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Neurotransmetteur chimique - Poème

Poème "Neurotransmetteur chimique" est un poème mis en ligne par "Hannie".non classique, moderne, libre, prose poétique...

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Neurotransmetteur chimique

 

Je suis bipolaire et on dit aussi cyclothymique,

Ou encore maniaco-dépressif mais c’est très laid !

Vous voyez bien que c’est tout de suite la panique !

Je préfère donc parler de ma mignonne « bipolarité ».

 

J’ai des down où je tombe vraiment en dépression,

J’ai des up où je me sens totalement toute puissante,

J’ai des périodes sans énergie, ni passion,

Et d’autres pleines d’envies qui m’enchantent.

 

Y’a des tas de formes de bipolarité,

Je le suis à chaque instant, ça rassure…

Mais j’ai déjà connu la T.S. et l’H.P.

Je ne veux plus revivre tout ça, pour sûr.

 

Alors je soigne ma bipolarité avec des psy,

Que je vois en rdv planifiés régulièrement,

Je prends aussi des cachetons, c’est ma chimie,

Ma pharmacie en est fournie, j’en ris doucement…

 

Parfois, enfin bon, j’en pleure aussi,

Et quand je pleure, je pleure pour de vrai.

C’est très handicapant de vivre ainsi,

Toujours entre haut et bas, entre deux excès.

 

Lait sur le feu, je suis sous surveillance,

Je l’accepte docilement et activement,

Des deux maux, les crises ou la vigilance,

J’ai choisi la vie, sous contrôle, médicalement.

 

Commençons par ma mélancolie,

Par elle s’est manifestée ma biologie,

Signe précurseur de ma particularité,

Mes accès d’humeur, ma bipolarité.

 

Hippocrate disait que la mélancolie

Était de la « bile noire propre au génie ».

Je me sens bien trop souvent mélancolique

Et incapable de vivre, voilà le hic !

C’est une tristesse qui me colle à la peau,

Un ennui et une nostalgie vains et pas beaux.

On me parle alors d’une vraie « dépression »

Je ne le sens pas, ce n’est pas mon impression.

 

Ah ! toi, mélancolie quand tu me tiens,

Je ne ressens plus rien qui soit bien.

Ah ! toi, mélancolie quand tu me tiens,

La tristesse et l’ennui deviennent miens.

 

Hypocrite, je fais comme tout le monde,

Je fais semblant de vivre, j’entre dans la ronde.

Je cache mon ennui de tout et ma tristesse,

Et je tais aux autres tout ce qui me blesse,

Je joue la comédie du non senti qui ment

Pour éviter les foudres de leur ressentiment.

Et je cherche chaque instant comment vivre,

Comme les autres, je voudrais, à en être ivre.

 

Ah ! toi, mélancolie quand tu me tiens,

Je ne ressens plus rien qui soit bien.

Ah ! toi, mélancolie quand tu me tiens,

La tristesse et l’ennui deviennent miens.

 

Impudique, je puis de moi encor’ vous parler,

Je n’ai aucune honte, aucune peur assurément,

Les fous ne sont plus aujourd’hui internés,

Car on dit « hospitalisés » conventionnellement.

 

J’ai avec moi-même un contrat signé :

Celui de ne me dévoiler que partiellement.

Continuez jusqu’à en être écoeuré

Et parlons de ma copine, la fatigue.

 

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Ah ! si vous saviez combien ça me pèse.

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Faut-il que je vous le crie ou que je me taise ?

 

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Chaque pas est un acte fortement obligé.

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Il y a ceux qui sont dans le besoin, je sais.

 

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Mais, pour eux tous les jours, encore, je me lève.

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Et je continue sans ardeur et sans sève.

 

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Je ne vous parlerai pas de ma tristesse.

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Je tairai tout ce qui tous les jours me blesse.

 

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Mais je sais que ce serait vraiment indécent

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

De me plaindre avec de vers jetés au vent,

 

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Alors pour ne pas vous lasser davantage,

Je me sens tellement, tellement fatiguée,

Je vous dirais encore un seul mot : ma rage…

 

De plus en plus libre et libérée,

À l’exception de mon traitement,

À l’image de ces mots ici couchés,

Bien planquée électroniquement.

 

Je veux évoquer ici et maintenant,

Une de mes plus grandes peurs

L’Angoisse écrite avec un A en grand.

La négliger serait une imbécile erreur !

 

Elle monte sans crier gare,

Te torture tel un barbare,

Elle te tord le ventre,

C’est là qu’est son antre.

 

Elle t’envahit ensuite,

Pour toi, plus de fuite.

Elle te serre à la gorge,

Elle prend toutes tes forces,

 

Elle t’embrouille les idées

Tu ne sais plus ce que tu fais…

Ta voix se met à trembler,

Tes mains l’ont imitée.

 

Quelque chose cherche à sortir

De ton corps qui ne sait mentir…

Tu hésites entre pleurer

Ou te mettre à hurler !

 

Oui, respirer calmement,

Mais de quelle façon, comment ?!

Subir est impossible

Une douleur aussi indicible.

 

Je voyage dans la vie avec un anxiolytique

Destiné à calmer mes peurs cyclothymiques.

Impossible de prévoir quand elles arrivent

M’emportant dans une mer déchaînée sans rives.

 

Mais voilà, je suis déjà lassée de tant de noirceurs,

Et si je vous racontais un peu de mes douceurs ?

Le bonheur saurait – il éveiller votre curiosité ?

Un jour en pâture, certainement, je vous le livrerai.

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Auteur

Blog

Hannie

03-07-2016

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Neurotransmetteur chimique appartient au recueil D'ici et d'ailleurs, inclassable et atypique

 

Poème terminé ! Merci à Hannie.

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