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Jenny la Martienne - Roman

Roman "Jenny la Martienne" est un roman mis en ligne par "Jenny".. Rejoignez la communauté de "De Plume En Plume" et suivez les mésaventures de Jenny la Martienne et cie...

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Fiction psycho-sociale

  &

 Humoristique

 

 

 

   Jenny la Martienne

 

 

 

 

 

 

 

« Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. »

 Stendhal

           


 

1. Prologue

 

     L’histoire que vous allez lire est celle de « Jenny la Martienne [1] » ! C’est ainsi qu’on me nomme depuis que j’ai su que mon langage originel n’était pas celui du commun des mortels. Au tout départ, je n’avais pas conscience de cette singularité, c’est la raison pour laquelle, je ne me méfiais de personne et racontais à qui voulait l’entendre tout ce qui me passait par la tête. Dès lors, je compris que si d’aspect, je n’étais pas suspecte – mes pensées – trahissaient mes origines douteuses. Si j’ai toujours parfaitement maîtrisé mon propre langage, le second, acquis au fil des ans, m’inflige encore bien des tracas. Si j’avais appris à me « terre », j’aurais pu m’éviter certaines déconvenues, mais comme je suis née avec une langue pendue, j’ai dû apprendre à m’en accommoder.

Ce qui sur Mars se nomme – qualité – n’est plus qu’une tare parmi tant d’autres sur cette terre d’asile. Si à ma naissance, j’étais dotée de tous les artifices utiles et nécessaires pour avancer sereinement dans cette vie ; il me faut avouer qu’en vieillissant, j’ai eu un léger problème avec le mode d’emploi. Le code du savoir-vivre ensemble repose essentiellement sur la méthode orale du mensonge quand je suis formatée pour l’éviter. Autant dire que tuer la vérité dans l’œuf est une gymnastique assez épuisante au quotidien. Bilan du résultat : passable et quelques épines dans les pieds de tous ceux qui ont voulu me soumettre à des protocoles révolus ailleurs. J’ai aussi pour autre défaut, celui de collectionner les parcours d’obstacles, et comme je ne suis pas très douée pour lever haut la jambe… y’a souvent eu de la casse !  

Enfin bref… je parle, je parle ; je vous raconte ma vie alors que chacun le sait : les problèmes des autres n’intéressent que les curieux qui ont du temps à prendre pour s’instruire des soucis qu'ils espèrent ainsi éviter.

Ah ! Vous croyez que je ne suis pas cap' de répondre à vos questions… ouiii, vous là-bas, vous pensez que je ne capte pas dans mon oreille ce :

« Eh la martienne, avec les tares qu’elle se trimbale, est-ce qu’elle arrive à se trouver un martien ? »

Aaah, fastoche la question ! Celle-là, on me la pose depuis que je suis entrée à la FAC comme si les amphis en étaient peuplés ! Eh bien non, je ne croise que des terriens, en quête de leur princesse. D'ailleurs, j’ajoute que je n’ai jamais compris pourquoi, ils s'avéraient tous étrangement naïfs ? 

Sur Terre, les gens savent qu’il faut cultiver la discrétion et sourire même à ceux qui ne vous aiment pas. Mais moi, je ne suis pas encore au point sur le sujet. Mon instinct primaire me permet de sniffer à des kilomètres les embrouilles dans lesquelles je tombe pourtant !

Oh, rassurez-vous, je tombe mais prends aussitôt en note toutes les subtilités malveillantes. Mon langage s’enrichit et je sais qu’un jour je parlerai couramment cette langue sans que la moindre fourche vienne me la fendre.

Ouiii… vous voulez savoir à quoi ça ressemble une martienne ? Cela dépend des goûts et des couleurs.

Mon apparence est celle d’une terrienne de base ; je suis aussi rousse que d’autres sont brunes, mes cheveux sont aussi bouclés que d’autres les ont raides ; je suis plus grande avec des talons que celles qui le sont sans et ma peau est presque aussi blanche que celle d’une Irlandaise martienne. Autant vous dire que si j’ajoute à mon portrait le tempérament de feu qui évolue au fur et à mesure que je vieillis, je pense qu’au milieu de cent terriennes, on me reconnaît malheureusement.

Voilà, voilà, je parle, je parle et pendant ce temps vous attendez de savoir comment je m’en sors avec les terriens… Et bien, si l’affaire n’est déjà pas facile pour une fille normale, autant vous dire que pour une martienne, cela relève du parcours complet du mercenaire infiltré. 

Que ceux qui veulent écouter s’approchent plus près… encore plus près ! Stop !

Merci !

 

   

 

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« Avant de juger une personne, marche pendant trois lunes

dans ses mocassins. »

Proverbe indien

 

 

 
2 . Fomacho, mon premier Terrien !

 

 

  Le premier vrai terrien qui stigmatisa ma vie se prénommait — Fomacho — le type athlétique, gigantesque, blond et intelligent. Mon profil croisa le sien sur un forum yahoo ; il était étudiant dans ma ville et cherchait, non pas sa moitié mais « un genre de moitié » en CDD. Bien sûr, malin, il ne me proposa pas de but en blanc ce type de contrat, mais comme je ne suis pas non plus née de la dernière pluie, il ne me fallut pas longtemps pour détecter l’anguille placée sous sa roche.

« Eh, eh… mon gars, si tu cherches un CDD et veux me vendre un CDI en puissance, ça ne sert à rien de jouer au plus filou avec moi ! » pas folle la guêpe !

Quiconque fréquente ce genre de site, sait que fatalement, un moment viendra où le plus pressé des deux proposera de vérifier que l’autre profil en possède un pour de vrai ! Ce moment venait de sonner, l’heure de freiner des quatre fers était dépassée — quand le vin est tiré, il faut le boire ! C’est donc au parc fleuri du centre-ville que j’échafaudai à la va-vite mon plan d’approche au grand jour.

Prudente, j’arrivai à l’avance et m’assis à l’entrée du parc, histoire de juger de loin pour prendre un minimum de recul (tactique bien connue). Soudain je le vis… franchir l’entrée avec un air inquiet, avancer vers moi et me passer sous le nez au moment où je le baissai (astuce), puis il s’éloigna, me présentant son profil de dos… Enfin, il pivota, consulta sa montre, une grosse ; d’un geste nerveux, il releva une mèche rebelle et commença à battre le pavé sur place. Huum, me dis-je : « il serait de bon ton que je manifeste ma présence, » et là, d’un geste naturel et gracieux, je lançai mon bras en criant mélodieusement mon meilleur houhooou... Alors comme dans tout bon film, son visage s'illumina, il afficha son plus large sourire et accourut vers moi en prononçant ces premiers mots magiques !


« Eh ! je t’avais pas reconnue tout à l’heure.

Bah c’est pas grave ! ce qui compte, c’est que t’aies pas fait celui qui ne me voyait pas quand j’ai crié mon houhou.

Non tu rigoles, ça me fait tout drôle de te rencontrer, c’est quand même la première fois qu’une fille de yahoo me file un RDV dans un parc.

Ah, c’est vrai que d’habitude, t’as aucun mal pour rencontrer des filles en vrai !

Ouais, mais en ce moment, j’ai pas trop le temps de sortir pour chercher, et en plus dans mon école d’ingés y’a que des mecs ! Enfin voilà quoiii... ben dis donc, je suis étonné qu’une si jolie fille soit pas casée, je reconnais que je craignais un peu que tu sois plus moche que sur ta photo... heu enfin voilàaa…

Bref, t’es pas déçu... donc ! »

 

  C’était ma première rencontre dévirtualisée et pour une martienne, c’était quand même flippant un max, mais je dois reconnaître que sur ce coup, j’avais assuré.

Bon, bien sûr, Fomacho qui n’était pas non plus le fils de n’importe qui, m’avait l’air de rien soumis tout un questionnaire susceptible, de l’air de rien, vérifier que notre association sociale ne viendrait pas entacher sa réputation sociale.

Une fois de plus, j’avais bien joué et avais répondu avec succès à tout le questionnaire. Faut dire que les QCM, c’est quand même ma spécialité, en tant qu’étudiante assez brillante. Sur ce coup-là, je venais de décrocher mon premier faux CDI et vrai CDD ; faut bien débuter… non ?

Du haut de son mètre quatre-vingt-onze, il me souriait, tout fier qu’il était d’avoir finalisé avec une yahouienne, intelligente, mignonnette et socialement respectable !

Pour fêter mon intégration, il décida de me présenter ses amis, collègues, colocataires directement à son adresse perso !

Ma mère, une Martienne, qui a plus d’un tour dans son sac, m’avait dit :

« si bla-blabla et que blabla-bla, tu pourras aller boire un verre chez lui. » Et comme le bla-bla-bla correspondait bien, j'ai tout bêtement pensé « no souci, j’y go sans crainte ».

Arrivée, dans l’antre, avec passage obligé par jardin de la colocation, je fis une entrée sous les xxx paires d’yeux des habitants curieux du lieu. Merde, me suis-je dit, dans quel traquenard me suis-je laissée embarquer ?

 

Je vous présente Jenny ! c’est la copine de l’amie d’un pote que j’ai croisé en ville tout à l’heure. clama Fomacho.

Heu, c’est cela même, répondis-je en songeant : « en voilà un mec qui a de l’avenir dans l’art et la manière de gérer les situations de crise. »

 

Bref, dès le départ, je me suis dit : « Fomacho, c’est un mec, un vrai, » en admirant son aisance avec les autres. Déjà, il me tenait par la taille, c’était clair que mon CDD venait de commencer ! Auprès de lui, je me sentais en sécurité, ma tête débutait à hauteur de ses pectoraux, et visiblement il sculptait sa musculature tous les jours. J’étais aussi à la bonne hauteur pour humer son déo ambré, non pollué par son odeur de transpiration qui maculait sa chemisette blanche impeccablement repassée.

Aussitôt, je me retrouvai attablée avec la bande des terriens du coin et mon futur Amoi, qui jacassait comme une pie en me lançant des oeillades du style : « T’as vu, t’as pas rencontré n’importe qui ; vois la vedette que je suis ici ! t’en as conscience ma belle… » Bah oui, la belle  en avait conscience, mais la belle devait aussi songer à lever le camp pour ne pas se faire croquer d’un coup ! Non mais ooohhh, c’est que je le voyais venir moi, avec ses mains caressantes, ses tapes dans le dos, ses clins d’œil clignotants et sa langue pipelettante soûlante. D’un bon, je me levai et annonçai mon départ.

Eh, tu pars pas déjà ? couina Fomacho. Tu vas bien rester encore un peu…

Désolée ! j’ai du taf, je dois y aller !

Heu... on se revoit quand ?

Baah, on se mail, se tel, se sms…

 

  En toute chose, il faut raison garder, et là, je devais faire le point et réfléchir comment j’allais mener cette affaire de cœur, qui sans aucun doute allait se prolonger. Dans les affaires de cœur, ce sont toujours les débuts qui sont intéressants (du moins je l’ai appris en vieillissant) ; je n’avais pas du tout l’intention de laisser Fomacho décider de sa gestion. Un CDD, ce n’est pas non plus une mission journalière ni une MCD (mission de courte durée). Si je décidais de glisser sous peu dans ses bras, je tenais à y rester le temps que je déciderais, et non le temps qu’il m’accorderait !

 

Petite nuance à cérébraliser dès le début d’une relation si on ne veut pas se faire remercier avant l’heure. Mieux vaut écrire le scénario (enfin tenter de le prévoir) un peu, comme dans un film. J’écris le début, la fin et je me débrouille à ce qu’au milieu tout se passe comme je veux… quoi, c’est possible… non ?

Qui vivra verra !

An heni na avantur netra nà koll nà gounid ne ra ! [2]

 

 


[1] - Ne pas confondre "JLM" Jenny la Martienne, narratrice et protagoniste de cette fiction avec  – Jenny — l'auteure de la fiction !

[2] - Celui qui ne risque rien ne perd ni ne gagne ! (proverbe breton)

Accompagnement musical : Beautiful Music - Ireland ( video en dernière page).

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Auteur

Blog

Jenny

07-11-2010

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Jenny la Martienne appartient au recueil Biblio-Roman-Nouvelles

 

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