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Philippe Garnier Détective Privé - Roman

Roman "Philippe Garnier Détective Privé" est un roman mis en ligne par "Donald Ghautier".. Rejoignez la communauté de "De Plume En Plume" et suivez les mésaventures de Philippe Garnier, Mélanie Royer, Hubert Boulon de la Visse, Caroline Damberg, Christian van Heuvel, Marjanna Hansen et cie...

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Philippe Garnier Détective Privé

Petit Polar

Philippe Garnier est un détective privé qui travaille pour la célèbre firme internationale Pinkerton. En cette fin de vingt et unième siècle, alors que l'être humain voyage dans l'espace et colonise des mondes extra-solaires, le métier de détective privé reste toujours rentable quand il s'agit de motifs aussi primaires que la jalousie, le sexe ou l’appât du gain; sa dernière enquête confirme ce postulat et lui rajoute la vengeance. Un plat qui se mange décidément très froid.

Chapitre Un: Philippe Garnier

Philippe Garnier était détective privé. Il travaillait pour le bureau français de la célèbre firme internationale Pinkerton, connue depuis le dix-neuvième siècle aux États Unis d’Amérique et au-delà. La vocation n’expliquait pas à elle seule cette carrière longue d’une douzaine d’années. Son parcours restait classique : né au milieu du siècle d’un père haut fonctionnaire en charge des transports en commun et d’une mère pharmacienne, fils unique, il avait traversé sa scolarité sans faire de vagues pour terminer avec un diplôme universitaire en physique des particules. Muni d’un tel sésame ni prestigieux ni insignifiant, il aurait pu s’orienter vers la recherche scientifique ou l’ingénierie pour bien gagner sa vie mais il en avait décidé autrement. Depuis sa plus tendre enfance, il nourrissait son esprit de lectures et de séries télévisées toutes focalisées sur un seul et même genre : l’investigation policière. En bon esprit logique il s’était ensuite dirigé dans cette voie en passant de complexes concours afin d’intégrer l’unité scientifique de la police nationale en plein cœur de Paris.

Philippe Garnier avait réussi dans cette carrière. Gravissant un à un les échelons, il était passé de laborantin anonyme à enquêteur principal, le tout en moins d’une dizaine d’années. Philippe Garnier avait eu la chance de travailler avec les meilleurs : la section criminelle française célèbre en son temps quand elle se situait au Quai des Orfèvres, la police internationale autrefois plus connue sous le nom d’Interpol et enfin le très controversé Bureau Fédéral d’Investigation américain. Personne ne contestait sa compétence mais pour autant il ne brillait pas sous les feux de la rampe. En fait, Philippe Garnier ne se faisait pas remarquer, préférant les résultats aux effets de manche. Il s’était construit de solides amitiés avec des policiers de tous bords et de différentes nationalités, trop heureux de savoir qu’il existait encore des enquêteurs scientifiques capables d’aller sur le terrain et de détecter le bon indice sans échafauder de théorie fumeuse. 

Philippe Garnier usait de discrétion parce qu’elle lui donnait les moyens d’approfondir ses recherches, de suivre ses intuitions et de contourner le lourd protocole administratif dont s’était affublé le service auquel il appartenait. Il laissait à sa hiérarchie le soin de récolter les lauriers de ses découvertes et de les habiller d’un peu de sensationnel. Quand il était devenu enquêteur principal, il avait continué à appliquer ces principes car il n’ambitionnait pas à diriger une équipe d’investigation ou un laboratoire d’analyses. Résoudre des énigmes avec de la science et du bon sens paysan, c’était la seule occupation qui lui procurait réellement du plaisir.

Un jour, après une enquête particulièrement ardue pendant laquelle il avait réussi à contourner tous les obstacles, il avait été approché par les recruteurs de Pinkerton. Ceux-ci lui avaient vendu le métier de détective privé avec des arguments qu’il ne pouvait pas réfuter : un excellent salaire, une marque connue, des moyens interplanétaires, peu d’administratif et un véritable travail de terrain dans le monde réel, loin des éprouvettes et des centrifugeuses. 

Philippe Garnier n’avait pas hésité une minute. Il avait accepté l’offre de la compagnie. Ses premières enquêtes au sein de la filiale française sise à Paris s’étaient déroulées sous la houlette d’un superviseur. Il avait au préalable suivi un cycle complet de formation aux techniques d’investigation les plus modernes, de la psychologie criminelle aux techniques de l’information en passant par la cryptologie. 

Philippe Garnier disposait d’une qualité essentielle dans ce métier : il emportait facilement la confiance de ses interlocuteurs grâce à son physique banal d’honnête citoyen et sa vive intelligence agrémentée d’une forte empathie naturelle. La majorité des cas qui lui étaient confiés concernaient des affaires privées. Il enquêtait sur des maris présumés volages, des femmes supposées infidèles, des associés souvent malhonnêtes ou des concurrents un peu trop curieux. Contrairement à son expérience précédente il ne travaillait pas sur des crimes de sang ou des délits d’envergure internationale. Pour ces situations extrêmes, l’agence Pinkerton disposait d’une équipe spécialisée composée de fins limiers issus des sections criminelles des polices d’état.

En cette fin de vingt et unième siècle, alors que l’être humain voyageait dans l’espace et colonisait des mondes extrasolaires, le métier de détective privé restait toujours rentable quand il s’agissait de motifs aussi primaires que la jalousie, le sexe ou l’appât du gain. C’était la raison première qui avait conduit Philippe Garnier à un célibat volontaire. Il voyait assez de mesquineries pendant ses heures de travail pour en supporter d’autres une fois rentré à la maison. Ses parents et ses amis avaient fait leur deuil de lui trouver l’âme sœur, de vivre une existence simple de bourgeois parisien.

Chapitre Deux: Caroline Damberg

Philippe Garnier relisait tranquillement les notes de sa dernière filature quand son assistante Mélanie Royer l’appela sur la ligne intérieure.

– Philippe, madame Caroline Damberg est dans les locaux. Elle demande à vous voir. Cette cliente n’a pas de rendez-vous mais est envoyée par la maison mère européenne.

– Faites-la patienter cinq minutes. Ensuite envoyez-la-moi.

Le détective se demanda ce qui pouvait motiver une telle visite. Caroline Damberg n’était pas n’importe qui. Elle avait fait les premières pages des journaux nationaux un an auparavant quand son mari avait subitement disparu sans raison apparente. Corentin Thomas, l’époux disparu, et Caroline Damberg étaient à la tête d’une société cotée en bourse, spécialisée dans la peinture moderne. Âgé d’une quarantaine d’années à l’époque des faits, Corentin Thomas avait pris le chemin de son bureau situé en plein boulevard Haussmann de bon matin comme à son habitude. Depuis, plus personne ne l’avait jamais revu. 

La police criminelle parisienne avait pris l’affaire en main, dépêchant ses meilleurs inspecteurs dans une enquête où aucune piste n’avait été négligée. La piste de l’enlèvement avait été privilégiée en première approche mais aucune demande de rançon n’avait été émise et nul ravisseur n’avait donné signe de vie. La thèse du suicide avait été également envisagée mais aucun corps n’avait fait surface malgré la débauche de moyens mis en œuvre. Après une douzaine de mois d’investigation approfondie le dossier avait été classé sans suite malgré les pressions exercées par la famille Damberg sur le Ministre de l’Intérieur et la préfecture de police. Il se racontait même que Caroline Damberg avait engagé une agence d’investigateurs privés en parallèle de l’enquête officielle. En vain. Corentin Thomas semblait avoir disparu de la surface de la Terre.

Philippe Garnier était encore plongé dans les souvenirs de ce fait divers quand Mélanie Royer frappa à sa porte. Il appuya sur le bouton de sécurité puis déverrouilla l’entrée de son bureau. Caroline Damberg fit son apparition sans se préoccuper outre mesure de l’assistante.

– Vous pouvez nous laisser, Mélanie. Je m’occupe de madame Damberg.

– Bonjour madame, que me vaut l’honneur de votre présence en ces lieux ?

– Vous devez retrouver mon mari.

Le détective privé ne s’attendait pas à une autre demande. Il convia Caroline Damberg à s’asseoir et lui proposa une boisson, chaude ou froide, à sa convenance. Il n’obtint en guise de réponse qu’une moue dédaigneuse et un regard hautain.

La richissime experte en arts plastiques confirmait sa réputation. Philippe Garnier en avait entendu des vertes et des pas mûres sur les caprices de la famille Damberg et surtout de sa fille prodigue. Tous les enquêteurs mêlés de près ou de loin au dossier Corentin Thomas avaient connu au moins une fois les affres de la pression exercée par leur hiérarchie pour obtenir un semblant de résultat. Les médias en avaient rajouté des tonnes dans leur quête permanente de sensationnel. Avec Caroline Damberg, ils avaient trouvé le produit idéal pour vendre de l’information futile et non vérifiée à des millions de lecteurs. 

La fière quadragénaire correspondait exactement au profil type qui fascinait les ménagères de moins de cinquante ans et excitait leurs maris. Une très belle et riche femme au succès indéniable, amie des grands artistes de ce monde, voyait son univers luxueux s’écrouler avec la mystérieuse disparition de son époux. Les plus improbables hypothèses avaient croisé les thèses les plus farfelues : certains prétendaient qu’elle avait assassiné son mari qui la trompait supposément avec une actrice célèbre, d’autres affirmaient que son époux était parti avec un jeune homme quelque part entre le Système d’Aldéraban et la Constellation du Poulpe. Philippe ne comptait plus les innombrables versions de la théorie du complot qui avaient émaillé les unes des journaux.

Il décida de la laisser expliquer les raisons de sa requête alors que le cas était clos pour les autorités et que ce mystère risquait de rester non élucidé.

– Vous n’êtes pas sans savoir que mon mari a disparu il y a plus d’un an. Personne n’a une once de piste à ce sujet.

– Oui, madame Damberg, j’ai suivi cette enquête dans les grandes lignes par voie de presse essentiellement.

– Ce qu’en ont raconté les journalistes ne m’intéresse pas. Leur métier est d’occuper les foules avec des racontars au lieu de les informer. Il y a eu trop de bruit médiatique sur la disparition de mon époux. Il est inutile d’en rajouter. Ce n’est pas là mon propos.

– Avez-vous déjà fait appel à une agence privée d’investigation auparavant ?

– J’ai mandaté, dès le début de l’enquête officielle, une équipe de détective de chez vos concurrents.

– Quelles en ont été les conclusions ?

– Les mêmes que celles des autorités c’est-à-dire un ensemble confus d’hypothèses toutes aussi impossibles les unes que les autres dont je ne ferais pas ici la synthèse. Tout est à reprendre. Je souhaite apporter un regard neuf, plus scientifique. C’est la raison qui m’amène à vous solliciter sur le conseil d’un proche qui a déjà travaillé avec vous. Je n’en dirai pas plus.

– J’en déduis que vous souhaitez que je reprenne les investigations à partir de zéro.

– Vous avez tout compris. Votre prix sera le mien. Je peux tout entendre sauf les sempiternelles phrases toutes faites propres aux incompétents.

– Pour ce qui est du prix, il va être élevé. Je compte engager des moyens autrement plus efficaces que ceux de la concurrence. En ce qui concerne la transparence c’est ma marque de fabrique et la raison essentielle qui m’a fait quitter la police nationale pour rejoindre la compagnie Pinkerton. J’attends néanmoins de votre part la réciprocité en la matière. Je ne tiens pas à déterrer des cadavres dont vous connaîtriez l’existence. La confiance est le moteur premier de ce type d’enquête.

– Nous sommes en phase.

Le reste de la réunion s’avéra plus cordial malgré la distance que Caroline Damberg tenait toujours à conserver avec le petit peuple. Elle avait besoin de Philippe Garnier, ce qui impliquait qu’elle suivrait à la lettre ses préconisations. Le détective fixa les règles du jeu entre les deux parties : d’abord il ne reporterait qu’à elle et n’aurait pas d’intermédiaire, ensuite elle lui donnerait accès à toutes les informations même les plus intimes, enfin elle tiendrait secrète cette réouverture de l’enquête. Caroline Damberg accepta sur tous les points, n’imposant aucune contrepartie. Elle lui concéda une avance de fonds conséquente et s’engagea à lui ouvrir un compte pour les frais engagés. Philippe Garnier avait les moyens de travailler sérieusement sans se préoccuper des détails financiers et de la diplomatie.

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Auteur

Blog

Donald Ghautier

27-08-2014

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Philippe Garnier Détective Privé n'appartient à aucun recueil

 

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