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Eradiquons les pauvres - Scénario ou Pièce de théâtre

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Eradiquons les pauvres

 

Pièce en un acte

Décors

Une pièce, un trône (un vrai, pas une chiotte, quoique, faudrait y penser, ça pourrait faire une mise en scène vendeuse à Paris). Quelques casseroles ça et là sur le sol.

Personnages

Le roi … et tout un tas d’autres sans importance que nous classerons en deux catégories : les lèche-culs du roi ; les pauvres

Scène 1

Le roi, un lèche-cul

Le lèche-cul, sur un ton catastrophique : Sir ! C’est une catastrophe ! Le peuple est à la porte ! Ils veulent détruire le château !

Le roi : Ca nous donnerait une bonne excuse pour faire des travaux ou en construire un neuf. Vous savez qu’il pleut dans ma chambre aussi maintenant ? Il faudrait vraiment faire quelque chose avec ce toit.

Le lèche-cul : C’est qu’on n’a pas les moyens de faire les réparations Sir.

Le roi : Je sais ! Vous répétez ça sans arrêt. Un temps. Ce sera tout ?

Le lèche-cul : Comment ça, ce sera tout ?

Le roi : Je vous demande de réparer le toit, vous me dites qu’on n’a pas les moyens… Ce sera tout ?

Le lèche-cul : Mais, c’est que je n’étais pas du tout venu pour ça, Sir.

Le roi : Ah ! Pourquoi déjà ?

Le lèche-cul : Le peuple, Sir ! Il est à la porte !

Le roi : Ah oui ! Qu’est-ce qu’il veut ?

Le lèche-cul : De ce que j’ai entendu, vous tuer.

Le roi : Ah bon ! Bah, ne les laisser pas entrer alors. Dites-leur que je suis souffrant. Qu’ils rentrent chez eux et je les recevrai un autre jour.

Le lèche-cul : C’est qu’ils ne demandent pas vraiment la permission, Sir.

Le roi : Comment ça ? Mais c’est une honte ! Vous entrez chez les gens sans y être invité vous ? Quel manque d’éducation ! Il faudrait penser à construire des écoles dans ce royaume.

Le lèche-cul : Vous étiez contre le projet l’an passé.

Le roi : Pourquoi ça ?

Le lèche-cul : Vous disiez que les gens intelligents créaient des problèmes.

Le roi : Les cons aussi visiblement. Un temps. Ce sera tout ?

Le lèche-cul : Comment ça, Sir ? Qu’est-ce que je fais avec le peuple ?

Le roi : Ne les laissez pas entrer je vous ai dit !

Le lèche-cul : C’est qu’ils ne demandent pas vraiment la permission, Sir. Ils essaient de forcer la porte.

Le roi : Mettez plus de gardes !

Le lèche-cul : Ils y sont déjà tous mais les villageois sont plus nombreux.

Le roi : Tirez dans le tas ! Ca en tuera quatre ou cinq, et les autres fileront comme des lapins.

Le lèche-cul : C’est que nous n’avons pas d’armes, Sir.

Le roi : Des gardes sans armes ! Qu’est-ce que c’est que cette connerie !

Le lèche-cul : Vous avez vendu les dernières pour organiser la soirée pour la baronne l’an dernier.

Le roi : C’est vrai. Quelle belle soirée. Il faudrait penser à en faire une autre. La baronne a des goûts de luxe, mais c’est vraiment une femme charmante. Drôle, raffinée, ouverte… Voyez ce qu’on peut faire.

Le lèche-cul : Pour ?

Le roi : La fête ! Voyez comment on peut se débrouiller pour organiser une fête décente pour la baronne dans tout ce merdier.

Le lèche-cul : Et pour le peuple ?

Le roi : Bah, il faudrait s’occuper de ça évidemment. La baronne ne peut as arriver en étant huée par des villageois qui lui lancent des tomates tout de même.

Le lèche-cul : Et comment fait-on, Sir ?

Le roi : Donnez-leur ce qu’ils veulent !

Le lèche-cul : pour le moment, ils veulent vous tuer.

Le roi : D’où leur vient une telle idée ?

Le lèche-cul : Les Français, la Révolution.

Le roi : Je déteste le Français. Ils mangent des trucs bizarres, sans parler de leurs idées saugrenues. A part me tuer, qu’est-ce qu’ils veulent ?

Le lèche-cul : Manger, je suppose.

Le roi : Voilà ! Donnez-leur donc un truc à grailler, et qu’ils rentrent chez eux pour qu’on soit tranquilles pour la fête !

Le lèche-cul : Il n’y a pas assez de nourriture au château, Sir, et si vous faites ça, ils reviendront demain.

Le roi : Ce n’était vraiment pas un jour à me faire des soucis. Je suis ballonné. Bon, quel est le problème ?

Le lèche-cul, sur un ton toujours aussi catastrophique : Sir ! C’est une catastrophe ! Le peuple est à la porte ! Ils veulent détruire le château !

Le roi : Ça va, ça va, j’ai compris ! Pourquoi ils veulent casser le château ?

Le lèche-cul : Ils sont pauvres.

Le roi : Tous ?

Le lèche-cul : Presque.

Le roi : Et comment on règle ça d’habitude ?

Le lèche-cul : On prend dans les caisses.

Le roi : Pourquoi vous ne l’avez pas dit tout de suite ? C’est bien ça. Pour une fois que vous avez une proposition correcte, faut pas hésiter.

Le lèche-cul : C’est que les caisses sont vides Sir.

Le roi : Remplissez-les !

Le lèche-cul : Pardon ?

Le roi : Vous me dîtes que les caisses sont vides. Remplissez-les et prenez dedans pour donner aux pauvres.

Le lèche-cul : Mais avec quoi ?

Le roi : Avec quoi ? Quoi ?

Le lèche-cul : Avec quoi je remplis les caisses ?

Le roi : Avec ce que vous voulez, je m’en fous.

Le lèche-cul : Mais ça n’a pas de sens, Sir.

Le roi : Comment ça, ça n’a pas de sens ? Vous me dîtes qu’il faut remplir les caisses. Remplissez !

Le lèche-cul : Avec de l’argent !

Le roi : Faites un peu attention à votre ton !

Le lèche-cul : Pardon Sir.

Le roi : Et comment on trouve l’argent d’habitude ?

Le lèche-cul : On augmente les impôts.

Le roi : Pourquoi vous ne l’avez pas dit tout de suite ? C’est bien ça.

Le lèche-cul : Le peuple n’arrive plus à payer les impôts actuels, c’est pour ça qu’ils veulent vous tuer.

Le roi : Vous êtes pire qu’une femme vous ! Chaud, froid, chaud, froid. Je sais plus où j’en suis. Un temps. Qu’est-ce que vous proposez alors ?

Le lèche-cul : La meilleure solution serait de baisser les impôts, Sir.

Le roi : Alors ça, pas question ! Comment je répare le toit après ? Et la fête pour la baronne ? Non, il est temps que le peuple apprenne le sens des priorités.

Le lèche-cul : Qu’est-ce que je fais alors ?

Le roi : Reprenons. Quel est le problème exactement ?

Le lèche-cul : Lequel ?

Le roi : Vous le faites exprès ? Mettez-y un peu du vôtre mon petit ! On s’en sortira pas comme ça ! Quel est le problème avec les fous furieux qui veulent démolir mon château ?

Le lèche-cul : Ils sont pauvres.

Le roi : Voilà. Le problème c’est qu’il y a des pauvres ?

Le lèche-cul : C’est ça.

Le roi : Tuez-les.

Le lèche-cul : Comment ça Sir, tous ?

Le roi : Oui, enfin vous pouvez en épargner quelques-uns si vous avez des amis dans le tas. Mais dans l’ensemble c’est ça.

Le lèche-cul : Mais on ne peut pas faire ça, Sir, ça n’a pas de sens.

Le roi : Pourquoi tout doit toujours avoir un sens avec vous ? Si on n’a plus d‘écoles, c’est justement pour pouvoir faire simple sans que personne ne nous emmerde. Le problème c’est qu’il y a trop de pauvres. On tue les pauvres, on tue le problème !

Le lèche-cul : Mais…

Le roi : Assez ! Ils veulent ma tête, je ne vais pas passer la journée à me torturer les méninges. Prenez-en une petite dizaine dehors, trouvez un prétexte pour me les amener sans alarmer les autres et jetez-les aux crocodiles.

Le lèche-cul : Aux crocodiles ?

Le roi : J’ai vu ça dans un spectacle. C’est propre, ça laisse pas de traces.

Le lèche-cul : Il n’y a pas un seul crocodile dans le royaume à ma connaissance.

Le roi : Comment voulez-vous que je mette en place des politiques correctes ? On n’a jamais ce qu’il faut. Qu’est-ce qu’on a de plus proche ?

Le lèche-cul : Des cochons.

Le roi : Ah non ! Les cochons ça pue ! En plus, on les mange après et je crois que ça me couperait l’appétit de savoir que l’animal a dévoré une personne qui voulait me tuer, des fois qu’ils aient trouvé le moyen de l’empoisonner. Et on risque aussi d’avoir les religions barbares sur le dos. Trouvez quelque chose. Propre. Et surtout que les autres péquenots ne se doutent de rien.

Le lèche-cul : Bien Sir. Il sort.

 

Scène 2

Pas de décors, c’est plus pratique à Avignon. Un groupe de lèche-culs en arc de cercle. Chacun prend la parole à tour de rôle en suivant l’ordre dans lequel ils sont placés.

Le roi a complètement perdu la tête ! Il veut éradiquer les pauvres du royaume pour pouvoir inviter la baronne.

Parce que tu t’en rends compte seulement maintenant ?

Quand même

On devrait faire quelque chose.

Quoi ?

Tous se regardent

Un de nous devrait prendre le pouvoir.

Ça devrait pas être compliqué de convaincre les ploucs.

Et il n’y a plus d’armée.

Un temps

Qui ?

Tous se regardent

Le royaume est ruiné, les paysans en colère, la terre pourrie. Qui voudrait diriger ce merdier ?

Un temps

C’est du suicide.

Sinon ils ont apporté des ours et des tigres avec le cirque.

Tous le regardent sans comprendre

Le même : Pour se débarrasser des pauvres !

Tous : Ahhhh !

Parce que je ne vois vraiment pas comment le cirque pourrait sauver le royaume.

Ça c’est déjà fait !

C’est une idée.

Tous : Non.

Les tigres c’est bien, c’est propre.

Combien il nous en faudrait ?

Tout ce qu’ils ont. Dis-leur de ne plus les nourrir jusqu’à nouvel ordre.

Vous croyez que ça va marcher comme plan ?

Tous : Non.

Ils se dispersent rapidement.

 

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Auteur

gin

01-05-2013

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Eradiquons les pauvres appartient au recueil 13 Tombeaux

 

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