Merveilleux et fantastique
Elyria et la Rose d'Argent
Résumé de l'histoire :
Il existe une rose unique, une rose aux pétales d'argent
et à la tige d'or,d'une valeur magique inestimable.
Mais quand Salem le Sorcier décide de s'approprier le précieux trésor,
Elyria se doit de l'en empêcher.
En effet, si le mage noir met la main sur la Rose d'Argent,
ses pouvoirs seront décuplés et le chaos s'abattra sur le continent...
Chapitre 1 : Elyria de Wongor
En cet après-midi pluvieux, Elyria s'ennuyait. Elle avait terminé ses devoirs et errait dans les couloirs du château de ses parents. Il n'est pas toujours facile d'être la princesse héritière, surtout lorsque vous rêvez d'aventures !
A dix-sept ans, Elyria avait un caractère bien forgé : elle savait ce qu'elle voulait, et elle était prête à tout pour l'obtenir. Combative, elle possédait des dons surprenants et très puissants ; c'était également une guerrière redoutable. Mince et assez grande pour son âge, qui pourrait imaginer qu'une adolescente puisse manier l'épée, la lance et l'arc avec autant d'aisance et d'élégance ?
Quant à ses dons, elle les tenaient de sa mère magicienne. Cependant, certains de ses pouvoirs étaient uniques, et donc très convoités. La magie avait toujours fait partie d'elle, la protégeant des dangers. Heureusement d'ailleurs, car depuis son enfance, elle adorait ça, le danger.
Aussi avait-elle voulu apprendre à dompter des dragons. Ses parents avaient d'abord refusé, bien sûr, mais à force de temps et de patience, elle avait fini par les convaincre.
Son père avait fait venir pour elle Damon, le plus grand dompteur de dragons du royaume de Khongor, pour lui enseigner cet art aussi fascinant que périlleux. Damon était très fier des progrès que faisait sa jeune élève. Pour la récompenser, il lui avait offert un œuf de dragon pour son quinzième anniversaire. Dès que celui-ci avait éclos, Elyria s'en était occupée comme Damon le lui avait appris. Elle avait vu son dragon grandir et le dressait avec beaucoup de patience.
Tous ces souvenirs menèrent Elyria jusqu'à l'écurie pour dragons que son père avait fait construire. Il y avait vingt stalles très spacieuses, mais seulement onze étaient occupées. Elle s'arrêta devant le box d'un jeune dragon, adulte depuis peu.
C'était une bête magnifique. Ses écailles étaient d'un blanc très pur et ses yeux d'or captivant ; ses pupilles verticales lui donnaient un air farouche et déterminé. On aurait dit une créature venue tout droit des cieux. Les dragons blancs étant extrêmement rares, on les disaient « bénis des dieux ».
C'était sa couleur immaculée qui avait frappée Elyria. Elle avait été folle de joie d'avoir un dragon bien à elle, mais elle ne s'était pas attendue à recevoir un tel présent ! Même son maître avait été surpris. Tout le continent était au courant du cadeau qui avait été fait à la princesse de Wongor.
Bien sûr, un tel animal valait une fortune. Certaines personnes étaient prêtes à tout pour posséder ce joyau, et nombreuses étaient les tentatives visant à s'emparer du dragon. La garde avait donc été renforcée et des sortilèges protégeaient l'écurie.
Elyria faisait sortir son dragon aux aurores et s'envolait avec lui dans le ciel rouge et or de l'aube naissante. Elle l'avait baptisé Diamant. Bien que ce nom manquait d'originalité, il était digne d'un dragon des dieux.
La jeune fille adorait son dragon. C'était sa passion, au même titre que la magie et les légendes d'antan. Il lui arrivait de s'endormir près de lui, et chaque fois, le contraste entre sa longue chevelure d'ébène et les écailles blanches de son dragon la stupéfiait.
Mais depuis peu, elle apprenait à maîtriser un nouveau pouvoir : la télépathie. Elle l'avait découvert le jour où elle avait monté Diamant pour la première fois. Elle avait été si émerveillée par le paysage qu'elle avait faillit tomber de sa monture lorsque celle-ci lui avait parlé...
Pendant quelques temps, elle avait eu des maux de tête si douloureux qu'elle en avait eu le vertige. Il était donc urgent que sa mère lui apprenne comment se « déconnecter ».
Elyria avait mis plusieurs jours pour y arriver. Quand elle avait enfin réussi, elle avait été soulagée. Son pouvoir s'avérait très utile une fois sous contrôle. Elle avait ainsi arrêté les voleurs d'objets magiques qui sévissaient depuis plus d'un an sur le continent.
Le Conseil des Rois l'avait félicitée et avait restitué les biens dérobés à leurs propriétaires. La magie d'Elyria décuplait de jour en jour. Elle devenait tellement puissante que le Conseil craignait qu'un magicien mal intentionné ne lui vole ses pouvoirs. Alors, par sécurité, la princesse ne pouvait quitter la château sans escorte, y compris lors de ses balades à dos de dragon.
Inutile de préciser que cela la mettait en rogne !
Plongée dans ses souvenirs, Elyria sursauta quand une main se posa sur son épaule. Elle se retourna et découvrit Damon. Grand et robuste, le dompteur de dragons avait des cheveux bruns grisonnant aux tempes et des yeux marrons. Des cicatrices couraient sur sa peau brune, trahissant son métier. Il portait toujours un fouet enroulé du côté gauche de sa taille, signe qu'il était droitier. Damon s'adressa à elle d'une voix calme :
« Bonjour Elyria. Tu étais encore perdue dans tes pensées, n'est-ce pas ?
- Bonjour à vous, maître ! répondit-elle. Oui, mon esprit était ailleurs. Comment allez-vous ?
- Oh, je me porte bien, comme toujours ! En fait, je te cherchais. J'étais presque sûr de te trouver ici. Apparemment, j'ai vu juste ! s'exclama-t-il en souriant.
- Vous me cherchiez ? demanda l'adolescente, très sérieuse tout à coup.
- Oui, je voulais te parler. Je préfère t'annoncer ça moi-même. Tes parents sont déjà au courant.
- Il y a un problème ? Ce n'est rien de grave, j'espère ? interrogea-t-elle, visiblement très inquiète.
- Oh non, détends-toi ! Je voulais juste te dire que je m'en allais, dévoila le dompteur de dragon. Je rentre chez moi, à Khongor.
- Maître Damon, vous ne pouvez pas partir ! Il faut que je termine mon apprentissage ! Je veux dompter des dragons, moi aussi !
- Je t'ai enseigné tout ce que je savais. Tu as été de loin ma meilleure élève, Elyria. Je suis très fier de toi. Tu as mis trois ans à apprendre ce qui m'a demandé des décennies. Tu es exceptionnelle, tant par ta magie que par ta personnalité.
- Même avec un caractère bien trempé ? demanda la jeune dompteuse en riant.
- Oui, même avec ça ! répondit le maître en joignant son rire à celui de l'adolescente. Mais je suis certain qu'un jour, un homme arrivera à te dompter, ajouta-t-il en esquissant un sourire.
- Ce jour n'est pas près d'arriver ! rétorqua l'indomptable princesse. Et puis, de toute façon, l'amour éternel n'est qu'un mythe que peu de gens ont la chance de vivre.
- Tu n'as pas tort, concéda Damon. Il n'empêche que c'est toi qu'il faudrait dresser ! Tu serais peut-être plus calme...
- Mais alors, je ne serai plus Elyria de Wongor ! J'ai une réputation à conserver, tout de même ! Et je jure que celui qui me passera la bague au doigt n'est pas encore né !
- Nous verrons bien. Au fait, n'aurais-tu pas parlé de mythe ?
- Si, celui de l'amour éternel. Pourquoi ?
- Demain soir, il y a la fête en l'honneur de la déesse Aliya. A cette occasion, un de mes vieux amis, Bolzano le conteur, parlera des légendes d'antan. Cela t'intéresse-t-il ?
- Bien sûr que ça m'intéresse ! Mais... je croyais que vous deviez partir ?
- Après la fête, oui. Je partirai avec Bolzano. Tes parents vont nous faire escorter jusqu'à Khongor, alors nous serons à l'abri des éventuels brigands. Tu es rassurée ?
- Oui. Mes parents savent ce qu'ils font, on n'est jamais trop prudent.
- Veux-tu que j'envoie quelqu'un te chercher quand la fête commencera, ou viendras-tu avec tes parents ? s'enquit maître Damon.
- Je viendrai avec eux. Je ne raterai cette fête pour rien au monde ! déclara-t-elle.
- Alors à demain soir, Elyria. A présent, je dois finir d'emballer mes affaires.
- Je ne vous retiens pas plus, dans ce cas. A demain à la soirée.
- Bonne fin de journée, jeune dompteuse !
- Merci pour le compliment ! Et bonne fin de journée à vous aussi, maître Damon !
Elyria le regarda s'éloigner avec tristesse. Son maître n'était pas encore parti qu'il lui manquait déjà. Il lui avait légué tout son savoir. Maintenant, elle était dompteuse de dragons, comme maître Damon. Elle avait réalisé un de ses rêves, et elle n'était qu'au début de sa vie. Et cela, elle le devait à cet homme dompteur de dragons.
Celui-ci avait consacré trois années entières à la princesse de Wongor pour lui enseigner l'art du dressage d'une créature majestueuse. Cela, la jeune fille n'était pas prête de l'oublier. Un jour, elle trouverait le moyen de le remercier comme il le méritait, mais pour l'heure, elle devait brosser les écailles de Diamant. Quand ce fut terminé, elle vérifia l'état de ses griffes, puis s'allongea près de son animal et lui raconta quelques histoires.
Elyria resta à l'écurie jusqu'au repas du soir, puis se sentant un peu fatiguée, elle se retira dans sa chambre. Elle avait hâte d'être au lendemain, car elle était persuadée que le destin allait venir vers elle et changer sa vie.
Et sur ce point-là, elle n'allait pas être déçue.