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Les desseins d'un trio unique - Scénario ou Pièce de théâtre

Scénario ou Pièce de théâtre "Les desseins d'un trio unique" est un scénario ou pièce de théâtre mis en ligne par "Raymond Luob"..

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LES DESSEINS

D'UN TRIO UNIQUE

Théâtre magique

ou

Magie théâtrale ?

Le décor

Côté cour : un petit bureau et une chaise.

Sur le bureau : un chapeau et un journal.

Côté jardin : un escabeau.

Les personnages

La Baronne / le Petit Vieux / le Professeur

Gaëtan (le magicien)

Cléo (nièce du magicien)

Première partie

La noble cause

Cordes coupées (intermède)

Deuxième partie

Le petit vieux débine

Journal déchiré / reconstitué (intermède)

Troisième partie

Le professeur fou

Le Samu

Préambule

À l'origine j'avais écrit ce scénario pour un spectacle où j'étais seul en scène.

Il y a quelques mois, une amie – non magicienne – m'avait demandé de lui écrire un "one woman show". Un vrai défi ! Hélas, je me suis rapidement aperçu que, mis à part les textes de mes propres prestations, j'étais incapable d'imaginer un "stand up" pour quelqu'un d'autre. Chacun ses limites ! Je lui ai donc proposé de partager la scène ; ce qu'elle a accepté. J'ai donc réécrit mon texte, et ajouté une deuxième luronne (ma fille) pour permettre à l'actrice principale de se changer entre deux sketchs, et moi, de me désaltérer en coulisse.

Pour des raisons de disponibilité, notre projet est resté... un projet. Néanmoins, je profite de l'opportunité qu'offre DPP pour faire découvrir mon goût du mélange des genres (théâtre et magie). Bien entendu, pour ne pas dévoiler certains "trucs", j'ai dû revoir quelques didascalies.

Pour résumer la chose : il n'y a pas d'intrigue ! Juste un vieux gamin qui s'est amusé à imaginer des situations cocasses autour d'une personne qui interprète trois personnages différents. Pour être tout à fait honnête, deux gags (je les ai soulignés) m'ont été suggérés par un ami magicien qui, en matière de magie et de mise en scène, possède un sérieux bagage et une grande expérience.

Première partie

La noble cause

À l'ouverture du rideau, la baronne est juchée sur un escabeau, en train de poser une dernière pince à linge sur un paravent.

La baronne : Mais non, c'est trop tôt ! Qui a levé le rideau ? Excusez-moi, je reviens tout de suite.

Elle descend de l'escabeau, qu'elle ramène en coulisse, puis ôte sa blouse et sa casquette pour s'habiller en présentatrice.

Pendant sa courte absence, Gaëtan entre en scène.

Gaëtan : Bonsoir à tous ! Avant que ne commence la représentation, je voudrais faire une déclaration, ou plutôt une annonce. En effet, vous n'allez pas...

La baronne : Eh bien mon brave, non content d'être inutile et inaudible, vous vous permettez d'accaparer la scène. Allez mon ami, allez ! Ces gens du peuple, quel sans-gêne !

Bonsoir mesdames, bonsoir mesdemoiselles, bonsoir messieurs et la bise aux enfants. Ai-je omis quiconque ? Non ? Parfait ! Restez assis ! Je me présente : Marie-Charlotte de la Minaudière, baronne de la Bamboche du Trimard. Je suis confuse... Et toute retournée par un contretemps... Que dis-je, un contretemps ? Un sabotage ! Une grève, comme ils disent ; due à de mesquines questions d'argent. C'est d'un sordide !

Rendez-vous compte ! À cause d'une grève, non pas d'une certaine, mais de toutes les catégories du petit personnel, j'ai dû tout faire moi même. La déco, la sono...

La salle ! Vous avez vu la salle ? Elle est clean, quoi, non ? Eh bien, pour obtenir ce résultat, j'ai dû passer l'aspirateur. Comme une vulgaire ménagère socialiste. J'en frémis encore ! Restait les chaises ! Elles étaient diablement poussiéreuses. Mais grâce à vous, elles le sont beaucoup moins. La manucure, la maquilleuse : en grève ! L'habilleuse ? J'ai dû coudre des boutons de chemise moi-même.

Et pour couronner le tout – la truffe sur le caviar – j'ai dû cirer mes escarpins ! Moi, cirer des pompes ! On croit rêver, non ? Remarquez, j'aurais pu recruter sur place. Les cireurs de pompe, ce n'est pas ce qui manque. Et justement, puisque étant seule, la tâche ingrate m'incombe de vous présenter un spécimen du genre.

J'ai donc l'honneur – tu parles – de vous présenter – si tant est qu'il le soit ... présentable – un saltimbanque. Une sorte de magicien. La rumeur dit qu'il est à la magie... ce qu'un cheval de labour est à un pur sang. C'est vous dire ! Mesdames, messieurs : Gaëtan !

Gaëtan : (Il entre en scène.) Non, non !

La baronne : Plaît-il ? (Elle le dévisage avec un face-à-main en marquant sa surprise car elle ne connait pas le personnage qui vient d'entrer en scène.) À qui ai-je l'honneur ?

Gaëtan : Je...

La baronne : Ne me dites pas...

Gaëtan : Si !

La baronne : Incroyable ! Je suis toujours la dernière prévenue. Qui était au courant ? À part vous, bien sûr !

Gaëtan : Mais...

La baronne : De toute façon, qui que ce soit, personne ne me dit jamais rien dans cette fichue baraque.

Gaëtan lève un doigt pour attirer son attention, puis il désigne le public.

La baronne : Qu'y a-t-il ? Exprimez-vous, mon ami !

Gaëtan : Le public.

La baronne : Quoi, le public ?

Gaëtan : Il est là.

La baronne : Non ? Sans blague ! Et à qui croyez-vous donc que je parle depuis le début ?

Gaëtan : En lui tournant le dos ?

La baronne : Oui, bon ! (Semblant se reprendre, elle s'adresse au public.) Aussi ! Vous eussiez pu me prévenir, vous autres ! Car vous étiez au courant je présume. (À Gaëtan.) Vous ! Expliquez-moi !

Gaëtan : Gaëtan est souffrant. Il m'a donc demandé de le remplacer au pied levé.

La baronne : Pouviez pas le dire de suite ?

Gaëtan : Votre babillage m'en empêcha, baronne !

La baronne : Quelle impudence ! En d'autres temps, mes laquais vous eussent rossé, grossier personnage ! Républicain !

Gaëtan : Gaëtan m'avait pourtant prévenu...

La baronne : De quoi ?

Gaëtan : De votre caractère !

La baronne : (Ton hargneux.) Qu'est ce qu'il a mon caractère ?

Gaëtan : (Il prend le public à témoin.) C'est pas une réponse, ça ?

La baronne : Ah oui...? (Au public.) Vous avez compris, vous autres ? Moi non plus ! (À Gaëtan.) Qui diantre dois-je annoncer ?

Gaëtan : Ah, tout de même ! Ce n'est pas trop tôt ! Gaëtan !

La baronne : Ai-je bien ouï ? Vous vous gaussez, manant ! Ou, pour utiliser votre patois, vous vous foutez de moi ! C'est bien ça, hein ? Dire que j'étais de bonne humeur !

Gaëtan : Ah bon ? Qu'est-ce que ça doit être quand vous êtes en colère !

La baronne : Vous voulez tester ?

Gaëtan : Non, non !

La baronne : Alors ?

Gaëtan : Alors quoi ?

La baronne : Alors quoi, alors quoi ? ((Dit-elle en le singeant.) J'ai annoncé Gaëtan, et vous vous nommez Gaëtan. Où est la différence ?

Gaëtan : La différence ? Même si nous avons le même prénom, il se trouve que vous pensiez annoncer une autre personne.

La baronne : Non mais, vous divaguez, mon ami !

Gaëtan : Ah, permettez ! Vous avez présenté Gaëtan, pensant que j'étais le Gaëtan prévu. Mais moi je suis le Gaëtan présent, celui qui remplace le Gaëtan absent. Donc, je vous prie de m'annoncer. D'annoncer Gaëtan ! Vous sentez la nuance ?

La baronne : Oui, oui ! Je sens ! Je sens la moutarde qui monte, mais qui monte... En revanche, vous, je ne vous sens pas du tout ! Mesdames-messieurs, débrouillez-vous avec... ça ! Moi, je vais prendre une aspirine. Tchao !

Gaëtan : Dites! Je vous ai entendu tout à l'heure. C'est vous qui avez cousu les boutons de cette chemise ?

La baronne : (Elle réplique sans se retourner, en ayant un geste de la main par dessus l'épaule.) J'ai fait avec ce que j'avais. Si vous n'êtes pas content...

Gaëtan : Si, si ! Oh la la ! (Il montre sa chemise au public : les boutons sont tous différents.) Qu'est ce que je suis content !

La baronne : Mouais...

Gaëtan : Ouf ! Bon débarras !

La baronne : Je vous demande bien pardon ?

Gaëtan : Non, je disais « quel embarras », mon assistante n'est pas encore arrivée. Tant pis ! En l'attendant, je vais aller me désaltérer. (Il retourne en coulisse.)

Intermède

Cordes coupées

(J'ai repris ce sketch à un confrère magicien

qui présentait ce gag au cours

d'un spectacle auquel je participais.)

  • Ben si, je suis là ! À quoi y joue, Tonton ? J'arrive, il s'en va !

Bon, je me présente : je m'appelle Cloé ! Vous quoi ? Moi aussi je voulais devenir magicienne. Alors, dernièrement, mes amis m'ont demandé de leur faire un tour. Juste pour voir.

Est-ce que vous connaissez le tour de la corde coupée, puis raccommodée ? En fait, c'est très simple ; vous prenez une corde, une paire de ciseaux et vous la coupez en plusieurs endroits. (Elle mime ces différentes actions.) Ensuite, un geste magique (Mime.) et hop ! vous reconstituez la corde. Donc j'ai fait ce tour entre amis.

Elle se dirige vers le chapeau en faisant des mimiques qui indiquent que le résultat n'était peut-être pas celui escompté. Et elle en retire un amas de cordes nouées et enchevêtrées

  • Voilà comment, mesdames, messieurs, je suis devenue l'assistante de mon oncle Gaëtan.

Deuxième partie

Le petit vieux débine

Gaëtan : Merci Cléo. Pour le tour qui vient, je n'ai pas besoin de ton aide.

Bonsoir à tous. Après la brillante prestation que fit la baronne Machin-Chose, il me reste à vous présenter ce premier tour qui consiste...

À ce moment, un vieux monsieur, venu du public manifeste son mécontentement. Durant les répliques qui suivent, il se lève et se dirige vers la scène dans l'intention d'y rejoindre le magicien.

Petit Vieux : Qu'est-ce que c'est que ce soit-disant vendeur ? Où qu' t'as appris ton métier ? C'est quoi ce boniment à la gomme ?

Gaëtan : Mais monsieur...?

Petit Vieux : Mais c'est qu'il râlerait en plus !

Gaëtan : Voulez-vous bien rester à votre place, ou j'appelle la sécurité.

Petit Vieux : Ah oui ? Et elle est où la sécurité ? L'autre allumée l'a dit tout à l'heure...

Gaëtan : Je sais, tout le monde est en grève.

Petit Vieux : Y compris la sécurité !

Gaëtan : Hélas !

Petit Vieux : (Il monte sur scène.) Bon ! Voilà un problème de réglé. Tout d'abord... on dit bonjour !

Gaëtan : Mes respects, monsieur.

Petit Vieux : Tes respects, tu peux t'en faire un cataplasme pour mes rhumatismes. Donne-moi donc... Ah, bon sang, qu'est c'est qu'y m' faut à c' t heure ? La Berthe e' m' dit toujours... Qu'est-ce e' m dit la Berthe ?

Gaëtan : Elle vous dit « heureusement que tu as un cou, sinon ... »

Petit Vieux : Un cou ! Merci petit, c'est ça qu'y m' faut.

Gaëtan : Un cou ???

Petit Vieux : Non ! Une corde !

Gaëtan : Je ne vois pas le rapport.

Petit Vieux : Un cou, une corde ! (Il fait le geste de se pendre.)

Gaëtan : Vous voulez vous pendre ?

Petit Vieux : Mais il est malade ce mec ! Ça va pas la tête ? Plutôt crever ! Bon alors, ça vient cette corde ?

À ce moment, Gaëtan décide que la comédie a assez duré.

Gaëtan : Cléo ! Viens m'aider ! Il y a un fou sur scène.

Cléo : (Elle lui répond depuis la coulisse.) Je ne peux pas, la baronne m'en empêche ! Puis elle dit qu'elle le sait.

Gaëtan : Quoi donc ?

Cléo : Qu'il y a un fou sur scène

Gaëtan : Très drôle ! Bon, tant pis ! Je vais me débrouiller... seul, comme d'habitude. (Il sort la main de sa poche et montre un petit bout de corde au Petit Vieux.) C'est tout ce qu'il me reste.

Petit Vieux : Donne m'en trois mètres !

Gaëtan : (Il agite le bout de corde qu'il tient en main gauche.) Ou vous êtes sourd, ou vous êtes ...

Petit Vieux : Voilà ! C'est de la comme ça que je veux. Tu m'en mettras trois mètres.

Gaëtan : Non ! Il n'est pas sourd. Il est... (Il se tamponne la tempe.) Je viens de vous dire...

Petit Vieux : De me dire quoi, gamin ?

Gaëtan : Je vous signale que le "gamin" a la soixantaine... qui est comme vous, tiens !

Petit Vieux : C'est à dire ?

Gaëtan : Bien sonnée !

Petit Vieux : Mais qu'il est drôle ! Maintenant, arrange-toi comme tu veux, et file-moi... quoi déjà ? (Gaëtan lui désigne la corde.) Ah oui ! de la corde !

Gaëtan : Mais...

Petit Vieux : Oh, Bazu ! On est dans une boutique de cordes ou dans l'épicerie du coin ?

Gaëtan : Ni l'une ni l'autre ! Je vous signale que vous êtes sur une scène.

Petit Vieux : À d'autres ! Je me suis renseigné à l'entrée du magasin...

Gaëtan : Du magasin ?

Petit Vieux : M'interromps pas ! Donc, à l'entrée on m'a dit qu'il allait y avoir un vendeur de cordes qu'allait venir. Faut pas m' la faire à moi, p'tit gars !

Gaëtan : Bon ! (Fataliste, il déroule la corde de la main droite tout en portant la gauche au niveau de l'épaule gauche, trois fois de suite.) Les voilà, vos 3 mètres! (Il jette la corde au Petit Vieux, qui l'attrape.)

Petit Vieux : Tu vois quand tu veux ! Mais en fait, ça me revient, (Il lui renvoie la corde.) il m'en faut deux de 1,50 m. (Le magicien va pour protester, mais il le devance.) Et inutile de râler ! T'es là pour vendre, pas pour déballer tes états d'âme.

Gaëtan : Mais je...

Petit Vieux : Ah, elle est belle la jeunesse d'aujourd'hui ! Faignants et compagnie ! Au boulot, tu leur demandes de faire ça, (Il lui montre son bras à hauteur d'épaule) ils font ça . (Là, il montre le bout de l'index.) Et mal encore ! Mais pour la paye, tu leur proposes ça, ils veulent ça. (L'inverse.) Travailler plus pour gagner plus, qu'y disait l'autre. Tu parles ! Votre rêve, vous autres, j' vais t' dire : c'est fonctionnaire aux impôts pour faucher la tune de ceux qu'en ont le moins.

Gaëtan : Mais ...

Petit Vieux : Et au lieu de me couper la parole sans arrêt, tu ferais mieux de couper cette corde, qu'on en finisse.

Gaëtan : Bon ! (Il coupe la corde en deux parts inégales.)

Petit Vieux : Qu'est-ce que je disais ! Des bons à rien ! Même pas fichu de faire deux cordes égales ! De mon temps on savait travailler, monsieur. De la corde comme ça, je te la coupais en plein milieu avec les dents. Et d'un seul coup !

Gaëtan : Tandis que maintenant...?

Petit Vieux : Maintenant ? Avec mon dentier j'arrive tout juste à bouffer un steak haché avec de la purée... bien liquide. Bon, c'est pas l' tout : qu'est ce que je suis venu faire ici ?

Gaëtan : Acheter de la corde !

Petit Vieux : Pourquoi faire ?

Gaëtan : Ah ça, si je le savais...! M'en avez demandé trois mètres.

Petit Vieux : Ah oui ! 3 mètres... Non, deux ! Deux de 1,50 m. Et égales, sac à papier !

Gaëtan : C'est vrai. Excusez-moi ! Je...

Petit Vieux : Tes excuses, tu peux t'en faire un cataplasme...

Gaëtan : Pour vos rhumatismes, je sais ! Vous me l'avez déjà dit.

Petit Vieux : Ah bon ? Je suis déjà venu ici ? Tu m'étonnes, fiston. Je m'en souviendrais. J'ai une … Comment t'appelles ça déjà...?

Gaëtan : Mémoire ?

Petit Vieux : C'est ça ! Mémoire ! J'ai une mémoire infaillible.

Gaëtan : Oui, oui ! Je vois ! Je vais essayer de vous arranger ça.

Petit Vieux : La mémoire ?

Gaëtan : Non, la corde !

Petite manipulation, il coupe et lui montre deux cordes égales.

Petit Vieux : Oui, ça peut... (Son téléphone sonne.) Excuse-moi. (Il parle fort.) Allô ! Quoi ? T'en veux trois ! Faudrait savoir ! Mais non ! Mais si ! D'accord, ma bibiche. C'est ça ! Bisous !

Gaëtan : Madame votre épouse, sans doute ?

Petit Vieux : Non, c'était mon canari ! C'est trois qu'il m'en faut !

Gaëtan : Vous les voulez avec ou sans les bouts ?

Petit Vieux : Te fiche pas de moi, fiston ! Même si tu les coupes, il restera toujours des bouts.

Gaëtan : On parie ?

Petit Vieux : Me mets pas à bout !

Gaëtan : Regardez ! Je noue les deux bouts. Et voilà une corde avec deux bouts au milieu.

Petit Vieux : Me prends pas pour plus idiot que je suis !

Gaëtan : À l'impossible, nul n'est tenu.

Petit Vieux : Mouais... N'empêche ! J'ai bien vu que tu as attaché les deux cordes. Et je ne suis pas le seul. (Il prend le public à témoin.) N'est-ce pas, vous autres ?

Gaëtan : Vous êtes très observateur. Veuillez tenir ces deux bouts, s'il vous plaît.

Il les prend. Gaëtan tire sur la corde, et le Petit Vieux se retrouve avec les deux bouts en main.

Petit Vieux : Mais il est barjot, ce mec, avec ses bouts ! Des cordes sans bouts, des avec bouts ! C'est à dormir debout cette affaire ! Pourquoi pas une corde à quatre bouts, hein ? Tant qu'on y est !

Gaëtan : Faudrait savoir ! On va déjà voir pour les trois cordes, d'accord ?

Petit Vieux : Ouais ! Et magne-toi ! On n'a pas que ça à faire.

Gaëtan, après les avoir coupées, montre les trois cordes une à une en les comptant.

Gaëtan : Voilà ! Voilà vos trois cordes.

Petit Vieux : Eh bien, c'est pas trop tôt ! Vas-y voir pour une corde à quatre bouts, gros malin !

Gaëtan : Y a qu'à demander, Pépère !

Petit Vieux : Eh, oh ! Poli hein ! Vas-y ! Je suis curieux de voir ça.

Gaëtan : Tenez-moi ça !

Il lui tend la corde moyenne, puis produit une corde à 4 bouts.

Petit Vieux : Tout ça c'est bien joli ! Mais une question, gamin : à quoi ça sert une corde à 4 bouts ? À part faire parler les idiots !

Gaëtan : Vous venez de le dire : à part ça... à rien !

Petit Vieux : Oui, bon ! Mais moi, tout ce que je veux c'est mes trois bouts... heu...!

Gaëtan : Trois cordes ?

Petit Vieux : Ouais !

Gaëtan : (Le magicien reprend la corde moyenne confiée au Petit Vieux et la joint aux deux autres.) Les voilà, vos trois cordes !

Petit Vieux : Je peux te demander une faveur ?

Gaëtan : Si je vous dis non ?

Petit Vieux : Je reviens demain.

Gaëtan : Faveur accordée !

Petit Vieux : En fait, j'en voudrais une petite, une moyenne et une grande. C'est possible ?

Gaëtan : C'est dans mes cordes. Chacune avec deux bouts ?

Petit Vieux : Tu me parles encore de bouts...

Gaëtan : Vous voulez que je m'assois ?

Petit Vieux : Non ! Reste debout ! Simplement je ne veux plus que tu me parles de bouts.

Gaëtan : ???

Petit Vieux : De... plus loin... bout. (Gaëtan manifeste son incompréhension.) Bout... B.O.U.T. BOUH !

Gaëtan : Ah... Bout. Bout. Compris ! Bout... Euh... Bon, d'accord ! Mais à une condition !

Petit Vieux : Vas-y !

Gaëtan : Qu'après, vous mettiez les bouts et que je ne vous revois plus jamais.

Petit Vieux : Hum...! C'est OK !

Gaëtan : C'est parti ! Je réunis les bouts...

Petit Vieux : Ah, là c'est toi qui en parles !

Gaëtan : C'est pour les compter ; des fois qu'il y en ait un ou deux qui se barrent. (Il les compte. Arrivé à six, il montre les trois cordes égales et les six bouts.) C'est bon ? Pas de regrets ?

Petit Vieux : Abrège, je t'ai dit ! J'ai pas que toi à voir.

Gaëtan : (Un petit tour et hop ! il obtient trois cordes inégales.)Tenez, voici vos cordes ! Je vous en fais cadeau. Et voici également un billet. En échange, je vous demanderai d'aller faire le même cinéma à un de mes confrères dont je vous donnerai les coordonnées.

Aparté ! Pour ce gag, je me suis inspiré du sketch de Fernand Raynaud : "La chatte de ma sœur".

Petit Vieux : Moi, je veux bien. C'est quoi son nom ?

Gaëtan : Raymond Luob.

Petit Vieux : Ah ! Je regrette, ce n'est pas possible.

Gaëtan : Pourquoi ?

Petit Vieux : (Il consulte sa liste.) C'est lui qui m'envoie. Tu es le cinquième sur la liste qu'il m'a fournie, et...

Gaëtan : Et ?

Petit Vieux : Et je vais te rayer de la liste, bien sûr. Cependant, je vais te faire un aveu, je regrette d'être venu t'embêter.

Gaëtan : Le mot est faible. Mais c'est gentil de votre part.

Petit Vieux : Oh, c'est pas ça !

Gaëtan : Ah bon ! C'est quoi ?

Petit Vieux : Les autres ont été beaucoup plus généreux ! Salut !

Tous deux rejoignent les coulisses.

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Auteur

Raymond Luob

02-02-2014

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Les desseins d'un trio unique n'appartient à aucun recueil

 

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