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"Vous avez dit belles soeurs ?" est un texte détente mis en ligne par "Marjoline".. Venez publier un texte détente !
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Je n'ai jamais écrit dans ce genre , j'éspère que ça va vous plaire à vous et à Jenny qui me l'a conseillé !
Vous avez dit belles sœurs ? A fouiller dans ce sac qui est censé être mes souvenirs avec ma belle-famille, lesquels choisir parmi tous les problèmes qu’elle m’a offerts ? Par quoi commencer ? Par les récents ou bien par les vieux ? Ah ! Ces belles-sœurs ! les Français les ont appelées ainsi parce qu’en fait, elles sont belles, trop belles même ! Se marier semble devenir synonyme de jouer à la loterie, surtout au Maroc, où épouser un homme veut dire « épouser » sa mère, son père, ses frères et sœurs ! La mariée doit donc avoir la bénédiction de tous ces membres. Au commencement de ma vie conjugale, c'est-à-dire il y’a vingt deux ans quand certaines de mes collègues me demandaient comment était ma relation avec mes belles-sœurs : « très bonne ! » je répondais ! Mes collègues, pensant que je m’abstenais de leur parler des choses discrètes en doutaient. « Ah, ah ! me répliquaient-elles, la belle-sœur est une diablesse, elle est comme un vers ! (traduction en arabe de « Loussa kif ssoussa ! » avec toute la connotation péjorative que peut avoir un vers .) Je m’estimais la plus heureuse du monde : les problèmes avec les belles-sœurs ne me cherchaient pas... « La femme ne tolère pas la femme, sa fille ? ça reste à voir ! »* Imaginez une jeune et belle épouse – d’après les dires des gens – de vingt trois ans et quatre belles sœurs qui ont l’âge de sa mère, à l’exception de la cadette, qui était son aînée d’un an ! J’ai oublié de vous présenter ma belle-famille : ma belle-mère se nommait Lala Rekia. Fatma, Rahma, Aicha et Rabiaa, sont les sœurs respectueuses de mon mari ! Heureusement que nous ne vivions pas sous le même toit !!! C’était seulement pendant les vacances que nous nous viiiiiiiimes ! Cela ce passait à Moussaoua, un village aux alentours de Zerhoune qui tient son nom, parait-il, du marabout Sidi Moussa. C’était chez mes grands-parents, pendant la première semaine du mariage. Je passais ma « Lune de miel » en famille, la famille de mon mari : la vogue n’était pas encore les hôtels de quatre ou cinq étoiles à Agadir ou à Marrakech par exemple( pour les classes pauvres en tout cas !) Un jour, après le petit déjeuner, j’ai demandé à la cadette Rabiaa (si seulement je ne l’avais pas fait ) : - Comment dois-je appeler tes sœurs ? Je voulais insinuer par là qu’elles sont plus âgées que moi et que c’était indécent (n’est-ce pas ?) voir impoli de les appeler par leur nom tout court. -Ecoute ! Ta belle-mère tu vas l’appeler « Lala », Fatma : Lala Touria, Rahma : Lala Anass, Aicha : Lala Aicha et moi seulement « Rouibiaa » (diminutif de Rabiaa) ! a-t-elle tranché en esquissant un sourire ! Je bouillonnais, je n’osais pas dire un seul mot ! C’était une corde que je me suis nouée autour du cou ! Une autre à ma place n’aurait pas posé cette question combien saugrenue ! A la rigueur, ma belle-mère, je l’appelais « Lala Rekia » , des fois , rarement et quand l’occasion s’y prêtait. Mais les belles-sisters, jamais, jamais, jamais ! Et je ne le regrette pas ! Jamais je n’aurais accepté ce genre de servitude, d’esclavage , (parce que « Lala » est un titre de noblesse en arabe que devait proférer les esclaves en s’adressant à leur maîtresse ). Or je n’en étais pas une ! Et pour rien au monde, je... ! Je n’aurais jamais accepté ce genre de servitude parce que cela suppose qu’il y a une supériorité des belles-sisters et parce que cela scandait mon infériorité, mon esclavage ! Depuis quand le mariage rime-il avec la servitude, avec l'esclavage ? « Depuis quand esclavage-t-on les gens alors qu’ils sont nés libres du ventre de leurs mères ?** » Histoire de prestige, de supériorité de la famille du mari ! Elles t’ont donné leur frère, leur unique frère, elles t’ont acceptée comme son épouse et toi tu ne veux pas les rebaptiser, changer leur prénom, tu ne veux pas les appeler « Lala » ? Non, elles ne m’ont rien donné ! C’est leur frère qui m’a choisie, je sais que je ne suis pas la mariée dont elles rêvaient ni à laquelle elles s’attendaient : je suis la révoltée, la rebelle. Pourtant, j’ai tout fait pour leur plaire. Mon unique défaut, mon unique tare est, je l’avoue, la franchise, la droiture : je n’étais pas assez maline pour connaître tous les rouages de la société, pour me marier à cet âge ! Elles ne m’ont jamais considérée comme la leur, elles me prennent pour l’étrangère jusqu’à nos jours, étrangère à leur clan, à leur tribu, à leur façon de penser. Sans elles, je n'aurais jamais saisi qu'il y’a une forme plus grave encore du racisme : le fait de se sentir étranger parmi les siens . J’étais une « Djeblia » (La fille du Jbel, c'est-à-dire de la montagne !) quoique je suis née sur la même terre, quoique je parle la même langue, quoique je suis de la même religion qu’elles. Pourquoi donc tant d’aversion ? Je raconte cet incident avec sincérité selon mon optique, selon la leur je ne peux trancher sur ce qu’elles en pensent, de ma part je leur pardonne . Me pardonneraient-elles pour autant ? Tout être humain est faillible, je ne m’innocente pas. Des fautes à leurs égards, j’en ai commises moi aussi !
Avec toutes mes excuses aux belles sœurs du monde !!
*= Traduction personnelle d’un adage en arabe ! **=Traduction personnelle d’une citation de « Omar Ibne El khatabe »
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Vous avez dit belles soeurs ?
n'appartient à aucun recueil
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Texte terminé ! Merci à Marjoline. |
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