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Entre 11h00 et 11h10 - Nouvelle

Nouvelle "Entre 11h00 et 11h10" est une nouvelle mise en ligne par "Mathi=U"..

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ENTRE 11H00 ET 11H10

 

 

LES LIGNES DE LA DESTINEE

 

- Tu vois, je verrais bien des plans courts sur la montre d’un passant, puis sur l’horloge du magasin, le réveil du clodo, puis la montre de Chloé bien sûr, à la fin. Plein de plans fixes très courts, juste pour rythmer le film, tu vois. Et en même temps ça renforce le truc : le pansement sale du clodo, les ongles parfaits de Chloé. Tout les oppose et pourtant grâce à lui…

- Mouais. Bof. Tu sais, j’y crois pas trop à ce projet…Il manque quelque chose, je ne sais pas…La vraie question c’est : qu’est ce que tu veux dire avec ce court métrage ? C’est quoi le message que tu veux faire passer ?

- Et bien, c’est ça justement : comment deux êtres que tout oppose vont finalement se rendre service. Comment l’un va orienter le destin de l’autre, simplement par sa présence. Et puis le rôle du hasard, ou de la destinée si tu veux. Marc hésite à jouer, Chloé ne devrait pas être là, peut être que Jérôme s’est trompé de rue…

- Attends, il faut que je relise encore.

 

Jeanne et Sylvain sont assis au café « le globe », en face du cinéma. Dans les mains de Jeanne, le manuscrit « entre 11:00 et 11:10 ». Déjà deux fois qu’il lui en parle, il a l’air d’y tenir. Elle n’est pas emballée mais elle aime bien Sylvain, alors elle relit.

 

11h00mn30s

« Et d’abord, ça s’rait jamais arrivé si l’autre Tartufe de Jean-Claude n’avait pas laissé sa bouteille cassée ici. Quel abruti ! Si je le croise, j’lui file une mandale même si ça doit faire péter l’raccommodage qu’le toubib m’a fait à la main. »

 

La housse de la guitare est grande ouverte sur 20 pauvres centimes orphelins. Marc ne s’attend pas à voir d’autres pièces tomber aujourd’hui. Jamais vu un guitariste qui ne peut pas jouer faire une pêche miraculeuse. Marc marmonne dans sa barbe. A sa gauche, le courant d’air vaguement chaud des portes automatiques du prisunic. Il aimerait jouer mais le médecin lui a interdit.

 

«II est bien marrant, l’toubib, mais qu’est ce qu’j’vais bouffer si j’ai pas un rond ? C’est pas en mâchant des cailloux que j’vais guérir ! »

 

Cette dernière idée finit de le décider. Marc se lève, attrape la guitare contre le mur et s’accorde.

 

11h05mn02s

« Toujours là, le clodo. C’est incroyable ! Et il s’est amoché la main, en plus ! Ah ça fait joli, un bonhomme pareil juste devant l’entrée : c’est accueillant ! Enfin, son pansement a au moins l’avantage de cacher ses ongles dégoutants. Je veux bien que les guitaristes se laissent pousser les ongles, mais quand ils sont noirs comme du charbon, quelle horreur ! »

 

Chloé n’a jamais aimé les clochards. Elle ne sait pas s’il faut les plaindre ou les blâmer, et en règle générale, elle n’aime pas ne pas savoir. Du coup, elle les traite par le mépris, ça, elle sait faire. Depuis deux ans qu’elle travaille au Prisu, elle ne lui pas accordé un regard, un bonjour ou un sourire.

 

« Il n’a qu’à bosser, ce feignant ! »

 

11h06mn57s

Avec le bout du pansement, Marc arrive à peine à frotter les cordes. Ca fait un tout petit bruit et un petit peu mal, mais ça ira bien. Il repousse l’étui devant lui avec le pied et se racle la gorge.

 

11h09mn48s

Chloé attend. Nathalie devait la prendre à pile mais elle est toujours en retard. Elle regarde de nouveau sa montre.

 

« Bientôt 10 minutes, elle exagère ! »

 

11h09mn57s

Marc joue « only love can break your heart » de Neil Young avec sa voix délicate et sa guitare en sourdine. Jérôme sourit parce qu’il aime cette chanson. Au même moment, ses yeux tombent sur cette fille qui regarde l’heure.

 

11h10mn00s

Chloé lève les yeux et tombe instantanément amoureuse.

 

Jeanne repose le manuscrit, encercle de ses mains sa tasse de thé. Il ne fait pas si chaud en terrasse.

- Dis donc Sylvain, ça ronchonne pas mal dans cette histoire, non ? Marc contre le médecin, Chloé contre Marc, encore Chloé contre Nathalie… Ca fait beaucoup, non ?

- Non, c’est exprès ! Je pense même à un ciel gris et une petite pluie fine. Il faut que les circonstances soient défavorables pour montrer qu’elles n’ont en fait aucune incidence. L’idée, c’est : ce qui devait se passer se passera, même si ça se joue à un cheveu, même si les vents sont à priori contraires. Chloé doit rencontrer Jérôme ce jour là, à ce moment là.

- Je sens que je suis en train de me faire avoir… Quand tu en parles, je suis emballée, mais quand je lis simplement, je trouve ça un peu plat…

- Attends Jeanne, ce n’est qu’un premier jet ! Tant que ce n’est pas filmé, ça ne veut rien dire ! Tu verras, on va trouver plein de trucs pour faire passer l’idée !

- Je pense à quelque chose justement…

- Je t’écoute.

- Tu parlais tout à l’heure de plans courts sur les montres et tout ça. Moi je verrais bien des plans sur les mains des personnages. Enfin le poignet avec la montre, mais aussi la main : comme ça tu gardes ton effet de rythme, mais tu peux montrer plein d’autres choses : des mains qui tremblent d’énervement, des mains qui ont mal, des mains sales, … et à la fin du film, tu zoomes sur une paume - celle de Chloé ou celle de Jérôme, comme tu veux - jusqu’à faire apparaître les lignes de la main, les lignes de la destinée…

- …

- …

Sylvain n’y tient plus : il se lève d’un coup, le sourire jusqu’aux oreilles. Il imagine déjà le générique défilant sur les lignes de cette main. Il regarde Jeanne dont les yeux pétillent également. C’est LA bonne idée. Il en est sûr, maintenant : le film se fera !

 

Ils se sont finalement séparés au croisement de la rue du gaz et de l’avenue des carrés. Sylvain a eu un moment envie de commander du champagne, d’offrir une tournée générale, de danser sur les tables mais l’excitation est retombée. Il a tant de choses à faire maintenant : un synopsis à écrire, des lieux à repérer, des acteurs à choisir, de l’argent à trouver, des gens à convaincre…Il n’a plus une minute à perdre.

Quant à Jeanne, elle aurait peut être aimé reboire quelque chose, ou qu’on la raccompagne. Une invitation au ciné n’aurait pas été non plus pour lui déplaire. Une autre fois peut être …

 

 

SOUS LE REGARD D’HEATHER

 

Au mur, une affiche d’Heather Nova. Sylvain l’a accrochée là il y a bientôt deux ans. Il adore cette chanteuse. Sa sensibilité, sa féminité et cette force de caractère qui transparait dans ses chansons. Il a appris récemment qu’elle avait passé une grande partie de son enfance dans les caraïbes, sur un bateau construit par son père. Ca ne l’a pas étonné : il y a en elle un côté farouchement libre, presque sauvage. Et puis, elle est magnifique. L’affiche est une reproduction de la pochette de l’album « oyster ». Elle est photographiée de face, ses yeux clairs fixant l’objectif. Ses mains sont placées comme si elle tenait une guitare imaginaire, ou comme si elle flottait en apesanteur, ou comme si…Difficile à dire. Cette photo laisse sa place à l’imaginaire : Que fait-elle en réalité, avec ce regard si déterminé ? Sous l’affiche et ses interrogations, Sylvain, Fabrice, et les leurs.

 

- Tu es sûr de toi, là ?

- Complètement. Pas de dialogue, un point c’est tout. Ce sera même la grande force du film. Juste le bruit de la ville, et à la fin, la chanson de Young. Tu sais Fabrice, je ne reviendrais pas là-dessus, j’y j’ai bien réfléchi.

- OK, c’est toi qui vois…Mais je me disais…Tu n’es peut être pas obligé d’enregistrer les dialogues. Je veux dire, les personnages pourraient parler sans qu’on les entende, masqués par une bagnole qui passe, un klaxon, des trucs comme ça…

- C’est marrant ce que tu viens de dire : Jeanne m’a fait exactement la même remarque ! Mais en fait, je trouve que ça n’a pas tellement d’intérêt. Les personnages n’ont pas besoin de parler : ce qui va leur arriver les dépasse de toute façon. Et puis, ne pas entendre les voix mettra une distance entre eux et le spectateur, et ça, ça m’intéresse. Je veux que le spectateur voie cette scène de façon lointaine, presque détachée, comme il pourrait la voir en réalité. Tout ça pour dire : « regardez mieux ce qu’il se passe autour de vous. Rien n’est anodin. Des miracles arrivent tous les jours ! ». En plus, on aura tous ces plans sur les mains : ce sont elles qui vont parler finalement !

- Bon… Je te dis ça parce que pour les acteurs, c’est plus dur sans dialogue. Il faut vraiment trouver une contenance. Moi, je fais Marc, c’est plus facile, j’ai la guitare tout ça… Mais pour Chloé, enfin pour Jeanne, il y a un gros travail d’acteur à faire…

- Elle y arrivera. Je suis sûr qu’elle sera parfaite dans le rôle. Déjà, elle a de très jolies mains, ça, c’est bien. Et puis elle est, comment dire, elle accroche le regard. Voilà. Elle a une façon d’être qui ne laisse pas indifférent.

- …

- Quoi ? Qu’est ce que j’ai dit ?

- Non rien… Rien du tout…

- Bon…

- Dis donc, elle est pas mal ton affiche.

- Oui, je l’aime bien. Tu connais ?

- Non. Mais depuis tout à l’heure, je me demande…

- Quoi ?

- Elle ressemble un peu à Jeanne cette fille, non ?

 

 

ET DIRE QU’IL Y A QUELQUES TEMPS, ELLE PENSAIT…

 

- On la refait !

- Encore ?! Qu’est ce qui ne va pas cette fois ci ???

- Il y a un truc qui cloche. Quand tu vois le clodo, il faut qu’on lise du dégoût sur ton visage, pas de l’étonnement.

- Mais je sais, tu me l’as déjà dit !

- Ne t’énerves pas Jeanne, voyons. Je te l’ai peut être déjà dit, mais j’ai encore rien vu. Donc on recommence !

- C’est n’importe quoi, Sylvain ! C’est au moins la vingtième fois qu’on refait cette scène. Je ne sais plus quoi faire, moi !

- Bon sang, ce n’est pourtant pas bien compliqué ! Tu sors du magasin, tu marches sur le trottoir jusqu’au repère. A ce moment là, regard circulaire pour voir si il n’y pas Nathalie. Tu vois le clodo – dégoût - et on coupe. Allez, en place tout le monde !

- Attends Sylvain, je… On ne pourrait pas faire une pause ? Je suis un peu tendue, il faudrait que…

- Pas de pause ! En place tout le monde !

 

Et Jeanne fond en larme. Elle n’y tient plus. Trois jours de tournage, trois jours d’enfer. Sylvain est tout simplement infect. Rien ne va jamais. Seules les prises des mains ont été jugées satisfaisantes. Tout le reste est paraît-il bon pour la poubelle. Jeanne encaisse, encaisse, encaisse, mais là, non, ce n’est plus possible. Sylvain s’acharne sur elle, met une pression terrible sur ses épaules. Et dire qu’il y a quelque temps, elle pensait…Subitement, la colère l’envahit. « Quel salaud ! On va la refaire sa putain de scène. Le dégoût, ce sera pour lui !!! »

 

Et le tournage continue. La colère est maintenant toujours là, boule pesante dans l’estomac. On refait les scènes, dix fois, vingt fois, trente fois. Qu’importe ! Jeanne donne tout ce qu’elle a avec une énorme intensité. Elle va lui montrer ce dont elle est capable à cet imbécile ! Elle ne mange pratiquement plus, dort très peu et s’est remise à fumer.

 

 

LOUKOUMS

 

- Je suis vraiment à la limite, Fabrice. Prête à exploser. Qu’est ce que je lui ai fait, sans déconner ?

- Pff… Je ne comprends pas trop. Je n’aurais jamais imaginé ça venant de lui.

 

« Big Calm » de Morcheeba tourne tranquillement sur la platine. Trip hop apaisée et voix de velours. Sur la table basse, deux tasses de thé à la menthe et quelques loukoums dans une coupe. Fabrice fait de son mieux mais sans trop d’illusion : à la place de Jeanne, il aurait sans doute tout planté.

 

- Je ne sais pas comment tu as fait pour tenir le coup…

- En fait, il m’humilie tellement que je veux à tout prix lui montrer qu’il se goure. Mais jouer dans ces conditions, et avec ça derrière la tête, c’est tuant. Je suis sous tension permanente, et ça se verra forcément dans le film.

- Tu me diras… C’est peut être ça qu’il veut.

- De quoi ?

- Un personnage sous tension.

- Chloé n’est pas sensée être sous tension.

- Tu crois ça ? Je le vois en colère, moi, ce personnage. Nathalie, l’énerve, Marc l’énerve. Elle est caissière à Prisu ce qui n’est pas forcément réjouissant... Il n’y a pas beaucoup de soleil en elle.

- C’est vrai. Et en plus, ça collerait avec ce que Sylvain m’a dit un jour.

- Qui est ?

- Il voulait des circonstances défavorables. C’est pour ça qu’on tourne seulement quand il fait gris. Peut être que la mauvaise humeur de Chloé fait partie de cette ambiance. Ce serait énorme de sa part, non ? Me détruire complètement pour que je joue plus juste… Ca serait vraiment dégueulasse…

- On verra demain.

- Pourquoi demain ?

- Tu sais, on tourne la scène où Chloé tombe amoureuse. Ca veut dire qu’il te faudra un visage rayonnant. Si la logique est respectée, Sylvain devrait donc tenter d’arrondir les angles avec toi.

- Ce serait vraiment énorme…

 

 

MAINS MOITES DANS LA PéNOMBRE

 

On a entendu le clic clac d’une bobine qu’on installe, puis la lumière des appliques a baissé imperceptiblement. « Cette fois, c’est parti ». Au fond de son siège capitonné, Sylvain transpire un peu plus qu’il ne faudrait. Rien ici ne pourrait le détendre. La salle est désespérément vide, quatre personnes pour cent vingt sièges. Le silence est compact. Et puis sa cravate est trop serrée et il ne parvient plus à se souvenir du nom du responsable de la communication. Dans un flash, le souvenir de son oral d’anglais du bac. Plus précisément, les 20 minutes d’attente dans le couloir avant l’épreuve. Envie de crier, ou de courir. Envie que tout soit terminé. Sylvain profite de l’obscurité pour tordre et détordre ses mains moites, jusqu’à la douleur. « Pourvu que personne ne voit le raccord de la cinquième minute ». A sa droite, Grégoire Fémory. C’est lui qui décidera. C’est lui qu’il faut convaincre. Son assistant compte pour du beurre et le responsable communication ne devrait pas peser beaucoup dans la décision. La cinquième minute est passée, pas de réaction particulière. « En même temps, ça veut rien dire… ». Sylvain agrippe les accoudoirs, ses mains sont des pinces métalliques. « Et maintenant, Fabrice et la guitare ». Le visage de Jeanne, soudain radieuse, illumine l’écran. Sylvain voudrait qu’elle soit là, à côté de lui. « Tout pourrait être tellement différent ». Il serre encore plus fort les accoudoirs, s’en rend compte et les lâche brutalement. La lumière va bientôt se rallumer. Il pense « the show must go on », mais ça ne le fait même pas sourire, et la lumière, comme prévu, se rallume.

 

- C’est original. On vous recontactera.

 

 

ENTRE 11H00 ET 11H10

 

Il est dimanche, la ville est comme endormie. Sous le porche de la rue Carnot, quelqu’un allume une cigarette, en savoure la première bouffée et se remet en marche, tranquillement. L’air est sec, le ciel très bleu. Le vent promène dans les rues le son des cloches de l’église. Au troisième étage du 20 Rue Ronsard, une femme pense « Plus qu’une heure avant midi, il est temps de préparer le repas ». Moins de dix mètres plus bas, un groupe d’adolescents s’attarde devant les affiches de cinéma. Le fumeur de la rue Carnot les croise et envie leur jeunesse. Il les dépasse finalement et s’installe à la terrasse du « Globe ». A sa gauche, un couple. La jeune femme, très belle, lit un magazine.

 

« Entre 11:00 et 11:10 de Sylvain Tancier remporte le premier prix du festival du court métrage de Clermont Ferrand.

Révélation du film, Jeanne Frimat, éclabousse l’écran de son jeu nerveux et nuancé. En quelques minutes, elle réussit à parcourir la palette des émotions, avec une intensité et un naturel renversants.

Jeanne Frimat, retenez bien ce nom : c’est l’actrice montante du cinéma français. »

 

- Tu m’en veux encore ?

- Difficile à dire... Je crois bien que oui… Dis donc, je peux le garder ?

- Le magazine ? Oui, si tu veux.

- …

- ...

- Disons que je suis peut être sur le chemin du pardon.

- Bon, c’est déjà ça… Tu rebois quelque chose ?

- Volontiers. Un thé à la menthe, tiens.

 

Sylvain commande. Jeanne laisse planer ses yeux sur la terrasse. Elle se souvient : c’est ici qu’est né le film, qu’a véritablement commencé l’aventure. « L’aventure » ou « la galère » ? Elle sourit. Sur les marches du cinéma, un accordéoniste pose un chapeau à ses pieds et joue les premières notes de « mon amant de St Jean ».

 

A la troisième mesure, la main de Sylvain recouvre celle de Jeanne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mathi=U

04-07-2017

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Entre 11h00 et 11h10 n'appartient à aucun recueil

 

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