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Evolution musicale - Réflexion

Réflexion "Evolution musicale " est une réflexion mise en ligne par "Robouv"..

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Evolution musicale 

 

Pourquoi la musique classique est-elle si peu appréciée par un grand nombre telle une maladie honteuse ? J’ai plusieurs fois entendu la phrase suivante « j’écoute de tout sauf du classique ». Est-ce le style trop complexe qui en décourage certains ou le manque de curiosité pour écouter une musique trop méconnue ? Bon nombre n’ose pas s’y aventurer par crainte de passer pour un rétrograde.

Pourtant, de nombreux compositeurs actuels notamment ceux qui composent les bandes originales de films ou de séries tv sont bien souvent influencés par ces classiques et l’opéra cf. : bande originale du Seigneur Des Anneaux, noter également que chaque époque à eu sa bande son… du moyen-âge avec les troubadours jusqu’à nos jours avec le « Métal symphonique »

L’appellation « classique » est erronée. Il ne fait partie que d’un style de musique correspondant au siècle (18eme) de Mozart entre autres. Le « Baroque » venant avant avec des compositeurs tels que Bach, Vivaldi pour ne citer que les plus connus du grand public. Avec Mozart, Haydn et Beethoven il sera appelé « Classique ». Viendra ensuite le « Romantisme » avec Chopin, Debussy, Tchaïkovski et bien d’autres, suivi du mouvement contemporain. Certains compositeurs se retrouveront même à cheval entre deux styles.

Qui n’a jamais écouté l’hymne européen qui n’est rien d’autre que la 9eme symphonie de Beethoven ou le nombre de films dans lesquels sont interprétés des morceaux du même genre ?

Beaucoup pensent que le « classique » est seulement réservé à une élite du fait que pour l’apprécier il faille non pas l’entendre en fond sonore mais écouter avec attention afin d’en capter toute la subtilité. Tout art demande un effort d’appréhension, de compréhension. Une connexion qui se fait naturellement ou qui se travaille si les codes ne sont pas acquis au départ

Certes, j’admets que cela est plus difficile à mémoriser qu’une chanson de variété que l’on subit quotidiennement sur radios et télévision, mais que de richesses et sensibilités sonores dont certains se privent par manque de temps ou de culture musicale.

Voir un orchestre habillé en smoking pour interpréter ce genre de musique peut prêter à penser que ces mélodies sont destinées aux classes aisées. Ce n’est plus le cas ! Faites donc un tour dans une salle de concert et vous serez étonnés de voir le nombre de mélomanes habillés en jean ou tout simplement en tenue décontractée.

La tenue vestimentaire des musiciens est restée traditionnelle. Car à ces époques, les concerts étaient réservés aux cours royales et à la bourgeoisie d’où les musiciens qui devaient s’apprêter. Ce qui est encore le cas de nos jours mais la musique ancienne, quelque soit le style, s’est complètement démocratisée. Certains concerts sont même souvent gratuits. Dorénavant, acheter un disque de Mozart, Bach, ou autre est devenu à porté de chacun d’entre nous. Je trouve qu’il est vraiment dommage de passer au travers de joyaux musicaux par simples préjugés, car sans ces débuts musicaux, point de musique actuelle !

Qu’il est agréable parfois de se laisser bercer par des airs mélodiques de ces époques, il parait même, d’après des études scientifiques que même les plantes vertes y trouvent leur compte. Sommes-nous moins évolués que des végétaux ?

La chronologie nous amène au Blues. Inventé les esclaves noirs américains, chantant leur désespoir à l’aide de paroles rudimentaires sur des instruments basiques, harmonica et guitare principalement. Ce style pris tant d’ampleur qu’il toucha toutes les populations, puis vinrent les premiers rock’n roll qui si on prête une oreille attentive ne sont en fait que du blues accéléré avec des guitares électriques.

Elvis Presley, Chuck Berry et une multitude de nouveaux artistes apportèrent chacun une touche supplémentaire à ce style, jusqu’à en faire une musique de plus en plus élaborée et complexe à interpréter.

Désormais, le blues s’étant tellement fait connaitre de part des musiciens actuels comme BB. King, Stevie Ray Vaughan que le nombre de styles propre à cette musique est d’une diversité si variée que chaque région a son propre représentant, ainsi, de nombreux musiciens s’inspirent chaque jour de ces artistes de plus en plus en vogue, quoi qu’en pense les nouveaux medias.

En fait, rock et blues puisent l’inspiration dans les mêmes racines, seuls quelques accords et variantes les différencient réellement.

Moi-même, guitariste depuis des dizaines d’années, cette musique m’a marquée à tel point que mon jeu de guitare est souvent bluesy sans même m’en rendre compte lors de l’exécution de certains morceaux. Bien sûr, le rock’n roll également fait partie de mon inspiration.

Lorsque je débutais la guitare, une reprise des Beatles entendu sur un de leurs premiers albums fut un déclic pour moi, A travers la chanson « Honey don’t » en forme de boogie, j’avais enfin assimilé l’esprit du rock et son mécanisme. Comme dirait Baloo dans le livre de la jungle « il en faut peu pour être heureux »

N’ayant pas suffisamment de connaissances sur le jazz, je m’abstiens d’en donner mon avis avec objectivité, mais il contient tellement de styles différents qu’il m’est difficile d’en débattre par manque de d’écoute régulière.

Néanmoins certains jazzmen me touchent tels Django Reinhardt et Sidney Bechet entre autres, mais a part un nombre restreint, ce style part pour moi dans toutes les directions jusqu’au free jazz auquel je ne suis pas du tout sensible. Peut être avec le temps évoluerai-je à ce sujet.

Inoubliables, et ce mot est faible pour qualifier tous les albums des Beatles, ils ont traversés les décennies à travers leurs merveilleuses compositions, aujourd’hui encore, je ne cesse de découvrir de nouveaux intérêts à l’écoute de leurs titres indémodables.

Quand aux Rolling Stones, leur musique m’a beaucoup moins touchée même si quelques unes de leurs compositions sont des hits, peut être à cause du coté plus brut, moins mélodique, plus rock basique, mais moins riche en harmonie.

Vers la fin des années soixante, Jimi Hendrix créa une nouvelle approche de la guitare à travers des sonorités innovantes et une virtuosité jamais atteinte auparavant, de ce fait, il ouvrit la voie à ce qui allait devenir le Hard rock, puis le Heavy metal.

Les pionniers furent Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple, en cette fin de décennie, je découvris un peu par hasard cette musique qui allait révolutionner le Rock avec un grand « R ».

Au début de ce mouvement musical, il était très mal vu d’écouter cette musique dite diabolique jouée à fort volume sur des murs d’amplis guitare avec des chanteurs hurlants avec rage. Le fameux Triton (ensemble de notes musicales) utilisé pour la première fois par le groupe Black Sabbath fut au moyen âge considéré comme diabolique par le clergé, au point de l’interdire.

Pourtant, ces notes spécifiques furent régulièrement utilisées dans de nombreux films destinés à angoisser le spectateur.

Les années 70 et 80 furent le point culminant de ce style de musique avec une variété de genres de toutes sortes, AC/DC, Iron Maiden, Judas Priest, Europe entre autres, les sorties d’albums se succédaient à un rythme effréné.

Les adeptes du Heavy Métal furent longtemps considérés comme adeptes du satanisme alors que toute cette mise en scène, maquillage et vêtements provoquant n’étaient qu’une grande fresque théâtrale.

J’ai 63 ans et écoute encore régulièrement ce genre de musique, et ne me suis pas assagis avec le temps mais en suis fier, par contre, les styles plus durs : Trash, black métal, death, doom et autres du même style ne trouvent pas grâce à mes oreilles malgré de nombreux essais restés infructueux.

Le Rap quant à lui, remplace les groupes dénonciateurs dérivés des mouvements punk et Hard Rock comme trust… mais de part sa structure, n’est pour moi pas à considérer en tant que style de musique, mais plutôt en tant que discours mettant en exergue des problèmes sociétaires sur fond musical.

Qu’il soit français ou anglo-saxon, ce n’est pas une forme musicale, c’est du Rap ce qui se traduit littéralement par « Jacter » en argot américain. Le fond musical n’est présent que pour apporter un ensemble rythmique relégué au second plan (parfois emprunté à la musique classique), seul compte le message à transmettre.

La variété française ou internationale est devenue depuis les années 90 une musique de fast food que l’on consomme comme un simple produit de plaisir à laquelle les notions d’harmonie, de composition et de structure ne représentent plus le moindre intérêt, si cela passe à la radio et que cela a du succès, cela doit forcement être bien, pourquoi chercher plus loin ?

Combien de nos jours écoutent encore des Eric Clapton, Dire Straits, Pink Floyd et Queen ? Il s’agit désormais plus de « music business » pour les maisons de production que de musique de qualité car, à travers les stations de radios, combien passent encore ces genres de styles pourtant indémodables ?

Certes, ne généralisons pas, certaines mélodies sont vraiment intéressantes mais malheureusement ce cas devient de plus en plus rare au fils des décennies. Nous sommes loin des formations tel le groupe Abba ayant composé des mélodies géniales, un simple test pour évaluer une chanson : l’imaginer jouée de façon instrumentale par un orchestre uniquement, là seulement on pourra se faire une opinion réaliste sur son contenu mélodique et harmonique.

Une question me trotte dans la tête, comment à travers le temps a-t-on pu passer d’une musique ancienne riche et complexe à une musique si basique de nos jours dont certains succès ne contenant que 3 ou 4 accords tournants en boucle ainsi que des paroles souvent sans intérêt, suffisant à en faire des succès internationaux ? L’interprétation y est bien sur très importante, un simple exemple suffira à le mettre en évidence.

Les compositions et interprétations d’un Jean Jacques Goldman par exemple pour l’amateur de musique de variété française sont d’un point de vue travail mélodique ainsi qu’en qualité de paroles bien plus abouties par rapport aux albums des Christophe Mae, Stromae, Grégoire et nouveaux talents du même genre, lesquels seront rapidement porté aux nues quelques temps, grâce à une multitude de clips publicitaires et à un effet de mode mais tout aussi rapidement relégués dans l’oubli.

La musique devient plus un visuel à l’aide des milliers de clips passés en boucle sur des chaines télévisées qu’une opportunité d’écoute : Que penser de la malédiction MTV où les images deviennent plus importantes que le contenu d’origine.

A travers des émissions télévisées mondialement connues comme : The Voice et autres du même type, de nouveaux chanteurs et chanteurs se retrouvent rapidement propulsés au rang d’artistes par un vote télévisé et un jury uniquement destiné à faire de l’audimat sur la sensibilité des téléspectateurs.

A part quelques exceptions, ces néo-talents se retrouvent formatés malgré eux de façon à émouvoir le public par des méthodes préalablement étudiées afin de toucher un auditoire attentif à des postures, un physique agréable et règles théâtrales imposées par les chaines télévisées.

Pour certains la beauté d’un artiste sera bien plus importante que ce qu’il interprète, comme il est loin le temps d’un Gainsbourg qui n’avait comme seul attrait que son talent d’auteur compositeur. Une belle gueule ça aide, ça a toujours aidé !

Je doute que l’on puisse fabriquer un artiste avec de telles méthodes et en si peu de temps. Pour arriver à se faire connaitre en tant que tel, il se passe généralement des années de galère et de travail avant de commencer à se faire reconnaitre à sa juste valeur.

Combien d’entre nous s’émerveillent en écoutant et reprenant les chansons festives de Patrick Sébastien le samedi soir ? Quelle représentation de la culture musicale française !

Demandez aux autres pays quels sont les chanteurs qui, pour eux, représentent la chanson française (chantée en français évidemment) vous serez étonnés par les réponses. D’après des reportages récents, la chanson française aux Etats-Unis est représentée par « Edith Piaf » en grande majorité des personnes interrogées.

Sommes-nous comme certains philosophes l’affirment en pleine période de décadence tant au niveau intellectuel que musical, plus besoin de musiciens pour composer, un simple ordinateur suffit amplement à générer des morceaux dansants en quelques minutes et sans efforts, quant à la qualité des paroles actuelles, évitons de parler d’un sujet qui n’en est plus un. Est-ce cela l’avenir de la musique française ?

La taille de notre cerveau est-elle est train de rétrécir de plus en plus pour n’apprécier dorénavant qu’une musique rudimentaire ? Bientôt, un tam-tam seul suffira à sortir des tubes.

La musique finie par ne plus être un art mais une énorme industrie à faire de l’argent à l’aide de produits de basse qualité passant en boucle sur les radios et autres medias jusqu’à convaincre le consommateur qu’il doit acheter ce produit afin être en symbiose avec son époque. Le fric ne se fait plus sur la musique mais sur ce qu’il y a autour désormais.

De part ce conditionnement, nous ne choisissons plus ce que nous aimons, ce choix nous est désormais imposé par la société de consommation. Nous devons penser et aimer ce que tout le monde aime sinon nous sommes qualifiés de rétrogrades ou nostalgiques. J’ai déjà entendu à plusieurs reprises la phrase suivante « il faut vivre avec son temps ». Quelle ouverture d’esprit !

Demandez à vos enfants ce qu’ils écoutent, leur choix risque d’être identique à la majorité de leurs camarades de classe, un peu comme les marques de vêtements qu’il leur faut absolument acquérir. De la musique prête à porter. Quelle belle image !

Quel avenir pour la musique dans les prochaines décennies ? Si nous continuons à nous laisser imposer nos choix sans autre mode de réflexion que les médias, nous allons vite nous retrouver à nous extasier — comme dans le film de science fiction « Demolition Man » — à n’écouter que de la musique des publicités des années 50’s.

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Robouv

07-10-2017

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