de mon point de vue, le voilà qui cavale partout, à toute vitesse. Plus rapide que mes gambettes vieillissantes, je vois bien que je n’y arriverai pas. Reste une solution : Allez dans l’armoire à gâteaux,  ceux que j’ai acheté depuis peu, spécialement conçus pour sa race.

Dès que je tends la main vers lui, avec le gâteau, il s’approche le voyou ! Oui, mais pas bête, il hésite. Je prends ma voix aigüe : « Allez mon Tagadaaaa ! Viens mon chéri ! Viens ! C’est pour toi ! ». Il approche, il me pique le biscuit en quelques secondes, pas le temps de le saisir ! Je me fais avoir ! Bouuuuh !!!!  De guerre lasse, me voilà à quatre pattes à mimer le chien qui veut s’amuser lui aussi ! Le gâteau dans une main, la baballe à monsieur dans l’autre, je m’évertue tant bien que mal à avancer de la sorte !

Oh Victoire ! ça marche ! Je le tiens ! Ouf !!

Je reprends mon souffle, me relève, je replace le chien sur la table, je rebranche mon appareil et ni une ni deux, je recommence mon petit labeur. Je ne sais plus qui vibre le plus : le chien ? La tondeuse ? Ou mes mains fatiguées ? J’ai l’impression d’être sur un navire, par temps de grandes houles, avec des nuages noirs lancés à toute vitesse dans le ciel.

Tagada finit par se laisser faire. J’essaie d’être régulière. Je m’écrie : « Il ne s’agit pas de trop couper par endroits et pas à d’autres ! Les poils doivent tous être de la même longueur ! ». Oui, mais j’ai oublié de mettre l’embout nécessaire pour cela. Le résultat est très approximatif : Trop de poils au postérieur, plus assez sur les pattes ! « Tanpis ! ça viendra avec le temps ! ». Il semble OK avec ça.

Toutou me regarde avec un air à faire pitié.  Je m’exclame : « Non mais franchement, on dirait que tu vas à l’échafaud ! ». Je l’embrasse. Je desserre mon étreinte. Il en profite le garnement pour tenter de nouveau une fugue. Peine perdue, cette fois, il ne réussit pas.

 

Voici venu le temps de la douche.  Je ne l’ai encore jamais lavé. J’ai le bon produit. Je fais couler l’eau tiède. Il me regarde totalement apeuré. «T’inquiète pas mon bichon d’amour ! Tu verras c’est sympa ! ». Il n’a pas l’air d’accord. Et rebelote, juste le temps de saisir une serviette de bain pour la placer près de la baignoire et Monsieur s’enfuit. De nouveau je lui cours après, bien décidée à le nettoyer. Il commence à trouver ça très drôle ! Il me regarde mi amusé, mi inquiet. Je vois bien qu’il se joue de moi. C’est évident.

De nouveau à quatre pattes, les cheveux défaits, la sueur sur mon front, je me fais l’effet d’un chien féroce qui court après un mouton !

Le gâteau dans une main, mon petit gourmand ne peut résister.

 

Sans plus attendre, je le place dans la baignoire, moi, à genoux devant, la pomme de douche dans la main. Le voilà tout mouillé, les yeux humides, l’air transi. Je pose une noisette de shampoing sur le dos. « Tu vois, mon chéri, c’est pas si terrible ! Tu vas être tout propre ! ». Il ne l’entend pas de cette façon, comme ça, sans prévenir, il cherche de nouveau à gravir le bord de la baignoire trop grand pour lui. Il glisse. Je réalise qu’il risque de se faire mal. Je le calme. « Il fait chaud, punaise, c’est pas le moment de faire l’imbécile, si tu crois que c’est drôle pour moi ! ». Le chien s’en fout. Impossible de le maintenir en place. Tout glisse : Le chien, mes mains, l’émail.

Je réalise qu’après tout, vu la chaleur, je n’ai qu’à le rejoindre. Aussitôt dit, aussitôt fait. Je quitte ma jupe, j’enjambe la baignoire et oust ! Me voilà sous la douche avec toutou qui n’en revient pas. Je suis trempée. Lui aussi. Puisqu’on y est, je le prends dans mes bras. Je le rince.  « Un peu pour toi, un peu pour moi ! ». J’alterne l’arrosage de notre douche commune ! Il semble se calmer. « Ben voyons ! C’est bien mieux avec moi hein ? ». Il a l’air d’approuver par une léchette sur mon menton.

 

J’éclate de rire. Nous voilà trempés comme tout, je l’essuie avec la serviette. Il n’est pas d’accord. De nouveau, il veut partir. Mais pas sotte, cette fois-ci, j’ai fermé la porte. « Impossible mon gars ! ». Comme je suis moi aussi dans un piteux état, je me sèche avec lui. En culotte, je prends le sèche-cheveux et je commence à le passer sur lui. « Oh là là ! Mais c’est pas vrai, tu ne peux pas te tenir tranquille une fois non !? ». Il me regarde, complètement ahuri par ma question. Comme s’il me répondait : « Ben non ! C’est évident ! ».

J’ai positionné l’appareil au niveau le moins chaud possible. L’air soufflé est vraiment tiède. Pourtant, Tagada a peur du bruit. Je cherche à le rassurer.

« Allez mon coeur, regarde, moi aussi je me sèche ! ».  Pour l’amuser, je me mets à danser n’importe quoi avec le sèche-cheveux en main : Un coup sur lui, un coup sur moi.

Il me regarde comme quelqu’un qui penserait : « Elle est complètement dingue la vieille ! ».  Soudain, je me vois dans la glace : « Mon Dieu quelle horreur ! On dirait une folle ! ». Cheveux en bataille, la peau encore humide, les yeux un peu rouges, je n’en reviens pas. « Comment j’ai pu me mettre dans un tel état ? ». J’observe Tagada. Il commence à apprécier la chaleur de l’engin. Tant mieux. Il ferme même les yeux par moments.

 

Je le brosse un peu. Pas trop. Il s’endort dans mes bras. J’essaie d’y aller doucement. Je sors de la pièce, le chien à moitié endormi.  Tout d’un coup, stupeur ! Je regarde le spectacle de ma séance de toiletteuse.  Des poils partout éparpillés sur le tapis, la tondeuse en vrac, de l’eau sur le sol. D’ailleurs, j’ai glissé sur une petite flaque dans le couloir. Je me suis fait mal au dos en me rattrapant à la poignée de la porte d'entrée. J’ai les lombaires en miettes. Une odeur de chien mouillé a envahi tout l’espace. Tagada endormi, moi en vrac, on dirait qu’une armée de chiens fous a traversé mon appartement !

 

Je m’assois dans mon fauteuil. Je ris doucement lorsque j’entends le son grave de mon Tagada qui ronfle sur mon bras.   « Bon, je vais tout ranger maintenant ! ça en valait la peine hein mon chien ?  Je vais progresser va ! ». Il ne répond pas. Je crois que s’il pouvait, il dirait haut et fort : « Tu te fous de moi ou quoi ?  Tout ça pour 45 euros d’économie ! Pffft !! ».

 

Croyez-moi ou non, mais j’ai eu l’impression à ce moment-là que tout s’est mis à rire autour de moi : Tondeuse, tapis, poils, flotte, peigne et brosse !  Comme si l’appartement tout entier s’esclaffait, les mains sur le ventre. Comme s'il se moquait de moi, à rire aux larmes  : « Tu vois le résultat ! ».

 

Je lui ai répondu, moi aussi dans un grand rire :  

 

 

« Oui, pour 45 euros d’économie ! ».

 

 

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Deogratias

29-06-2024

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Histoire terminée ! Merci à Deogratias.

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