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Les Âmes de papiers - Scénario ou Pièce de théâtre

Scénario ou Pièce de théâtre "Les Âmes de papiers" est un scénario ou pièce de théâtre mis en ligne par "still-jaa"..

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IncompletScénario ou Pièce de théâtre en cours de rédaction (incomplet)

Les âmes de papiers

Épisode 1

Joe est endormie sur un banc. Il, arrive et la regarde un moment.

Il : Quand elle eut 16 ans, elle partit. Elle partit simplement, aisément, sans dire un mot. Personne n'irait la chercher. S'extirper d'un chaos pour en rejoindre un autre, cela ne signifiait rien mais tant pis. A quoi bon chercher puisqu'elle finirai par mourir un jour ? Ça n'est que ça, les hommes: Chercher. Chercher sans cesse, chercher à être le meilleur, chercher à être heureux, chercher à s'exprimer, chercher l'impossible... Tout ça pour finalement faire comme tout le monde: mourir. Chercher une finalité à son existence alors que celle-ci est déjà toute trouvée. Alors que pouvait-elle espérer recevoir de cette vie, de ce monde, qui n'étaient à eux deux qu'un beau duo d'hypocrites ? Elle marcha. Elle marcha longtemps. Elle marcha très longtemps, prenant n'importe quelle direction qui s'offrait à elle. Les gens passaient et se ressemblaient.

Joe se réveille.

Joe (Ne le voyant pas) : Où je suis déjà ?

Il : Ça il n'y a que toi qui puisse nous le dire.

Joe (sursautant) : T'es qui toi ?

Il : C'est à toi de me le dire également.

Joe le dévisage, médusée, puis laisse échapper un soupir.

Il : Alors ? … Essaie !

Joe : Non.

Il : Pourquoi ?

Joe : Pas envie.

Il (au public) : Pas envie.

Joe : Pas envie de savoir, pas envie de te connaître, pas envie de comprendre, pas envie de faire ce que j'ai à faire, pas envie d'être gentille, envie de dormir encore et encore.

Il (encore au public) : Pas envie. (A Joe) Et ta mère elle a envie ?

Joe (piquée au vif) : Quoi ma mère ? Qu'est-ce qu'elle a ma mère ?

Il : Comme ça. Ça n'est pas de cette façon que vous vous exprimez ?

Joe le regarde avec incompréhension.

Bah c'est simple : C'est un schéma systématique chez les jeunes, il y en a un qui dit quelque chose du style : « Cette corbeille de fruit est d'une couleur étincelante » et à l'autre de répondre « Et ta mère elle est d'une couleur étincelante ? ». C'est ainsi que cela fonctionne, non ?

Joe : Ouais, je sais pas... Les jeunes de mon âge, ça n'est pas trop mon truc.

Il : Tu préfère les vieux ?

Joe (laissant échapper un léger rire): Non, ça n'est pas ça... Je ne les comprends pas c'est tout.

Il : Pourquoi ?

Joe : Parce que. (Après un silence) Parce que ils ne me comprennent pas, je ne les comprend pas et sûrement que chacun s’accommode de cette situation.

Il : Je vois.

Joe : Réellement, tu le vois ?

Il (surpris de sa question) : Bah oui réellement, je visualise ce que tu veux dire !

Joe : Les « Ah, je vois », les « Je comprends » ou les « Oui, c'est sûre », généralement c'est du vent. Des paroles prononcées pour combler un vide, rien de plus.

Il : Mais je vois vraiment ce que tu veux dire ! Je n'invente rien !

Joe : Vas-y, je t'écoute, décris-moi ta vision de la chose.

Il : Bon OK. (Il parle très vite comme si il lisait une notice) Je te vois, toi. Je les vois eux. Je te regarde, je les regarde. Entre vous, une barrière. Un mur même. Chacun s'en tient à distance. Personne n'y fait attention. Cette barrière, ce mur, c'est normal.

Joe : Oui. C'est normal.

Il : Je te connais tu sais.

Joe : Cela n'est pas possible. Je ne vois pas tu pourrai.

Il : Regarde autour de toi.

Joe : ...Je ne vois rien.

Il : Penses-tu que c'est normal de débarquer quelque part et de ne rien voir autour ?

Joe : En effet. Ça n'est pas normal.

Il : Et comment expliques-tu cela ?

Joe : Je suis en train de rêver peut être ?

Il : Je n'sais pas.

Joe : Tu n'sais pas ?

Il : Non.

Joe : Mais dans cette histoire, toi, tu fais quoi ?

Il : Tu m'as appelé.

Joe : C'est faux.

Il : Tu avais besoin de moi.

Joe : Besoin de toi ? Non, je n'ai pas besoin de toi. Je ne te connais même pas.

Il : Cela n'est pas un problème. Tu peux, sans me connaître, avoir besoin de moi.

Joe : Besoin : Manque de ce qui est ressentit comme désirable ou nécessaire. Ce sont les personnes que l'on connaît qui nous manquent généralement.

Il : Et tes parents, ils te manquent parfois ?

Joe : Ils n'existent pas. Ils font semblant d'exister. Ce sont des âmes de papiers, des âmes vides en perpétuel mouvement circulaire, comme des hamsters dans leur roue... En moins rapide.

Il : Ils s'aiment au moins ?

Joe : Le papier, le vide, ça n'aime pas. Ça se marie, ça fait des gosses mais ça n'aime pas, même pas suffisamment pour pouvoir s’engueuler.

Il : Au moins tu peux avoir une vie tranquille. Le papier, le vide, c'est léger, ça glisse sur la peau sans que l'on puisse le remarquer.

Joe : Non. Le vide c'est toxique. Étouffant. Paralysant. Ça te bloque tout ton corps, des pieds jusqu'à la tête. Tu t'enfonces dans le sol comme jamais tu ne pourras en sortir. Ils me tuent. Ils m'assassinent avec leur vide, avec leur passions qui n'existent pas, avec leur amour qui n'en est pas un, avec leur vie construite sans envie. Pour moi, une vie, pour la faire, c'est tout un art. Tu nais avec des instruments, avec du matériel, avec des contraintes et tu tentes de dépasser ces dernières pour donner la tournure souhaitée. C'est ton œuvre d'art. Cette vie elle doit te ressembler, alors inévitablement tu souffres. Tu souffres parce que elle ne te ressemble pas assez, parce qu'elle n'est pas le reflet de ce que tu es. Tu te passionne dans cette œuvre qui est la tienne, elle te bouffe, elle t'emmène là où rien ne te prédestinai à aller. Leur vie à eux, c'est une production. Ça n'est pas une création.

Il (après un silence) : C'est un ennui sans fond.

Joe : Et il n'y a rien de pire que ce qui n'a pas de fond. C'est toxique. Mes parents c'est du poison.

Il : Si je te demande de me suivre, tu accepterais ?

Joe : Où veux-tu aller ? Il n'y a rien autour.

Il : Fais moi confiance.

Épisode 2

Il et Joe se retrouvent au beau milieu de nuages, étoiles, arc en ciel, le décor semble sorti tout droit de l'imagination d'un enfant.

Joe (après avoir contempler ce qui l'entourait pendant un instant) : On m'a souillée.

Il : Je sais.

Joe : Ce que je viens de dire, ça n'a rien à voir avec le décor... En fait si. C'est totalement en rapport. Ça me rappelle qu'à l'instant où les enfants pouvaient rêver d'un monde comme celui-ci, moi j'en était incapable. J'étais incapable de fermer les yeux et de faire apparaître la moindre nuance de rose, la moindre brillance, la moindre fée, le moindre animal parlant, la plus petite brume de soleil, le plus petit clair de lune...

Il : Arrête toi.

Joe : Ni même un animal coloré, ni même un poney ailée, ni même un caillou argenté, ni même un fruit empoisonné...

Il : Stop.

Joe : Pas une nuance, pas une brillance, pas une fée, pas d'animaux, pas de brume, pas de clair de lune...

Il (hurlant) : Arrête toi tout de suite !

Joe ne bouge plus, ne regarde même pas Il. Elle ne semble pas effrayée.

Joe : Pourquoi ?

Il : Parce que je sais. Je sais ce que tu dis. Je le vis comme toi.

Joe : Tu vis en moi, c'est bien cela ?

Il : Oui.

Joe se lève.

Joe : Depuis toujours ?

Il : Un peu moins.

Joe : Pourquoi aujourd'hui seulement ? Pourquoi apparais-tu seulement aujourd'hui ?

Il : Tu avais besoin d'aide.Tu avais besoin de moi.

Joe : Cela fait bien longtemps que j'ai arrêté d'attendre de l'aide. Pourquoi tu n'es pas venu plus tôt ?

Il : Tu étais bien seule aujourd'hui.

Joe : Ça fait longtemps que je suis seule. Trop longtemps.

Il : Depuis Anatole ?

Joe : Depuis Anatole, tu aurais dut venir me voir à ce moment-là. Tu aurais dut m'aider à comprendre.

Il : Justement, moi même j'essayais de comprendre. Je crois que j'ai finit par le comprendre ce matin. J'ai beau vivre en toi, je n'ai pas accès à tes chagrins les plus profonds.

Joe : On m'a toujours dit que le plus ancien souvenir d'enfance d'un individu date de l'année de ses 3 ans. Je ne suis pas si différente de cette masse de personne car c'est à cet âge là que j'ai inauguré la liste de mes souvenirs. Je sais qu'Anatole s'occupait de l'entretien de la cour de récréation. Je sais que je l'ai tout de suite apprécié. Après je ne sais plus. (court silence) Non, en fait je sais. Je suis en train de te mentir. C'est stupide, ça n'a pas de sens de mentir aux personnes qui vivent en nous. Je sais ce qui s'est passé mais en même temps je ne sais pas car une partie de moi-même est beaucoup trop forte.

Il : Beaucoup trop forte ?

Joe : Forte, musclée, tu vois ? Cette partie-là a contracté tous ses muscles pour repousser les souvenirs douloureux très très loin dans ma mémoire. Dans la cave de ma boîte crânienne. Donc je sais que je sais mais j'aurai besoin d'une autre partie de moi, encore plus forte que la première pour aller chercher ces souvenirs et supporter leur poids pendant un long voyage.

Il : Je les ai chercher. Je les ai chercher pendant longtemps ces souvenirs.

Joe : C'est vrai ?

Il : Je ne savait pas exactement ce que je cherchais. Mais je cherchais. Je suppose que c'est ce que j'espérai trouver.

Joe : Alors ça doit être toi.

Il : Ça doit être moi quoi ?

Joe : La plus forte partie de moi. Encore plus forte que celle qui est très musclée.

Il : Non, impossible. Je suis juste un vagabond. Je ne fait pas vraiment partie de toi, je me suis invitée. Je n'étais pas là à ta naissance.

Joe : Normal.

Il : Quoi normal ?

Joe : Bah tout le monde n'a pas besoin d'une force aussi puissante. Ça serai stupide de la donner à tous les individus dès leur naissance.

Il : Je ne te suis pas.

Joe : Tu es peut être la plus forte partie de moi mais sûrement pas la plus intelligente ! Sûrement que l'on a pas besoin d'être grand d'esprit pour combattre. Réfléchis. Un être humain est un ensemble de donations. On lui donne à sa naissance tout ce qui lui pourra lui être utile, toutes ces choses dont un être humain a besoin. Un besoin inconscient mais un besoin. Je n'ai pas échappé à la règle. On m'a donné ces armes, ces instruments pour construire ma vie. Et voilà, c'était à moi de faire le reste. Mais voilà qu'il est arrivé quelque chose qu'ils n'avaient pas prévu. Quelque chose que personne ne peut prévoir. Alors, ils ont vus que je n'avais pas pu utiliser mes instruments de la bonne manières. Ils ont vu que j'avais besoin d'un nouveau matériel. Ils t'ont envoyé toi.

Il : Je ne suis pas sure d'être aussi fort que tu le penses.

Joe : Je me fou de tes doutes, de tes angoisses, seules les miennes m'importent aujourd'hui. J'ai besoin de toi. Maintenant. Ne me laisse pas tomber. Je t'en supplie ne me lâche pas. Si tu me lâches je me transformerai en papier. En une âme de papier.

Il : OK. OK, je vais t'aider. Je ne te lâcherai pas (Il la prend dans ses bras). Tu ne seras jamais une âme de papier.

Épisode 3

Joe est debout seule sur scène.

Joe : Alors tu trouves ? Plus loin que ça encore. Très très loin. Ne te dégonfle pas, hein ! Voilà, tu dois être sur le bon chemin parce que mon cœur devient de plus en plus serré. Non, non, ne t'occupe pas de moi. Continue. Je m'en fou de souffrir. Je préfère une violence intense et rapide qu'une angoisse étalée sur une vie entière, comme du beurre. Alors ne te gène pas. Fait le. Soit tu me débarrasse de ça maintenant, soit je meurs. Je ne le supporterai pas 1 heure de plus. Tu t'en approche de plus en plus. Continue ! Ne t’arrête pas ! Ne t’arrête plus jamais, plus jamais tu m'entends ! Plus jamais ça. Tu y es presque, vas-y, plus loin encore. Vas-y te dis-je ! Ne ralentie pas ! Pas maintenant ! C'est là, c'est à ce moment précis, à cette seconde précise que tu dois y aller. Si je crie, ne t'en fais pas. Justement continue. Agis comme si chacun de mes cris faisaient disparaître tous les problèmes de ce monde. Je sais, je souffre, je vais souffrir, et toute ma vie ce sera le cas. Mais tant pis. Ce qui est fait est fait. Je ne peux pas changer ce qui a eut lieu mais je peux changer ma façon de le vivre. Et pour cela j’ai besoin de toi. Voilà. Je le sais maintenant. Je peux le dire : J’ai été victime de viol. Mon violeur est ce gros dégueulasse que j’ai admiré toute mon enfance. Je le hais. J’ai eu honte. Je ne savais pas ce que c’était, ce que cela voulais dire. J’avais juste honte. Je ne comprenais pas. Pendant toutes ces années je n’ai rien dis. Je pensais que j’allais aller bien, que le temps allais faire son œuvre. Ça a presque faillit marcher pendant un temps. Mais j’avais surtout besoin de le dire. D’aller le chercher au fond de moi. Maintenant je sais ce qu’il m’a fait. Je sais que je le hais. Il va me falloir du temps pour aller mieux. Mais je peux le faire.

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Auteur

still-jaa

23-04-2016

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Les Âmes de papiers n'appartient à aucun recueil

A suivre...

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