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Folie : celle qui sommeille en c... - Histoire Courte

Histoire Courte "Folie : celle qui sommeille en chacun de nous" est une histoire courte mise en ligne par "mirkocrocop"..

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Folie. Celle qui sommeille en chacun de nous.

Je ne suis qu'un homme normal avec une vie banale qui un jour, succomba à la folie. Celle qui sommeille en chacun de nous. Vous allez sans doute me juger, me condamner, me vomir, m insulter, me détester, peu importe. Je suis fier de mon œuvre. La voici.

C était un vendredi soir. J étais épuisé car j avais fini tard. Ce boulot me plaisait mais me vidait de mon énergie. Il était environ vingt heures lorsque j arrivais chez moi. Je n avais rien de prévu ce soir là puisque le repas de travail auquel j'étais convié par mes collègues avait été finalement reporté à la semaine d'après. Triste hasard. Si la soirée avait été maintenue comme convenu, des gens ne seraient sans doute pas mort ce soir là. La vie ne tient qu'à peu de choses..

J avais faim mais aucune envie de cuisiner. Je décidais donc de me rendre au fast-food qui se trouvait à une centaine de mètres de chez moi. Je pris une bonne douche, enfila un jogging et m'en alla. Sur le trajet, je contemplais les arbres, le ciel et ses quelques nuages. Je me sentais étrange. Une curieuse sensation m'habitait. Je regardais les gens, le balai incessant des voitures, les vitrines de magasin, et toutes ces choses qui d'un coup me paraissaient totalement insensées. A quoi rimait notre quotidien ? Notre vie? Nos projets ? Nos plaisirs si futiles ? A rien. Je ressentais à ce moment-là beaucoup de peine. Je pensais à ma vie, à son vide, à cette envie de le combler, à cette souffrance de ne jamais y parvenir.

Depuis quelque temps déjà, je faisais face de manière régulière à des épisodes déprimants ou dépressifs, à des sensations angoissantes animées par des voix qui résonnaient dans ma tête. Puis, sans raisons apparentes, ces voix repartaient, me libéraient de ce poids avant de revenir à la charge quelque temps après, toujours plus fortes, toujours plus convaincantes. Ce soir là en question, elles eurent raison de moi. Je décidai de m'abandonner à leurs consignes et de les suivre une bonne fois pour toute.

J arrivais dans le fast-food. Il était rempli d humains en tout genre. Des enfants, des vieux, des jeunes, des gros, des noirs, des maigres, des blancs, des hispaniques, des hommes en costard, des femmes en robe, des employés stressés et stressants, des patrons cons et chiants. Je me rendis au comptoir mais rapidement une caissière s'approcha pour me rappeler que désormais, les commandes se passaient directement sur des bornes électroniques prévues à cet effet. Le comptoir ne servait plus qu'à retirer sa commande. C'est assez étrange mais c'est à ce moment précis que j'ai su que cette femme allait être ma première victime ce soir.

J'attendais, assis sur un tabouret prévu à cet effet, lorsque mon numéro de commande s'afficha. Je me levais, la retirais et m'asseyais sur une table collée à la baie vitrée. Je dégustais mon repas tout en observant tous ces êtres malheureux, qui riaient toujours plus fort dans l espoir de faire taire la tristesse qui sommeille en nous tous. Pauvres cons, me disais-je.

Il était environ vingt et une heures lorsque je décidais de passer à l action. Je me dirigeais derrière le comptoir, sûr de moi et impatient de retrouver celle que j'avais désignée comme ma première victime. Je l'aperçue en cuisine en train de préparer les sandwichs. Je m'enfonçais d'un pas rapide dans les coulisses de cette mascarade. Les employés, casquettes sur la tête, me regardaient bizarrement sans pour autant avoir eu le temps de me dire quoi que ce soit. La jeune fille que j avais repérée auparavant se trouvait désormais en face de moi. Elle me regarda d'un air idiot, impuissante face à ma volonté toute puissante de la supprimer de ce bas monde. Elle n'eut pas le temps de dire un mot. Je pris un couteau posé sur son plan de travail et lui enfonçai aussi fort que possible dans sa gorge si mignonne. Je sentis les vibrations du couteau dans ma main, celles provoquées par la perforation de la chaire, des muscles, des tendons et des artères. Quelle sensation étrange. Je peux encore la ressentir aujourd'hui lorsque je me concentre et que je m'imagine la scène. Sur le moment, aucun saignement abondant ne se déclencha. Je fus d ailleurs étonné. Il fallut que je retire le couteau de sa gorge pour que les premières giclées de sang apparaissent. Cette pauvre fille n'eut pas le temps de comprendre quoi que ce soit. Elle s'écroula dans une mare de sang.

Soudain, le bruit. Des plateaux cognaient le sol, des gens hurlaient, couraient, se bousculaient. Certains employés quittèrent le restaurant, d'autres ne bougeaient pas, tétanisés par ce qu'ils venaient de voir. J'étais couvert de sang lorsque je regardai pour la dernière fois ma victime. Son corps était inerte et ses yeux encore ouverts semblaient vouloir me dire "pourquoi moi?". Je quittais d'un pas serein cette scène macabre. Je croisais quelques clients au téléphone, cachés derrière des tables. Je n'y prêtais que peu d attention. J arrivais sur le parking et tombais nez à nez avec un homme d'une cinquantaine d années qui venait d'arriver et qui semblait ne rien comprendre à la situation si particulière du moment. Il me dévisagea, inspecta mon corps de bas en haut en s'attardant sur mon torse et mes bras couverts de sang. Je m approchais alors de lui, il semblait apeuré mais tenta tout de même de retourner dans son véhicule 4x4 plutôt sympa. Je bloquais sa porte de la main gauche puis enfonçais mon couteau au niveau de son épaule. J'avais mal visé. En se débattant il détourna mon bras au dernier moment. Je rentrais alors dans une rage folle, incontrôlable. Je sortis la lame de son épaule et il cria. Puis, d une manière frénétique, je faisais des allers-retours sur son torse, sa poitrine, son visage, sa nuque et même ses cuisses. Il saignait de partout. J'accompagnais son corps vers le sol en le maintenant fermement de la main gauche, tout en continuant à le poignarder avec ivresse de la main droite. Je me redressais en admirant mon travail. Cet homme en costard et 4x4 venait de tout perdre en seulement quelques secondes.

La vie ne tient à rien.

Je pris ma voiture et rentrais tranquillement chez moi. La scène macabre dura à peu près 4 minutes. Par conséquent, la police n'eut pas le temps d'arriver avant que je parte.

J arrivais chez moi, le sourire aux lèvres, recouvert de sang mais fier de mon exploit. Pour la première fois, j'avais la sensation d avoir été utile à la société.

 

 

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mirkocrocop

05-08-2017

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Folie : celle qui sommeille en chacun de nous n'appartient à aucun recueil

 

Histoire Courte terminée ! Merci à mirkocrocop.

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