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Je ne chanterai pas - Réflexion

Réflexion "Je ne chanterai pas" est une réflexion mise en ligne par "czerny31"..

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Je ne chanterai pas

 

Edouard Debat-Ponsan (1847-1913)

Allons enfants de la Patrie

Tiens donc, tu nous appelles enfants ?

Sur ce coup-là c’est du sérieux.

Sol des aïeux, que nous veux-tu ?

Nous ne t’avons jamais trahi,

Sommes tombés en te chantant,

T’avons nourri d’un sang glorieux

Pour quelques noms sur des statues.

Après des années de mépris,

Tu te souviens des bonnes gens ?

Et par quelques mots élogieux,

Lève une armée d’enfants battus.

 

Il n’est pas un village, il n’est pas un quartier qui ne témoigne du lourd tribut payé à la Terre de nos Pères.

Il n’est point de lignée, il n’est point de maison qui n’ait encore les yeux rougis devant le portrait sépia d’un jeune héros, mort au combat.

Ils ont entendu « liberté », ils ont entendu « tyrannie », ils ont entendu « patrie », se sont levés et ont marché, confiants en un monde meilleur.

Ils ont bombé le torse en mourant pour léguer aux enfants un monde de justice, un monde fraternel.

A peine leurs noms étaient-ils gravés sur nos places, qu’une valse de nantis butinait tous les trésors annexes de la guerre.

Par-ci des contrats de travaux ou d’aménagements, par-là des ventes d’armements, ici encore des privilèges, des places fortes, des territoires, des promesses de commandes industrielles…

Bien des enseignes de nos jours se sont nourries du sang des Justes, dont de nombreuses entreprises aujourd’hui multinationales ayant pignon sur rue. Ceci est connu et démontré dans les domaines de la banque, de la médecine, des travaux publics, des transports, de l’imagerie, des aciéries, des technologies de pointe et de… la haute couture.

Mais qu’est-il advenu de leur descendance, des loupiots souriants qui illuminaient leurs dernières correspondances, leurs intimes pensées, leur joie de vivre, leur devoir de mourir ?

Ils ont vécu la montée des lobbys et de leur pouvoir sur les états, la sape du petit commerce, de la libre entreprise. Ils ont vécu une fiscalité exponentiellement dévorante et morbide, et le pire de tout… Ils ont vécu la faillite de l’enseignement, l’effondrement de la culture et la fin programmée des artistes.

 

Le jour de gloire est arrivé !

Combien faudra-t-il de clairons,

De fanfares et de tambours,

De choristes et de parades,

De champs d’honneur, de défilés,

Pour duper tant de bataillons,

Pour abuser de leur bravoure.

Après d’ultimes embrassades,

Il n’est de gloire à se faire tuer

Pour un symbole, un médaillon

Prêchant l’amour, la liberté,

Sous un parfum de mascarade.

 

Ce n’est point l’intellect qui naturellement nous pousse à mourir. Ce n’est que pour ce legs d’une terre promise à des jours de douceur, qu’un homme prend les armes.

Les musiques et cadences du tambour et du clairon, les voix graves des chœurs, parlent à nos émotions. Sous cette hypnose nous entrons en bataille, fleur au canon.

Les survivants de telles tragédies ne peuvent s’empêcher de se souvenir et de laisser perler une larme sur leur joue ridée.

C’est peut-être une larme de froid sur les champs de Verdun

C’est sûrement une image du sourire d’un camarade avant la mitraille

C’est aussi l’amertume que donne le recul

Et ce sont les questions qui restent sans réponse, pourquoi, pour qui ?

Pour des idées ?... Certainement.

Un idéal ?… Bien sûr.

Ce serait à refaire ?... silence

Je le referais, mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Et pour recommencer… silence

Une autre larme, et ce n’est pas le froid.

 

Contre nous de la tyrannie !

L’air vibre encore des échos

De votre chant de la Victoire,

Des derniers râles de nos braves,

Que déjà naissent en vos esprits

Le fondement de vos complots

Qui armeront d’autres barbares,

Leur bâtiront quelques enclaves,

Exalteront leurs théories.

Puis nous verront sous le drapeau

Traquer, pourfendre ces soudards

Nous libérer de toute entrave.

 

Tout semble s’organiser comme s’il avait fallu générer un nouveau monstre, dès la fin des trente glorieuses. Le développement économique se tarit, le plein emploi s’essouffle et les baby-boomers sont en attente…

Avec les années 70, on assiste à une métamorphose de l’enseignement qui marquera le début de sa dégringolade, tant dans son organisation et sa structure même, que dans les programmes, les méthodes d’enseignement et la formation des enseignants.

Les cours d’histoire, de lettres et de philosophie sont les premiers perdants de ces changements. L’inculture est en route…

L’entreprise est brisée par un ralentissement naturel de l’activité, et une fiscalité effrénée vient grever tout espoir de relance, sous une pluie de lois et décrets  qui rendront le parcours de l’entrepreneur de plus en plus périlleux, pour le bonheur des grandes enseignes, dont le pouvoir s’accroit.

Les cités s’emplissent de jeunes désœuvrés, en carence de culture et vivant dans des familles en souffrance. Le terreau de la radicalisation est en place, et les portes sont grandes ouvertes aux prédicateurs de tout poil.

Parallèlement, sur le plan international, on assiste à d'intolérables injustices liées au conflit israélo/palestinien. De puissants intérêts mondiaux, en relation avec le sionisme, tendent à troubler les consciences en cultivant l’amalgame entre le peuple juif et cette idéologie, de telle sorte qu’il soit politiquement incorrect de porter un jugement ou une critique sur les pratiques de colonisation en Palestine.

La haine et la violence prennent germe dans les esprits de jeunes en dérive, attisées par des imams salafistes, qui s’expriment librement durant de nombreuses années.

Sous couvert tantôt de la suspicion de détention d’armes de destruction massive, tantôt de violation des droits de l’homme, ou de risque de chantage aux approvisionnements énergétiques, l’occident n’hésite plus à détruire les gouvernements d’Irak et de Libye en abandonnant ces contrées totalement désorganisées, à la merci d’extrémistes. Ce sera un peu moins aisé pour la Syrie qui reçoit l’appui de la Russie.

Il leur est ainsi offert un territoire, des revenus colossaux qui leur permettent de fonder un véritable état.

La Bête sanguinaire est née et s’organise tel un cancer ramifié sur la planète.

 

 

 L’étendard sanglant est levé !

A quelle époque vivons-nous 

Pour adorer quelques emblèmes

Jusqu’à les couronner de sang

Puis aliéner  notre pensée

Sous l’ascendance d’un gourou,

D’un concerto ou d’un poème,

Ne plus distinguer l’indécent,

Sur l’allure d’un pas cadencé,

De nos voisins trancher le cou

En leur vomissant notre haine.

 

                        Ces jours-ci, la Bête nous a frappés, en plein cœur de Paris.

                        L’impensable n’est plus à nos portes, mais en nos murs, en nos cités.

                        Elle a frappé notre jeunesse, notre mode de vie, notre philosophie, notre liberté.

                        Aujourd’hui, nous sommes contraints, une fois de plus de faire front, d’être unis.

Aujourd’hui encore, il est probable que les armes soient une des seules perspectives qui nous permette de rester maîtres de nos destins et d’amener l’humanité vers un monde meilleur, même si ces paroles me sont amères.

Aujourd’hui encore, nos armes vont dispenser ce que l’on appelle proprement des dommages collatéraux. Derrière ces mots, se trouve le sang des populations locales, qui partagent pourtant le même ennemi.

Une fois de plus, nous nous sommes laissé entraîner par d’occultes complots, dans cette folie qui mène le monde dans cette histoire sans fin de la violence nécessaire.

Mais que cette fois-ci, soit vraiment la dernière… et non plus un vœu pieu répété à chaque armistice.

Une refonte du monde, de nos dirigeants, de nos centres d’intérêt et de la finance mondiale est à envisager dès que les heures sombres qui s’annoncent nous permettront de retrouver toute lucidité.

L’avenir de l’Homme en dépend.

Il faut envisager une révolution mondiale qui remettra l’humanité sur nos drapeaux et dans nos hymnes.

Je ne chanterai pas en défendant mes frères.

 

                                                                 *****************

 

Matteo Renzi, dans la salle des Horaces et des Curiaces du Capitole, le 24 novembre 2015 :

 

 Dix jours se sont écoulés depuis les événements tragiques de Paris. Et pourtant, dans nos discussions quotidiennes, en famille, au travail, entre amis, nous sommes nombreux à réfléchir au sens profond de ce qui s’est passé. Et à la façon dont nous, les Italiens, nous, les Européens, nous voulons et nous devons répondre.

 

J’ai choisi d’être ici aujourd’hui pour dire clairement ce que pense le gouvernement, mais surtout pour dire ce que fait et fera le gouvernement. En ce lieu historique de la ville de Rome. En ce lieu devenu un symbole pour l’Italie et l’Europe tout entière, puisqu’elle a choisi, il y a cinquante-huit ans, de signer ici les traités fondateurs de la Communauté européenne. Ici est née l’Europe…

 

… L’Italie demeure fidèle au principe selon lequel une coalition internationale nécessite le respect des règles du droit international et une vision stratégique pour l’avenir des territoires où elle intervient…

 

La réponse que l’Italie doit leur donner est très simple: nous, nous ne changerons jamais notre façon de vivre…

 

 Parce qu’il y a des siècles d’histoire dans cette salle, dans ce palais, et là dehors, dans cette ville, dans ce Pays, il y a des siècles d’histoire qui prouvent à hauts cris que la culture est plus forte que l’ignorance. Que l’humanité est plus forte que la terreur. Que la beauté est plus forte que la barbarie…

 

 

 

 

… Mais nous avons besoin d’une réponse qui ne soit pas uniquement émotionnelle…

 

Pour chaque euro de plus investi dans la sécurité, il doit y avoir un euro de plus investi dans la culture. Il ne peut y avoir une réponse seulement sécuritaire, en priorité. Parce que nous ne serions plus libres si nous nous enfermions dans la noirceur de nos peurs. Il faut investir dans la sécurité, bien sûr. Mais, en même temps, nous rappeler qui nous sommes et donc investir aussi dans l’innovation, la culture, le sport…

 

A chaque fois que nous intervenons en matière de cyber sécurité, il doit y avoir une start-up qui naît. Pour chaque nouvelle caméra de surveillance installée quelque part, il doit y avoir un vidéaste ou un metteur en scène de théâtre qui puisse en utiliser une. Pour chaque investissement dans la police, il doit y avoir un plus grand effort de nettoyage de nos banlieues. Pour chaque caserne rénovée, nous voulons un musée plus accueillant. Pour chaque véhicule blindé de plus, un terrain de football. Pour chaque arme, un panier de basket dans la rue. Toute somme d’argent dépensée dans la sécurité se transformera en investissement si nous nous rappelons ce que nous défendons: notre identité, faite de pluralisme et de dialogue, de tolérance et de débat, de racines et de valeurs…

 

L’Europe est née ici, dans cette si belle salle. L’Europe se réunit à Bruxelles dans ses palais institutionnels. Mais l’Europe est en train d’oublier pourquoi elle est née. Les quartiers de Molenbeek se trouvent à trois kilomètres à vol d’oiseau de ces bâtiments. Là où l’intolérance prime sur l’intégration, l’Europe est perdante. Là où un débat bureaucratique prime sur la politique, l’Europe est perdante. Là où la réaction prime sur la stratégie, l’Europe est perdante. Elle perd aussi là où quiconque tente de faire des immigrés et des réfugiés des terroristes. L’Europe veut nous faire croire que l’ennemi vient d’ailleurs et n’a pas grandi dans nos banlieues. Elle veut nous dire qu’il suffirait de contrôler les frontières, et tous les problèmes seraient résolus. C’est une pure illusion…

 

… La question est la suivante: je veux le dire avec clarté et décision, c’est celle de l’immigration qui doit être traitée, gérée et résolue, tout d’abord en mettant fin aux guerres civiles qui ensanglantent certains pays du Moyen-Orient et d’Afrique…

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czerny31

29-11-2015

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Je ne chanterai pas n'appartient à aucun recueil

 

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