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Le temps d'un week-end - Grande Nouvelle

Grande Nouvelle "Le temps d'un week-end" est une grande nouvelle mise en ligne par "Lithana"..

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Le temps d’un week-end


 

Certaines rencontres émouvantes, étonnantes, enrichissantes,  nous guident et nous construisent.

D’autres, nous offrent la chance d’être une 2ème fois.

 

1

Recroquevillée sur son cerveau, Solange comptait les dernières minutes de la nuit, une nuit encore trop courte, passée à se tourner et se retourner sur ce qu’elle allait bien pouvoir faire durant les deux jours à venir.  Elle jeta un bref coup d’œil à son portable posé par terre, il était 5h30, une heure raisonnable pour se lever enfin. La maison était calme, Martin était parti la veille avec les filles chez ses cousins, la laissant seule, une fois de plus. Depuis quelques années, Solange avait pris l’habitude de passer quelques week-end par an en solo, et en éprouvait à chaque fois de la joie, du moins une certaine satisfaction.  Oui, elle pourrait nettoyer la maison de fond en comble, oui, elle pourrait aller faire les courses tranquillement, oui, elle pourrait regarder toutes les conneries possibles à la télévision, sans repas à préparer. De bien piètres petites joies, pensa-t-elle en se versant une tasse de café… Y ajoutant un peu de lait,  elle en avala une gorgée, regardant par la fenêtre de la cuisine. Il faisait encore nuit, un brouillard épais avait ouvert ses bras, embrassant les rues de son village alsacien, enserrant chaque maison d’humidité et d’invisibilité. Elle aussi était devenue invisible, à l’aube de la cinquantaine. Non pas pour les regards extérieurs, car elle avait une vie professionnelle bien remplie, une vie sociale riche, une vie familiale qui la satisfaisait la plupart du temps. Mais elle était devenue invisible à elle-même. Ce qu’elle avait toujours été, tout ce dont elle avait rêvé, s’était effacé au cours de la vie qu’elle avait pensé choisir : ce travail d’infirmière, ces amis, ce mari et ses enfants. Une voiture passa à tombeau ouvert devant la maison et Solange se demanda où elle pouvait filer aussi vite à cette heure-ci… Encore un qui serait en retard au travail ou bien… Ou bien quoi ? Peu importe, se dit-elle en empoignant le liquide vaisselle pour « tout laisser bien propre » avant de filer sous la douche. Elle repensa néanmoins à cette voiture. Elle aussi aimait la vitesse, rouler d’un point A à un point B, en appréciant ces moments où elle n’était en fait nulle part, juste en mouvement, en points de suspension. Elle alluma sa première cigarette de la journée, recrachant avec bonheur une volute de poison. C’est alors qu’elle eut  une idée ! Et si elle partait elle aussi ? Juste deux petits jours, à rouler en direction d’un point B ? Aller rejoindre la mer, sentir le sable sous ses pieds, s’asseoir sur une plage enfin et regarder un coucher de soleil, puis un lever de soleil, et ensuite rentrer…

Sous le jet brûlant de la douche, Solange se mit à réfléchir à cette idée. Il y avait bien longtemps qu’elle ne s’était pas laissée aller à un peu de spontanéité, et puis cette petite escapade n’était pas non plus un truc démentiel. Ca restait raisonnable, et en même temps excitant au cœur de sa petite routine quotidienne. Elle ouvrit la porte de la salle de bain, il y avait autant de brouillard dedans que dehors. Elle essuya la buée du miroir avec la manche de son peignoir et sourit. Elle qui engueulait ses filles lorsqu’elles le faisaient (« Ca laisse des traces, bon sang ! »), venait de le faire à son tour. Lorsqu’elle eut terminé de se préparer, elle se regarda longuement. A 49 balais, elle était encore jolie, pas trop ridée, pas trop grosse, pas trop mal… pas trop rien ? Elle s’en doutait lorsque parfois elle sortait avec ses collègues, que des hommes la détaillaient, leurs yeux cherchant une connexion, et qu’elle leur répondait avec de timides sourires.

Elle alluma une cigarette tout en surfant sur Internet, se cherchant une destination, et en cinq minutes, elle décida qu’elle irait aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Un petit pèlerinage, comme les gens du voyage, comme ceux qui n’ont d’autres attaches que leurs caravanes et leurs familles. Elle imprima vite fait l’itinéraire, faisant peu confiance à son GPS qui manquait de mises à jour. Elle fourra dans un sac de quoi se changer, ses affaires de toilette, sans savoir si elle passerait la nuit dans un hôtel ou si elle squatterait sa voiture, et attrapa dans la cave une bouteille de champagne, histoire de fêter en tête-à-tête son arrivée sur la plage.

Il y avait encore assez d’essence pour faire un paquet de kilomètres lorsqu’elle mit le moteur en route à 7 heures, le brouillard laiteux laissant deviner une journée ensoleillée.

 

2

 

Je ne suis pas pressée, se dit-elle en quittant l’autoroute avant le péage de Belfort. L’aube était enfin venue, peinant à chasser les brumes matinales. Elle était détendue, musique à fond, lorsqu’elle aperçut une silhouette à l’entrée du premier village traversé, presque un fantôme sur le bord de la route, immobile. En arrivant à son niveau, Solange vit une jeune fille, le pouce tendu, un gros sac-à-dos posé à ses pieds. Sans réfléchir, elle pila sur le bas-côté et attendit… La jeune fille arriva en courant et Solange baissa la fenêtre côté passager.

-        Bonjour Madame ! Je descends sur Besac, c’est sur votre route ?

-        Oui, répondit Solange, heureuse d’avoir un peu de compagnie. Mettez votre sac dans le coffre, dit-elle en appuyant sur le bouton de commande électrique.

La jeune fille lui renvoya un beau sourire, jeta son sac dans le coffre et s’assit, en se frottant les mains et en reniflant.

-        Ca fait longtemps que tu attends ? demanda Solange décidant de tutoyer sa passagère qui devait avoir à peu près le même âge que Camille, son aînée. Du moins le même âge en apparence, puisque Camille aurait 10 ans pour toujours…

-        Ouais, pas mal, y’a pas beaucoup de voitures qui passent par ici, et pis le peu qui passe, c’est les vieux qui vont chercher leur pain, et ceux-là ils descendent pas à Besac faire les boulangeries ! Je suis gelée !

-        Si tu veux un mouchoir, il y en a dans la boîte à gants, sers-toi.

-        Merci Madame !

Solange regarda la jeune fille, elle était rondouillarde, les cheveux mi-longs, frisée comme un mouton, avec une grosse paire de lunettes noires en plastique. Pas vraiment jolie au premier coup d’œil, mais coquette. Un maquillage certes un peu vif, des bijoux peu discrets, on devinait un charme qui viendrait sur le tard, pour peu qu’elle perde pas mal de kilos…

-        Ne m’appelle pas « Madame », s’il-te-plaît… puisqu’on va faire un bout de chemin ensemble, Moi c’est Solange, et toi ?

-        Emma.

Silence. Solange baissa un peu le son et demanda à la jeune fille si elle voulait bien s’occuper de changer le CD. Emma rouvrit la boîte à gants en farfouillant.

-        Oh ! Cool ! Dire Straits ! Ca vous dit ?

-        Pas de soucis, répondit Solange. Tu connais ? Ca date comme groupe !

-        J’adore !

Emma enfourna le CD dans la bouche du lecteur, et se mit à fredonner aux premières notes de « Sultan of Swing ».

-        J’écoute que des vieux groupes, moi ! Marillion, Saga, Pink Floyd, et rien qui n’aille au-delà de 1990. J’écoute jamais les merdes à la radio !

-        Tu sais, il y a de bonnes choses qui sont sorties après 90, et il n’y a pas que des merdes à la radio, tiens actuellement, moi j’adore des groupes comme Cold Play, Muse, Linkin Park, Imagine Dragons…

-        Connais pas, lança Emma en se renfrognant. C’est que du commercial tout ça !

Quelle drôle de gamine, pensa Solange. C’est vrai qu’elle a l’air d’être restée bloquée dans les années 80, avec ses Stan Smith usées jusqu’à la corde, son jean passé à l’acide et son blouson trop grand. Ses doigts étaient également usés, les ongles rongés sautèrent aux yeux de Solange qui ressenti un petit frisson en les voyant si mal en point.

-        Dès qu’on reprend l’autoroute, on fera une pause sur une aire, proposa Solange à Emma, qui s’était mise à se grignoter un pouce. J’ai besoin d’un café.

-        Comme vous voulez. Mais je vous préviens, j’ai pas trop de tunes, répondit Emma en s’attaquant à son index.

-        Ce n’est pas un problème… Tu ne devrais pas te ronger les ongles comme ça, dit Solange, regrettant aussitôt ses paroles. Emma n’était pas sa petite dernière…

-        C’est vrai que vous, Madame, ils sont beaux vos ongles ! Vous devez y passer du temps pour les entretenir ! Moi je m’en tape.

Etrange, pensa Solange, elle se maquille, on voit qu’elle a passé un temps fou sur sa coiffure, et elle se fiche d’avoir des doigts boudinés, avec des croûtes de sang, tellement elle y va fort.

-        Moi aussi je les rongeais. D’ailleurs, ma fille Pauline  a hérité de cette manie que j’avais plus jeune. Et puis un jour j’ai arrêté. Je me suis rendue compte que lorsque j’ étais au travail, ce n’était pas très agréable pour les autres, et puis en plus, je me faisais bien mal parfois. Alors j’ai arrêté.

-        Ben moi, fit Emma en regardant par la fenêtre, les autres j’m’en fous, et avoir mal ça prouve qu’on est vivant.

J’ai compris, se dit Solange, Mademoiselle est une rebelle ! C’est bien de son âge ça ! Mais il y a une sacrée différence entre souffrir de petits bobos et souffrir sur un lit d’hôpital dans un service d’oncologie. Pour Solange, c’était son quotidien : soulager et apaiser des corps meurtris, des vies brisées par la maladie.  Elle mit son clignotant pour signaler sa sortie et se gara tout près de l’entrée de la station-service.

-        Café Emma ?

-        Oui, merci, mais avant je me roule une clope si vous voulez bien.

-        Pas de soucis, je fume aussi. Tu ne préfères pas une blonde ?

-        Ouais, cool, merci.

Emma sortit la première, mit ses mains dans les poches en fixant le sol. Solange fit le tour de la voiture, heureuse de se dégourdir un peu les jambes. Le brouillard s’était enfin levé, laissant apparaître toutes les couleurs flamboyantes de ce début novembre. Elle tendit à Emma son paquet de Camel.

-        Merci, dit la jeune fille en relevant la tête. D’habitude je fume du Samson, mais j’ai rien contre une « indus », même si ce sont des légères. Quand j’ai un peu de fric, je m’achète des Camel normales. Je collectionne les paquets, et je suis en train de me construire un grand mur dans ma chambre en les collant les uns avec les autres. Ca fait hurler ma mère, et ça fait marrer mon père.

-        T’es jeune, t’as pas envie d’arrêter de fumer ? Là où je bosse, je vois tellement…

-        Et vous ? Vous avez envie d’arrêter ? la coupa Emma.

-        Heu, non, et puis à mon âge c’est trop tard…

Voilà qu’elle lui sortait son excuse bidon. En réalité, la cigarette était devenue sa béquille pour lutter contre le stress et l’ennui. La petite récompense après chaque chose accomplie. Et Solange avait tendance à être généreuse avec elle-même sur ce plan-là ! Une bien mauvaise habitude, une bien mauvaise compensation.

-        Il est jamais trop tard, quand on veut faire quelque chose, rétorqua Emma.

Solange jeta sa cigarette fumée aux deux-tiers, lorsqu’Emma s’écria :

-        Le gâchis, Madame ! Moi, je la terminerai plus tard si vous permettez.

Et Emma ramassa le reste de cigarette de Solange, prenant soin de l’écraser sans abîmer ce qui était encore fumable, le rangeant dans une petite boîte en métal qu’elle avait sortie de sa veste. Solange était stupéfaite. Cette gamine n’avait pourtant rien d’une clocharde, puisqu’elle avait parlé d’une chambre chez ses parents, et la voilà qui ramassait des mégots !

-        Bon, Emma, on se le fait ce café ?

-        Ok, de toute façon j’ai le temps…

Elles se dirigèrent tout droit vers le distributeur et prirent 2 cafés au lait sans sucre. Elles s’installèrent à une table, au milieu des voyageurs du week-end, des familles en général et de quelques couples d’amoureux. Solange se mit à étudier Emma discrètement. La jeune fille n’avait pas enlevé son blouson, malgré la douce chaleur qui régnait. Elle tenait son café brûlant serré entre ses doigts martyrisés, évitant tous les regards, sauf ceux que Solange lui lançait en douce. Cette gamine à l’air de se ficher de tout, et en en même temps elle semble timide, fragile, se protégeant de l’extérieur en restant engoncée dans sa veste, dans ses années 80…

-        Et qu’est-ce que tu vas faire faire Emma sur Besançon ?

-        Ben en fait j’étais rentrée hier. J’suis à la fac de Lettres. Mais mes parents se sont une fois de plus pris la tête hier soir, alors j’ai décidé de retourner dans mon appart d’étudiante. Je serai peinarde, expliqua Emma tout en jouant avec son gobelet vide.

-        Ca leur arrive souvent ?

-        Ouais, depuis des années. Je sais pas ce qu’ils font encore ensemble ! Enfin si, je sais, « c’est pour les enfants » ils disent. Ils pensent que c‘est mieux. Mais ils sont plus sur la même longueur d’ondes depuis longtemps, ils se trompent, se mentent, se font du mal, s’engueulent et nous font du mal à moi et à mon petit frère. Ils feraient mieux de divorcer !

-        Mes parents ont divorcé quand j’avais 28 ans, après des années de mariage chaotique. Ils avaient eux aussi décidé de rester ensemble « pour les enfants ». Et franchement Emma, je crois qu’ils ont bien fait, car mine de rien, ils nous ont donné le meilleur, de bons parents, même s’ils n’avaient plus rien en commun.

-        Moi, je préfèrerais qu’ils divorcent et que j’ai plus à supporter toutes leurs disputes à deux balles !

Solange se demanda si elle n’avait pas idéalisé le portrait de ses parents. Combien de fois avait-elle vu sa mère, radieuse, se préparant à sortir, et retrouvé son père seul sur son ordinateur toute la nuit, puis croisé sa mère au petit matin les yeux pétillants, écouté son père pleurer sur le canapé, et au final s’être bouché les oreilles pour ne plus les entendre hurler ? Elle aussi avait souhaité qu’ils divorcent enfin, que la paix s’installe à nouveau chez l’un et chez l’autre. Mais non, ils avaient attendu que leurs enfants soient « grands » pour enfin continuer leur vie, chacun de son côté, pour ne plus se faire souffrir, pour ne plus les faire souffrir en passant. S’en étaient-ils rendu compte ? Ils ont cru bien faire, songea Solange, mais j’ai eu quoi comme modèle de couple ? Emma reprit :

-        Moi, jamais je resterais avec un mec si je l’aime plus. Enfant ou pas enfant ! Les enfants c’est pas la meilleure raison du monde pour rester avec quelqu’un.

-        Ha oui ? Et c’est quoi la meilleure raison ?

-        Ben c’est évident Madame, c’est l’amour ! Emma avait les yeux brillants en prononçant ce mot avec exagération. Quand y’a plus d’amour, c’est mieux de partir et de le chercher ailleurs !

Me voilà avec une grande romantique et une idéaliste ! Si elle savait tous les visages que peut prendre l’amour ! Que l’amour de ses enfants est la chaîne la plus solide de toutes celles d’une vie.  Que l’amour peut se transformer au fil du temps en un attachement fort, profond, qui a remplacé la passion du début. D’ailleurs, elle-même et Martin en étaient arrivés là depuis quelques années. Il y avait belle lurette qu’elle n’avait plus de papillons dans le ventre en le voyant, qu’il ne remarquait même plus sa nouvelle coupe de cheveux, ou qu’elle avait changé de parfum, qu’il ne lui écrivait plus de petits mots d’amour sur une jolie carte. Et pourtant, ils étaient bien ensemble, confortablement installés dans leurs habitudes rassurantes. Mais parfois, il était arrivé que Solange… Emma l’interrompit dans ses pensées, sa voix semblant revenir de très loin.

-        Et vous ? Vous allez où ? Besac aussi ?

-        Non, je descends aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Besançon je connais bien ! J’y ai fait mes études aussi.

-        Des études de quoi ? demanda Emma en changeant de CD.

Elle fit la grimace en découvrant certains albums dans la boîte à gants, et opta pour Bathory.

-        Et en avant les Vikings ! Dites, Madame, vous avez pas l’air avec vos jolis ongles, mais vous écoutez des trucs cool !

-        Ma préférence va au Métal, mais je sais écouter d’autres choses aussi, répondit Solange en lançant un petit coup d’œil à la jeune fille.

Elle sentait qu’une complicité était en train de naître, et déjà elle regrettait de voir qu’il ne restait qu’une vingtaine de kilomètres avant Besançon.

-        Pour ce qui est des études, reprit-elle, j’avais commencé par une première année de médecine, mais je me suis vite rendue compte que je n’avais pas le niveau. Alors j’ai tenté le concours d’infirmière, et j’ai passé 3 ans en formation à l’école.

-        Vous ne regrettez pas d’avoir abandonné la fac de médecine ?

-        Tu sais Emma, dans mes rêves les plus fous, j’aurais bien aimé être « Médecin sans frontières », partir aider les autres et voyager dans le monde entier. Mais, je n’avais pas le niveau c’est tout.

Emma bondit sur son siège.

-        Ou alors vous vous êtes pas assez accrochée ! Facile de dire « j’avais pas le niveau » !

Je rêve où elle va m’engueuler la petite ? se dit Solange amusée.

-        Hého Emma ! T’es en quoi là ? En première année je suppose ? Et en début d’année en plus ! Tu verras assez vite que plus tu avances, plus les places sont chères, et que parfois, il y a meilleur que toi…

-        Nan ! Je suis en 2ème année, j’ai 19 ans, et le métier que j’ai choisi, je le ferai coûte que coûte !

-        Et c’est quoi ce métier de tes rêves ?

-        Moi je veux partir enseigner le français à l’étranger, bouger de pays en pays et rencontrer des gens !

On est bien tous pareil quand on est jeune, songea Solange. On a tous envie de croire qu’ailleurs c’est mieux qu’ici. L’avertisseur de la jauge à essence se mit biper. Solange pouvait encore continuer quelques kilomètres, mais elle prétexta devoir faire le plein, pour garder Emma avec elle. Décidément, cette gamine était d’une agréable compagnie, pleine de convictions et d’assurance, mais elle cachait aussi ses blessures.

-        Emma, je dois faire le plein. On en profite pour se boire un dernier café, et après chacune sa route ? Tu me diras où te déposer, je ferai le crochet pour te rapprocher de chez toi.

-        Ok, sympa, merci, répondit la jeune fille en refermant son blouson, sa carapace.

 

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Lithana

08-10-2017

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Le temps d'un week-end n'appartient à aucun recueil

 

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