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"L'Amer n'est pas à boire...La tasse, oui !" est un thème à plumes proposé par Jenny . Si le sujet vous inspire, prenez la plume et rédigez votre version. Un jeu de plume où tout le monde peut participer !Proposez un thème à plumes ! |
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Thème proposé : L'Amer n'est pas à boire...La tasse, oui !Chacun a dans son parcours de vie, des tasses qu’il a bues.Ce thème vous offre la liberté de les délivrer de vos gorges, en travers. Raconter, jeter ou déposer les mots que vous voulez… Mais pensez à y glisser la phrase : « l’amer n’est pas à boire… la tasse, oui ! ». Ton morose ou sarcastique, le ton sera celui que vous choisirez. Surtout ne vous y noyez pas, il ne s’agit que de tasses à boire… Je n’ai pas mon brevet de secouriste ☺ |
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l’Amer n’est pas à boire… la tasse, oui !
J’avais mis de côté mes cahiers de nouvelle que j’écrivais pour accélérer un temps, que j’espérais sans doute oublier. Plus envie ou besoin d’autre chose, sait-on vraiment ce qui détermine nos pulsions. Je pris une pile de feuilles volantes, libres de s’égarer, griffonnées de mots et sketchs sur la vie – de mots et pensées recousues – certaines aventures vous prennent par la main et vous emmènent là, où vous ne saviez pas…
Ce fut une nouvelle ère, en quête d’horizon, d’un point dans l’infini, d’une île sur l’océan, d’un voilier sans équipage. J’étais son capitaine, seule à son bâbord, voguant sur des flots secoués ; laissant ma plume lestée, dériver au gré des éléments troublés. La tempête n’y faisait jamais rage, car ma rage la refusait, et si le vent glacial battait parfois mes voiles, il ne parvenait guère à briser mon encrier. Je me souviens encore, de mes doigts engourdis qui refusaient de délier les lettres, qui se juxtaposaient pour composer des mots oubliés, censurés ou trop souillés. Peu importait, la façon dont les phrases se disputaient ; je savais que lorsque ma plume tomberait de ma main, je serais en paix le temps de les assembler. Les feuilles s’entassaient, mon encre se recyclait au fur et à mesure que j’étais portée par cette force invisible, qui m’ordonnait de garder l’œil fixé sur un horizon insondable. Insondable, comme tu l’étais, lorsque je te lisais mes pages cornées qui n’humidifiaient jamais tes yeux, à bien d’autres lieux, égarés ! Inflexible, tu restais, comme cet horizon qui me fuyait comme s’il me troublait pour surtout, ne jamais me voir – un jour l’accoster.
C’était à l’époque, mon premier roman, poignant et pétillant, à l’image d’une humeur que je dessinais pour mieux la côtoyer. Ma vie n’était pas ce roman, mais ce roman nourrissait la brise d’une envie. Il me semblait normal de vouloir partager avec toi, ce que je partageais avec d’autres, justes inconnus… mais inconnus justes. À la mi-roman, j’estimai être suffisamment lancée pour t’en parler et même, t’en faire lecture puisque tu n’aimais guère porter tes lunettes. D’une voix enjouée, je commençais à lire, mais étrangement, peu de minutes après, tu piquais du nez et lentement t’enfonçais dans ta bergère, la tête déviée sur le côté. Tout comme, lorsque l’orage surprend le temps, j’évitai d’en appréhender ses effets. Il faut savoir subir les intempéries, debout face au vent, sans blêmir ! Au fil des pages qui s’écrivaient, volontaire, je poursuivais mes lectures. Mais, indifférent tu t’endormais et jamais ne t’en excusais… D’ailleurs, a-t-on à s’excuser de s’assoupir si le contexte est approprié ?
Certes, l’Amer n’est pas à boire… la tasse, oui !
J’achevai néanmoins ce premier roman et sans chercher à définir d’incertaines motivations je poursuivais imperturbable, l’écriture du suivant. L’œil, toujours rivé sur l’horizon, je passai cependant à tribord. Mais à – ba – ou à – tri – cela ne changeait pas ton inclinaison. En vain, je persistais et poursuivais mes lectures, guettant un signe… un battement de paupières, une lueur dans le regard, un sourire complice : un signe ! Rien ne vint, alors je te soumis l’ultime idée, celle d’emporter mes pages à parcourir. Tu acceptas, certes, sans le moindre entrain, mais peu importait la façon dont tu fourrais dans ton sac, chaque pesant chapitre… Optimiste, à chacune de tes apparitions, j’espérais que tu me ferais un commentaire, même succinct, pour qu’enfin des mots sortent de ta bouche quand cet encombrant paquet de feuilles, discrètement, tu re-déposais. J’observais, à l’affut, tes lèvres cousues qui jamais, imperceptiblement, ne tremblaient. À la moitié du deuxième roman, je ne voulus plus boire de – tasses – et pris la décision de ne plus t’infliger la moindre de mes lectures. Dès lors, je me concentrais sur les banalités de la vie pour nourrir nos conversations. Quoi de plus normal… Ainsi va la vie et jamais tu ne t’en étonnas…
Toi… l’amer à boire.
Ne plus te boire est ma sagesse. Mais lorsque, droite sur mon bateau, je contemple encore l’horizon ; je sais que – l’amer me cerne encore –
Je cherche encore où je pourrais bien jeter cette ancre… Et puis voilà que je la vois couler ici ! Certaines aventures vous prennent par la main et vous emmènent là, où vous ne saviez pas… Ainsi vogue la vie !
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