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Le démon, l'abruti et le délirant - Roman

Roman "Le démon, l'abruti et le délirant" est un roman mis en ligne par "Julien"..

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 Le démon, l’abruti et le délirant

ROMAN 

genre : fantastique

        Ce roman a été écrit en coopération avec Gaétan Marras. 

          Je remercie Frédérick Demangeot pour ses corrections efficaces, et avoir soufflé des idées pertinentes.

 

Résumé du roman :

 

           Vous rêviez de voir un monde de magie et de haute technologie ? Bienvenue à Sanec, où les fées et les armes lasers cohabitent. Là même où nous retrouvons Robert Clave, un humain. Ce président mégalomane d'une multinationale a des idées folles par la faute de la drogue. Après tout, pourquoi les escargots ne pourraient-il pas être exécutés au lance-flammes ? Parmi les opposants qui apparaîtront face à Clave se dresseront un démon puissant ainsi que Wilhelm un imbécile et ses amis. Qui triomphera, le démon, l’abruti et ses compagnons ou bien le délirant ?

Première partie :

 

Chapitre 1 : Acquisition

         

          Robert Clave était le président de la Vile Corp, une société privée qui vendait de nombreux produits, de l’aspirateur à l’hélicoptère de combat. Elle avait deux facettes, l’une légale et l’autre illicite. En effet la liste de crimes de Clave était très impressionnante, il organisait de l’esclavage, du chantage, de la pollution massive, des shows comiques où des blagues sur les blondes étaient racontées.

           Clave vivait dans un monde où les voyages spatiaux avaient été quasiment abandonnés, à cause de leur coût élevé et des faibles capacités de transport des navettes. Par contre les voyages de dimension en dimension étaient très développés grâce aux portes de transport, c’étaient des artefacts dont on ignorait l’origine. Mais les portes étaient très résistantes, et surtout extrêmement pratiques, elles pouvaient fonctionner pendant dix ans grâce à une simple pile électrique. Il existait des portes de taille modeste pour les petits groupes de touristes, et des grandes destinées aux véhicules imposants comme par exemple les avions gros porteurs.  La Vile Corp acquit vite un contrôle total sur toutes les portes de Sanec, grâce à des négociations habiles, et le versement de généreux pots-de-vin. Sanec était un monde où la magie régnait, des êtres qui passeraient pour légendaires sur Terre, comme par exemple les elfes et les fées y étaient monnaie courante. D’ailleurs les portes permirent à la multinationale de créer des succursales sur d’autres mondes comme la Terre, l’influence terrienne sur d’autres mondes étaient assez palpable. Clave raffolait par exemple des cartoons produits par les multinationales américaines.

          Environ une personne sur cent sur Sanec, s’avérait capable d’user de sorts magiques. Clave pensait qu’il était une personne brillante, mais il n’était pas exempt de défauts. En effet il avait une fâcheuse tendance à commettre des bêtises quand il était énervé, ou à manifester un comportement enfantin voire débile. Il fallait admettre que le président pouvait être très intelligent, mais par moments il montrait une bêtise impressionnante. Heureusement pour Clave, son secrétaire Thibault Cerf était là pour rattraper les gaffes, et annuler les conséquences négatives de certaines décisions du président. D’ailleurs Clave avait une nouvelle idée particulière.

 

Clave : J’ai pris une résolution Cerf, j’ai décidé d’interdire le yoga et toute forme de méditation, durant les heures de bureau pour mes employés.

Cerf : Monsieur Clave, le rituel de la méditation durant la pause de midi est une habitude bien établie auprès de millions de vos salariés. Vous allez mécontenter beaucoup de monde. De plus la méditation rend plus productif, elle permet de diminuer l’influence des soucis sur la qualité du travail.

Clave : Je sais, mais je n’aime pas les gens détendus. J’apprécie le regard des personnes stressées.

Cerf : Vous gagnerez moins d’argent à cause de votre mesure anti-méditation.

Clave : Je m’en fiche, ma fortune est supérieure à mille milliards de pièces d’or.

Cerf : Si vos salariés sont moins productifs, votre rémunération mensuelle baissera, résultat vous aurez moins de billets à compter.

Clave : Ah non, compter mes billets est une de mes activités favorites. Très bien j’annule l’interdiction de la méditation au sein de  la Vile Corp. Autrement j’aimerai savoir combien d’entreprises sont devenues ma propriété depuis hier ?

Cerf : Environ cinq cents.

Clave : C’est une petite récolte, d’habitude j’arrive à mettre la main sur au minimum mille entreprises par jour.

Cerf : Certains propriétaires ont négocié âprement, cela a généré une résistance inhabituelle aux tentatives d’achat.

Clave : Quelle est la plus grosse société que j’ai obtenu ?

Cerf : La société d’exploitation minière Mornor, qui gère les principales mines de fer du monde de Sanec. Par contre l’ancien propriétaire de Mornor veut garder les mines de Borandud, malgré des propositions généreuses.

Clave : Borandud ce sont des gisements pauvres, cela ne me dérange pas de ne pas les posséder. D’ailleurs je trouve que j’ai un peu trop de sociétés minières, je vais les échanger contre des usines de fabrication de balais et d’aspirateurs.

Cerf : Les mines sont un élément vital de la plupart des civilisations, celui qui contrôle les mines d’une planète, a un moyen de pression très puissant contre les gouvernements.

Clave : Je sais, mais le siège social de ma multinationale contient un peu trop de poussière à mon goût.

Cerf : Je ne vois pas le rapport.

Clave : C’est pourtant simple, plus je serai un poids lourd dans les appareils et les outils de nettoyage, plus le siège social sera propre.

Cerf : Vous avez déjà tout ce qu’il faut comme moyens mécaniques pour nettoyer, ce qui vous manque c’est surtout du personnel de ménage.

Clave : Et moi, je te dis que la solution est dans l’achat d’aspirateurs et de balais.

Cerf : Si vous renoncez à vos sociétés minières, vous allez perdre beaucoup de puissance politique et économique.

Clave : Très bien, je suis disposé à renoncer à mon projet.

Cerf : Merci monsieur, vous avez pris une décision très raisonnable.

Clave : En échange je veux que tu m’apprennes à jongler avec trois balles, si tu refuses, je me débarrasse de toutes mes mines. Autrement penses-tu que j'aurais besoin d'un septième soin pour les mains pour supporter les conséquences du jonglage ?

Cerf : Je ne comprends pas ce que vous dites.

Clave : J'ai l'habitude de mettre le matin sur les mains, une crème préparatrice, une lotion hydratante, un onguent réparateur, un soin anti-rides, une pommade protectrice, un baume tonifiant. Je voudrais savoir si l'utilisation d'un septième produit de protection des mains est nécessaire.

Cerf : Le jonglage n’est pas une activité qui irrite spécialement les mains.

Clave : Tu crois ? Il est midi, tu peux disposer, je vais manger.

 

          En matière de puissance économique et politique, Robert Clave le président était un monstre. Il pouvait d’un claquement de doigt provoquer la faillite financière de plusieurs dizaines de partis politiques, et générer une crise économique à l’échelle nationale, juste en ayant un commentaire un peu acide.

          Mais Clave n’était pas la seule personne qui disposait d’un pouvoir énorme, il avait des rivaux qui de temps à autre contrebalançaient ses plans. La multinationale qui posait le plus de problèmes à la Vile Corp était la Square Corp. Ce groupe tentaculaire réussissait moins que la Vile dans le domaine légal, mais il l’emportait allègrement en matière d’esclavage et de commerce de drogue. En effet la Square contrôlait des millions de dealers, et des milliers de trafiquants d’esclaves, tandis que la Vile ne comptait dans ses rangs que des milliers de vendeurs de drogue, et des centaines d’esclavagistes. Elandil Capone, le président de la Square, n’avait pas les travers de Clave, il réagissait presque toujours avec retenue et intelligence.

          Toutefois il possédait une caractéristique qui ralentissait considérablement son avancée sociale, et la réussite de ses plans, il s’agissait d’un elfe. Or les humains qui étaient beaucoup plus nombreux que les êtres elfiques, répugnaient souvent à accorder leur confiance et à traiter sur un pied d’égalité les elfes. Le handicap racial de Capone lui joua de nombreux tours pendables.

          Parfois la simple vue de son visage, notamment de ses oreilles pointues, avait suffi à faire échouer des tractations. Même si ses oreilles étaient la seule caractéristique visible à l’œil nu permettant de ne pas le confondre avec un humain. Il n’empêchait que la réussite de Capone s’avérait éclatante, en effet il disposait d’un des plus grands empires criminels qui soit. Un mot de sa part poussait des centaines d’assassins à traquer quelqu’un. Dans certains pays, plus de la moitié de l’économie illégale servait à enrichir le président de la Square. Résultat Clave était très jaloux, il déchirait souvent ses nounours parce que son rival Capone avait plus de méchants sbires à son service.

 

Clave : Je veux diriger d’ici moins de six mois la Square Corp, as-tu une idée Cerf ?

Cerf : Monsieur Clave vous placez la barre très haut, peut-être trop haut. La dernière attaque pour acquérir la Square a nui à la Vile Corp.

Clave : J’ai retenu la leçon, nous agirons plus finement, je m’arrangerai pour écrire plein de zéros.

Cerf : Qu’est-ce que cela change ?

Clave : Le pouvoir du zéro est immense, quand je revenais de l’école avec un zéro, j’étais privé de dessert.

Cerf : Je ne crois pas que cela soit suffisant pour garantir notre victoire sur la Square.

Clave : Ne t’en fais pas, les zéros ne sont qu’un soutien logistique, j’ai un plan bien rodé pour affaiblir la Square. Je vais faire courir le bruit que Capone veut mettre la main sur l’ensemble des syndicats criminels connus, cela devrait générer contre lui une gigantesque coalition.

Cerf : L’idée en elle-même est bonne, mais comment comptez-vous la mettre en œuvre ?

Clave : J’ai soudoyé deux des lieutenants de Capone. Ils vont quitter la Square Corp pour la concurrence, en véhiculant une jolie histoire mensongère ; selon laquelle Capone a des ambitions très grandes, et lorgne très clairement sur le territoire d’autres organisations.

Cerf : Cela peut déclencher une réaction anti-Capone, mais je ne crois pas que ce coup brillant garantisse l’union de la majorité des syndicats criminels contre la Square.

Clave : Les lieutenants emporteront avec eux de fausses preuves écrites, des ordres de mission d’envahissement de territoire de rivaux de la Square Corp.

Cerf : Qu’est-ce qui empêche un spécialiste chevronné de l’étude de l’écriture de découvrir le pot-aux-roses, que vous mettez en place une machination ?

Clave : Les écrits servant de preuves contre Capone seront véridiques. En effet le président de la Square a eu un élan de mégalomanie, puis il s’est ravisé. Il a signé des ordres de mission contre ses rivaux, mais il a fait marche arrière. Toutefois j’ai réussi à mettre la main sur les ordres compromettants.

Cerf : Félicitations votre plan est excellent, il pourra faire des dégâts sérieux à la Square, voire provoquer son anéantissement.

 

          Le plan de Clave le délirant fit perdre des plumes à la Square Corp, mais Capone résista au séisme. Il chargea un de ses lieutenants de faire semblant de trahir, et de fournir des documents écrits. Cependant comme les documents étaient pitoyables, des faux minables, cela eut pour effet de contrer les rumeurs selon lesquelles Capone visait le territoire de ses rivaux.

          Toutefois même s’il eut une stratégie brillante, il perdit quand même dix pour cent de ses richesses illégales. De plus son autorité s’amoindrit dans certains pays, et de nombreux partenaires d’affaires lui tournèrent définitivement le dos. Des milliers de subordonnés de Capone désertèrent, et proposèrent leur candidature à des syndicats du crime rivaux. Des centaines de politiques, remirent en cause leur soumission vis-à-vis de la Square.

          Il faudrait des années avant que Capone, récupère complètement du coup dur qu’il subit en terme d’influence. La stratégie de Clave l’amena à avoir une tentative de rencontre inattendue. Il s’agissait d’une visite qui tombait mal d’après le délirant. Ce dernier était en train de mettre au point une méthode infaillible d’après lui pour séduire les hommes et les femmes. Il apprenait à péter de façon bien bruyante, et à répandre avec les fesses des odeurs bien puantes. Il estimait qu’il s’agissait de la méthode ultime pour garantir l’admiration, une fois qu’il eut consommé sa saucisse à l’héroïne. Heureusement encore une fois Cerf arriva à la rescousse, et fit boire à son patron une potion pour le rendre lucide.

 

Cerf : Monsieur Clave, le dénommé Elandil Capone désire vous voir. Je vous déconseille de répondre favorablement à sa demande, il pourrait essayer de vous tuer.

Clave : Tu as peut-être raison, mais d’un autre côté je suis intrigué par ce que Capone voudrait me demander. Alors laisses le venir dans mon bureau, toutefois il devra se présenter seul, après avoir subi une fouille méthodique.

Cerf : Je persiste à penser que vous commettez une belle erreur.

Clave : Mon intuition me dit que je tirerai un grand profit de mon entrevue avec Capone.

 

          Clave le délirant reçut dans son bureau Capone, un endroit à la mesure de sa mégalomanie. Il s’arrangea pour que son lieu de travail se trouve au sein d’un étage plus haut que certains immeubles, et occupe vraiment beaucoup de place, il y aurait de quoi contenir des dizaines de milliers de personnes dans le bureau. Et l’objet le moins cher qu’exhibait Clave était un stylo valant cent pièces d’or. La chaise du délirant ressemblait à un trône, et la table sur lequel il écrivait était faite avec du bois précieux de couleur noir. Capone montra pendant une seconde une grimace de mépris, puis il se contint, il retrouva une expression neutre.

          Il était là pour négocier, proposer une alternative à la haine. S’il se montrait trop hostile il réduirait dramatiquement les chances que sa suggestion soit acceptée. Mais d’un autre côté il éprouvait une violente envie de mettre à feu et à sang les environs. Il avait le désir de répandre les tripes de ses interlocuteurs près de lui. Il fantasma sur le fait d’ouvrir le ventre à Clave et d’obliger Cerf à manger les doigts de ses mains et ses pieds. Cependant Capone reprit petit à petit le dessus, une mort brutale n’entrait pas dans ses plans, il voulait organiser la déchéance de Clave et ses subordonnés proches à la loyale, au cours d’une confrontation équitable. Et non succomber à un accès de sauvagerie, indigne d’un personnage de son rang.

          Capone était une vraie ordure du point de vue de la morale. Mais il était réputé pour sa faculté à garder le contrôle de lui-même, y compris dans les pires circonstances. Et il tenait à garder une réputation positive, il avait déjà assez de difficultés à cause des humains racistes qui contestaient l’autorité des elfes de son genre.

          Si Capone se ridiculisait auprès d’un ennemi comme Clave, il était certain que des récits honteux circuleront dans le milieu criminel le jour même, que quantité de gens seront chargés de transmettre la nouvelle. Alors Capone demeurait stoïque, même s’il ne comprenait pas qu’il fasse jeu égal voire soit dominé dans certains domaines par un délirant comme Clave.

 

Capone : Bonjour Clave, je suis là pour vous proposer un duel. Si vous l’emportez je vous cède ma multinationale, mais si vous perdez votre entreprise  la Vile Corp sera à moi.

Clave : Entendu je relève le défi.

Capone : Je vois que vous êtes un maniaque de l’hygiène. Vous vous êtes empressé de vous désinfecter les mains, après avoir eu un contact physique avec mes doigts.

Clave : Ce n’est pas parce que je me lave les mains au moins vingt fois par jour, que j’utilise trois lingettes désinfectantes chaque fois que je serre une main, et que j’évite d’embrasser sur la joue par peur des microbes, que je mérite le titre de maniaque, je préfère le qualificatif de précautionneux.

Capone : Vous êtes un maniaque, je parie que si je vous crache dessus, vous  vous évanouirez.

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Blog

Julien

03-03-2017

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Le démon, l'abruti et le délirant n'appartient à aucun recueil

 

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