Poème
On est Le jour où l’on naît. À partir du premier grand cri, Joyeux, furieux, on avance au hasard Merveilleuse insouciance des petits cultivars. On se perd, on repart, en avant, ou en arrière Guidé, inconsciemment, par des barrières. Le ciel est bleu, c’est qu’il doit être bleu. On avance en groupe, seul ou à deux. S’il est gris, c’est qu’il doit être gris Pas d’angoisse ou de parti pris. Nos guides permanents Ce sont nos parents Papa et maman Papa et Papa Maman et maman. C’est le temps où nou...
Poème
Intime évidence Comme une intime évidence, Mêlée à une future souffrance, Depuis si longtemps dure cette floraison Que nous abordons avec passion. Le sentiment d’éternité qui m’incombe en cette compagnie Est soudain complètement altéré par des au revoir qui m’ennuient. Un jour, je devrais renoncer par respect et dévotion ; Pourtant, en mon fort intérieur, cela semble ma destination. Complètement déroutée par cette sublime errance, Inexorablement, je laisse venir à nous la fin de cette espéran...
Poème
L’après Ensemble, ne faisant qu’un, L’instant d’après, tu es si loin. Les heures deviennent des secondes en ta présence, Mais les secondes, des heures dans tes silences. Dans tes bras, je me sens unique, Forte… Tu me donnes l’impression d’être une reine. Mais l’instant suivant, quand tu me quittes, Je ne suis plus rien. Comme vide, sans valeur, N’apportant que de la peine. Dans le présent partagé, tout me paraît clair. C’est une évidence : Nous sommes là où nous devons être. Mais est plus som...
Article
James Bond occupe une place singulière dans la culture contemporaine, au point d’être devenu bien plus qu’un simple personnage de fiction. Il est à la fois une création littéraire, une icône cinématographique et un miroir des tensions politiques et sociales de son époque. Né sous la plume de Ian Fleming, il s’inscrit dès l’origine dans un contexte historique précis, celui de l’après-guerre et de la guerre froide naissante. L’auteur, issu de la bourgeoisie britannique et ayant eu une expérienc...
Histoire Très Courte
La mer, les nuages et le soleil s’offrent à mes yeux dans un tableau coloré, une trilogie romantique digne de William Turner. « Pierre, il est temps de repartir » me rappelle ma sœur Isabelle, ma confidente du moment. Je me retourne et la regarde. Elle me prend la main et me ramène à la voiture. Je lui propose de prendre le volant mais elle refuse, invoquant son envie de conduire. Je suppose qu’elle veut me préserver car je suis fatigué par de longues nuits sans sommeil passées à ressasser l’...
Chanson & Slam ♪
Je suis parti chercher du pain Dans l’espoir de voir Mélanie La grand brune au sourire divin Qui travaille en boulangerie Mais elle avait oublié son sourire Il me fallu vite déguerpir Je devais laisser la place aux clients Plus jeunes, plus charmants Elle m a dit " dépêchez vous Vous êtes trop lent, trop mou Et je souris pas aujourd’hui D’ailleurs les sourires c’est fini " La Mélanie de mon imagination Avait disparu sans raison Je me suis retrouvé dépité De ne pas retrouver le sourire souhait...
Nouvelle
MacGuffin, un scénariste mythique d'Hollywood, a disparu des radars sans aucune raison apparente, au grand dam de son patron, le célèbre producteur américain de films à grand spectacle, Alistair Smith. Poussé par son associée Irina à prendre en charge cette affaire, Bob, un détective privé parisien, est mandaté pour en retrouver la trace et ramener l'impétrant au bercail dans ce qui semble au premier abord une mission facile.
Texte court
Il y a des gares qui restent en nous plus longtemps que certaines maisons. Elles gardent l’odeur du café brûlant, des journaux froissés et des départs qu’on n’a jamais vraiment acceptés. Moi, j’ai toujours aimé les trains, peut-être parce qu’ils ressemblent à la vie : ils traversent des paysages sans demander la permission aux regrets. Je me souviens d’un matin d’hiver où je regardais la buée sur une vitre entre Metz et Paris. Quelqu’un écoutait une vieille chanson dans des écouteurs qui gré...
Histoire Très Courte
Salut à vous mes amis, vous mes sœurs, vous mes frères Je veux vous réveiller, vous distraire avant de redevenir poussière Je vais sortir quelques tableaux joyeux de ma mémoire Et poser ici un regard qui nous sortira de l’actualité noire Récemment j’ai pris quelques fois le tram qui vient de Valencienne Mais à la sortie du lycée de l Escaut, souvent la rame est pleine Il faut se serrer, se tenir à une barre pour ne pas tomber Alors les jeunes rigolent, discutent, ils s’aiment d’amitié Ou, san...
Article
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique occupe une place à part dans l’histoire militaire en ayant engagé, de manière unique à cette échelle, des femmes dans des unités de combat aérien. Cette décision ne relève pas d’une simple ouverture symbolique mais d’une nécessité brutale liée aux pertes humaines massives après l’invasion allemande de 1941. Dans ce contexte, une aviatrice et navigatrice déjà célèbre, Marina Raskova, parvient à convaincre les autorités soviétiques de créer ...
Article
Vers une fraternité entre les personnes vulnérables 1. La limite sécurisante du jugement Il y a une tentation profondément ancrée en nous : croire que notre place dans le monde est le résultat de nos propres mérites, et que la chute des autres serait la conséquence logique de leurs erreurs. Ce sentiment rassure : il nous permet de dresser une claire démarcation entre eux et nous, entre ceux qui sont encore debout et ceux qui sont tombés. Pourtant, cette ligne de démarcation est éminemment pré...
Pause-Café
— Dis maman… pourquoi les gens regardent tout le temps leur téléphone comme ça, même en marchant ? — Ça, ce sont les réseaux sociaux. — Et ça sert à quoi ? — À parler aux autres, regarder des photos, des vidéos, et voir ce que font les gens. — Même les gens qu’on ne connaît pas ? — Oui, surtout eux parfois. — Mais pourquoi ? — Parce que ça attire l’attention. C’est rapide, ça change tout le temps. — Donc les gens regardent la vie des autres au lieu de la leur ? — Parfois… oui. — Et c’est bien...
Chronique
Dès les premières pages, le texte impose une atmosphère singulière : celle d’un monde où la liberté semble contenue dans des frontières invisibles. L’écriture de Céline Coulon épouse cette tension permanente entre l’élan vital et l’enfermement. Les personnages évoluent dans un espace où la nature est omniprésente, mais jamais totalement apaisante. Elle nourrit, elle enferme, elle observe. Le roman explore la construction intime des êtres, notamment à travers l’adolescence d’Émilienne, marquée...
Chanson & Slam ♪
Chanté par un homme D’abord je vais lui dire chérie je ne veux plus entendre tes raisons Et puis je dirais je t’en prie Ne me refuse pas, t’es ma passion, Est-ce une maladie ordinaire Un mari qui a des érections J’essaierai de trouver les mots Mais comment dire ce que je ressens Ce que je sens n’est pas nouveau Je te veux depuis longtemps Je ne suis pas préoccupé Par les fesses et les seins des filles Dans mes rêves t’es ma bien aimée Que j’embrasses et que je déshabilles Est-ce une maladie o...
Article
Il fut un temps où les gendarmes français étaient indissociables d'un signe bien distinctif. Leur uniforme ? Pas seulement. Leur fâcheuse tendance à mettre des PV à tout va ? De nos jours peut-être, mais pas au XIXe siècle. Non, il faut plutôt regarder du côté de la pilosité. Pendant plus d'un siècle, la gendarmerie nationale a en effet entretenu un rapport pour le moins singulier à… la moustache. Tantôt boudée, parfois codifiée avec une précision presque militaire, ce qui n’a rien d’étonnant...
Poème
Les rayons du soleil illuminent mon univers, réchauffent mon corps et mon cœur. Je suis heureux car je respire encore dans ce monde. Je suis heureux car mon corps, malgré les années, me porte et me tient. Je suis heureux car je n’ai pas tout, mais j’ai l’essentiel. Je suis heureux car j’aime et je suis aimé. Je suis heureux. Mon cœur est en paix. Je ne hais personne. Je suis heureux car je savoure le soleil sur mon visage, comme un bain quotidien. Je suis heureux car les oiseaux chantent la v...
Poème
Je fredonne au vent cette vieille ritournelle, Quand l’hiver mord la terre de son haleine cruelle, Je fredonne au vent cette humble étincelle, Pour réveiller en silence un printemps qui sommeille. Sous le ciel sans voix où frissonne la plaine, Je marche seul, le cœur serré de peine, Cherchant dans les bois, mes frères, un peu de feu, De quoi tenir debout, de quoi croire encore un peu. La neige garde trace de mes pas égarés, Comme les jours passés que nul ne peut rattraper, Mes doigts engourdi...
Histoire Très Courte
Joe déambulait dans la grande rue, ne sachant pas trop quoi faire de sa journée. Le bar de Moe n’ouvrait qu’à cinq heures et les salles de rêverie affichaient déjà complet. Il aperçut un petit bonhomme tout fripé, assis sur un banc public. Joe pensa que taper la causette l’occuperait bien cinq minutes. Ce serait mieux que rien. Il se dirigea vers son futur nouveau copain. - Salut, moi c’est Joe ! - Bonjour Joe ! Je m’appelle Sigmund. - Vous faites quoi, là, Sigmund ? - Je médite, Joe. Et vous...
Texte
Vous permettez que je vous tutoie, Vous, notre mère Nature, religion de tous les hommes qui ont la foi Tu as pris tes plus beaux pinceaux et tes plus belles couleurs Pour peindre notre tableau BLEU Tu as peint les mers et les océans de ton bleu profond Avec en ligne de mire ton bleu horizon Tu as peint le ciel azur, turquoise avec sa nuit étoilée, dans la voie lactée Au petit matin, on peut y voir voler, sarcelles, canards Autres oiseaux qui volent dans le ciel Au sol resteront les paons, ce...
Article
Quand le 1er mai devint le théâtre d’une tragédie ouvrière Il est des dates qui, sans être immédiatement inscrites dans la mémoire nationale, continuent de brûler dans les marges de l’histoire. Le 1er mai 1891, à Fourmies, appartient à ces journées où le temps semble se suspendre, avant de basculer dans l’irréparable. Ce jour-là, ce ne sont pas seulement des coups de feu qui retentissent : c’est une fracture sociale qui éclate au grand jour, révélant la violence latente d’une société industr...
Chronique
Mes forêts est un recueil de poésie publié par Hélène Dorion en 2021, qui occupe une place importante dans son oeuvre et dans la poésie francophone contemporaine. Ce livre propose une écriture à la fois simple et profondément méditative, où la forêt devient bien plus qu’un paysage : elle devient un espace intérieur. Dans ce recueil, la forêt n’est pas seulement un décor naturel, mais un lieu de réflexion sur le temps, la mémoire, la fragilité de la vie et la place de l’humain dans le monde. ...
Sketch
Je vais tenter de répondre bien modestement à la question que tout le monde se posait à une époque. — Dis papa, c'est quoi cette bouteille de lait ? (Papa prend son téléphone, batterie 30%) — Attends, je vais demander à mon pote Claude(IA)… Voilà. Jusqu'au XIXe siècle, pour acheter du lait cru on se rendait directement à la ferme ou la crémerie avec une bouteille ou un pot, le fermier plongeait sa louche dans une boille, récipient métallique servant au transport du lait, et il te servait. J'...
Chanson & Slam ♪
Dites moi où est Anaïs ? Blonde et belle comme une sirène Aux beaux yeux couleur iris Qui me séduisit en sixième Danièle, à qui j’eus voulu dire je t’aime Pour son beau sourire charmant Une beauté qui jamais fut mienne Mais où sont mes belles d’antan ? Une beauté qui jamais fut mienne Mais où sont mes belles d’antan ? Où est la très gracieuse Alice ? Infirmière à l’hosto au cinquième Qui montrait ses très jolies cuisses Pour autant que je m’en souvienne De même où est Germaine ? Qui déniaisa ...
Poème
Je vogue au gré des vagues, sans chercher le rivage. Mon cœur se pose là où le silence habite. Je vogue au gré des mots : ils viennent sans prévenir, je les laisse me traverser, rien ne cherche à les retenir. Je vogue au gré des maux : ils creusent en silence et laissent sur mon passage des blessures sans défense. Je vogue au gré des rêves : ils ouvrent des passages entre ce qui est là et ce que je pressens. Je vogue au gré du vent qui gonfle mes voiles et m’emporte sans bruit là où je ne déc...
Poème
Les enfants scandent des mots biscornus dans une langue inconnue. Ils chantent le dieu de la forêt. Je perçois leur espoir et me sens oppressé. La lumière du jour force mes pupilles désormais trop étroites. Ma peau se couvre d’une gangue chaude et mousseuse. Je transpire une glaise visqueuse. Les enfants me regardent. Leurs yeux sont gris cendrés. Je vois le lac primordial dont les Anciens parlaient. Suis-je le fils de l’eau, de l’air, de la terre et du feu ? Je crie ma question alentour mais...