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Le collectionneur de sourire. - Histoire Courte

Histoire Courte "Le collectionneur de sourire." est une histoire courte mise en ligne par "Wolf".. Venez publier une histoire courte !
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Le collectionneur de sourire

Vous savez ce que c'est un vrai sourire? Un vrai de vrai. De ceux qui allument une flamme sur le visage de la personne qui sourit. De ceux qui parviennent à faire sourire même le plus malheureux des hommes. Un sourire qui annonce à quel point cette personne est heureuse. Il n'y a rien qui gâche la beauté d'un sourire. Et même la personne la plus disgracieuse devient plus belle que n'importe qui lorsque le bonheur à l'état pur se peint sur son visage. On peut toujours se moquer des personnes que l'on trouve laide. Lorsqu'elles sourient ; elles deviennent belle comme par enchantement. Un sourire c'est cent fois plus fort que n'importe quelle paroles. C'est dire sans ouvrir la bouche que vous êtes heureux. Parce qu'il y a cette personne dans votre vie. Ou parce qu'aujourd'hui la chance tourne. Ou même parce que, enfin, quelqu'un vous remarque. C'est ça un vrai sourire et c'est beau parce qu'un sourire annonce toujours quelque chose de beau. Vous ne pouvez pas être triste après ça. Il y a quelque chose en vous, une flamme qui brûle dans votre cage thoracique. Qui vous protège contre tout. Contre les mots, contre les gestes.

 

Et moi… Je suis le collectionneur de sourires. Chaque jour, je marche dans la rue. J’observe, je cherche. Et lorsque j'aperçois une personne dont le bonheur est complet… Je m'arrête. Je sors mon appareil photo sans prendre le temps de cadrer. Je sais déjà que la photo sera resplendissante comme cette femme ou cet homme qui sans le savoir viennent de me confier une partie de leur bonheur. Je n'en croise pas souvent. Parfois, il faut chercher longtemps. Et puis, le bonheur se trouve partout. Il ne se cache pas dans chaque bar. Parfois, c'est dans la plus immonde des rues. Mais en un instant… Il n'y a plus ni odeur , ni saleté. Pure beauté que cet instant. Et puis alors c'est à mon tour de faire mon travail. Avec l'instant que je viens de capturer. Je m'attelle à écrire l'histoire de cette joie.

 

Ce n'est jamais facile, loin de là. Tous pourraient penser que je n'ai qu'à imaginer un simple amour futile mais cela va bien au-delà. L'amour n'est pas toujours la cause de ce bonheur. Parfois c'est une main tendue, un regard que l'on s'échange. Il suffit souvent de bien peu. Et c'est là qu'est la difficulté. Comment faire en sorte de retranscrire de façon compréhensible cet instant, sa cause et ses conséquences…Oh, je ne peux pas écrire exactement les émotions qui traversent ces gens. Je ne peux que les décrire d'une façon bien faible à mon goût. Je ne sais pas non plus, si la raison que j'attribue à ce bonheur est vraie. Mais je ne demanderais jamais à ces personnes pourquoi elles sont heureuses. Parce qu'elles se poseraient des questions, chercheraient une cause qui leur a surement échappé. Et puis oublieraient la joie. Il n'y a pas besoin de savoir.

 

Je n'ai jamais vraiment su. Et ne saurais surement jamais.

 

Vous devez surement penser que j'ai un travail magnifique. C'est vrai et faux. C'est beau d'écrire la joie et puis lorsque je les vois sourire, ils me transmettent même sans le savoir une partie de ce bonheur. Un sourire est toujours partageur. Pourtant, à chaque fois cela me rappelle que je n'ai pas connu cela. Jusqu'à aujourd'hui.

 

Je marchais simplement dans la rue, avalant les kilomètres de pavés à l'aide de mes jambes musclées. Je cherchais encore un de ces moments hors du temps. Comme à mon habitude, j'attendais d'apercevoir cette lumière éclatante qui ne manque pas de me prévenir. Elle ne venait pas, mais je savais que ce n'était pas grave. Il me fallait juste être patient. Je sentais quelque chose de différent en moi. Cette journée allait changer quelque chose, mais je ne savais pas encore quoi. Si j'avais su…

 

Les cloches de l'église venait de sonner midi. Et mon ventre criait famine, la marche ouvre l'appétit. Je connaissais la ville par cœur. Il n'y avait ni recoin, ni place qui me soit inconnu. J'ai choisi un restaurant italien. J'avais envie d'une pizza. Jambon-fromage, pourquoi ? Parce que je n'aime pas les garnitures. Sur la nourriture comme dans la vie. Je ne veux que des émotions pures et éclatantes.

Il n'y a que pour cela que la vie vaut la peine. Et malheureusement, à ce moment, je pensais connaître ses sentiments là. Le ventre rempli, je me suis laissé aller à quelques secondes de repos. Secondes que je ne regretterais jamais. J'ai regardé autour de moi. Des gens ordinaires, personne de réellement heureux. Mais au fond, je ne savais pas encore ce que c'était d'être heureux.

 

J'ai conscience que vous ne devez rien comprendre à mon histoire, à moins qu'un jour vous ayez vous aussi connu ce bonheur.

 

Je me reposais donc. Persuadé qu'il allait se passé quelque chose d'important. Tout semblait ralentir. Les oiseaux battaient des ailes si lentement que je m'attendais à ce qu'ils plongent. Un instant qui se prolongea dans ce qui me semblait être une heure. Pourtant il n'y eu qu'un instant. Et alors que disparaissais de mon champ de vision le dernier oiseau. Elle est apparue. C'était une femme, rien de particulier, elle aurait pu passer inaperçue si je n'avais pas croisé son regard. Des yeux d'un gris profond à ternir le monde. Mais surtout une infinie beauté en eux. Et je n'aurais rien connu de ce que j'ai toujours cru avoir en moi. La joie. Si elle ne m'avait pas ensuite sourit. Un sourire sincère. Et moi je lui ai répondu, ma bouche s'est agrandie comme jamais auparavant. Oh, il n'y a pas de mots pour décrire ce que j'ai ressenti. Il m'a semblé avoir été gelé depuis toujours. Et redécouvrir ce que veut dire avoir chaud. Tout en moi a fondu. Je n'avais jamais connu cela, et jamais je ne le reconnaitrai. Parce que c'était tout simplement magique. J'ai oublié jusqu'à mon prénom. Mes sens ont explosé. J'ai senti son parfum alors qu'une dizaine de mètres nous séparait. J'ai connu un instant pur comme je pensais en vivre chaque jour…

 

Mais cela ne s'arrête pas là. Même lorsqu'elle eut disparu, il est resté en moi cette douce folie. Déjà ses yeux m'ont manqués. Ce manque ne ternit pas ma joie. Bien au contraire, c'était comme la promesse que j'avais vécu l'un des plus beaux moments de mon existence. Peut-être même, le plus beau. Et je me suis rendu compte que je me trompais. Lorsque j'écrivais une histoire qui pouvait correspondre au bonheur de ces gens que je photographie. Je me trompais lourdement. Les raisons que je leur attribuais étaient stupides. Je parlais d'un amour partagé alors qu'il est cent fois plus puissant de ne découvrir que la folie d'aimer. Je suis devenu fou, fou d'amour.

 

Je ne peux plus qu'écrire des histoires d'amour. Encore aujourd’hui, chaque fois que je capture un sourire. Que je subtilise une partie de la joie que ressentent deux personnes. Je me rappelle, juste une minute de ce que j'ai ressenti moi. Je ne suis plus rien. Je ne vis que pour ces secondes où les émotions me reviennent. Et donc, chaque fois, j'écris l'histoire de l'amour que j'aurais voulu vivre. Un amour fou, vécu à cent à l'heure. Mais qui jamais ne s'arrêterait. Je sais que j'écris ce que j'ai vécu jusqu'à l'instant où je parle de retrouvailles entre ces gens. Là, je consume trop vite l'amour que je voudrais leur faire vivre toute une vie. Et je sais aussi que j'écris bêtement quelque chose que je n'ai jamais senti. Mais pourtant, je ne regrette pas d'avoir connu cela. Aujourd'hui encore, je vis heureux. Mon âme est partie dans les yeux de cette femme. Si elle était encore là, je pourrais souffrir mais elle a disparue. Je vis donc encore dans le souvenir. Savourant encore et encore cet enchantement. Si seulement, quelqu'un avait comme moi. Pris une photo de cet instant. Je cherche depuis si longtemps à voir l'image de mon bonheur. Je chercherais surement jusqu'à ma mort cette image qui doit être plus belle que toutes les miennes. Car elle représente mon bonheur, ma joie. L'instant où je fus le plus heureux dans toute ma vie. Je n'ai pas encore fini de consommer ce bonheur et ne finirais surement jamais car il est infini. Tout comme la beauté des yeux dans lesquels j'ai plongé et dont je n'ai pas réussi à ressortir.

Simon.

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Note Globale

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Auteur

Wolf

21-11-2011

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Le collectionneur de sourire. n'appartient à aucun recueil

 

Histoire Courte terminée ! Merci à Wolf.

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